Les Brèves

    Mame, le casse-tête du stationnement

    Infrastructures

    Pas simple de créer un incubateur numérique dans un édifice classé monument historique. Si cela fait sa particularité et un lieu unique en France dans le réseau French Tech, cela ne va pas sans créer quelques contraintes au quotidien. Mais tout vient à point… philippe hadef


    Personne ne peut mettre en doute la force du symbole que fut l’installation du site totem de la French Tech de Tours sur le site industriel de Mame. Un vrai trait d’union entre l’industrie d’hier et celle de demain.

    Mais, pour transformer le lieu, avec les contraintes que cela suppose de réaliser des travaux aussi importants dans un site classé monument historique… Tous ne sont pas à la fête. Thibault Coulon, l’adjoint en charge de ce projet et qui l’a porté dès la première heure en convient, « quand il s’agit de réaliser les travaux sur les façades latérales et arrières, les permis de construire sont complexes. Ce n’est pas rien en termes de contraintes ».

    Mais ce n’est pas tant là que le bât blesse. D’ailleurs, si, dès le démarrage chacun avait conscience de cette difficulté mais aussi de l’urgence d’accueillir les start-up et, surtout, de les fédérer pour créer un éco-système dynamique, on savait également que le site était relativement enclavé. Et à ce jour, les solutions tardent à émerger.

    L’électrique pour mieux circuler

    Le problème des résidents n’est pas le plus épineux. Même si ce ne sont pas les plus en difficulté, les actions immédiates leur sont dédiées. « Il est clair que le lieu est assez enclavé et mal desservi » commente Thibault Coulon mais, « des solutions à court terme sont programmées pour les étudiants et entrepreneurs qui occupent ce bâtiment. Des travaux sont en cours pour doubler la capacité du parking souterrain. Et des études ont été réalisées pour la mise en œuvre d’une navette électrique au cœur du réseau de transports urbains qui desservira la gare, le CCCOD et Mame ». Enfin, très prochainement, des véhicules électriques seront proposés en autopartage dans le cadre d’une convention qui doit être signée entre la métropole de Tours et EDF.

    Des visiteurs sans place

    La problématique est plus prégnante pour les visiteurs. En effet, on imagine que les entreprises installées au sein de Mame ne rechignent pas à inviter leurs futurs clients au sein de cette bâtisse. Car, si le chantier est permanent, la French Tech de Tours et son totem restent un symbole que chacun veut pouvoir s’approprier et faire visiter. Et là, il n’y a guère que le parking du carrefour limitrophe pour supporter cet ajout de véhicules. Car le parvis, pourtant de belle taille, est interdit d’accès. « Nous voulons préserver la perspective qui fait le cachet de ce bâtiment » explique Thibault Coulon. Une démarche qui a ses limites et l’élu le sait. D’autant que Mame se prépare à accueillir prochainement de nouvelles entreprises (sur une surface totale de 1 000 m2), une salle de conférence de 300 places et un restaurant ouvert, notamment en soirée. S’il est difficile de stationner, il y a fort à parier que les tables resteront vides.

    « Il va y avoir de plus en plus d’évènementiel au sein de Mame et le parvis sera, dans ce cadre, accessible. Ensuite, ajoute Thibault Coulon, nous réfléchissons sur la possibilité de délimiter un périmètre du parvis pour à la fois offrir du stationnement tout en préservant l’environnement du bâtiment ».

    L’option du deuxième Tram

    L’enclavement pourrait prendre fin d’ici 2022 ou 2024. Et c’est la seconde ligne de Tram qui pourrait permettre à Mame de se retrouver dans un flux plus pérenne pour l’ensemble de ses utilisateurs. Mais pour l’heure rien n’est encore figé. On imagine que la proximité future avec cette ligne qui doit relier les deux hôpitaux Bretonneau et Trousseau avant de prendre le chemin de La Riche, ouvrira des perspectives. Thibault Coulon espère en effet que l’un des arrêts futurs sera « le plus proche possible ». Autant dire que c’est un sujet que l’élu suivra de près en espérant pouvoir peser dans les décisions pour permettre à Mame de véritablement s’inscrire dans un schéma d’accessibilité réel pour tous et sans contraintes. 

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    • Des dégradations à Mame

      Des dégradations nombreuses ont été relevées sur le site de Mame. Les vitres du rez-de-chaussée en ont souffert concrètement. Une situation qui n’est pas en mesure d’installer un bon climat dans cet environnement d’éclosion de pépites numériques et économiques. « Nous souhaitons installer une vidéo-protection intérieure et extérieure afin de sécuriser au mieux le site », confirme Thibault Coulon.