Les Brèves

    L’amour durable sur Internet, c’est possible ?

    Société

    Tout vient à point à qui sait attendre... Mais pour les célibataires impatients et en mal d’amour, las que Cupidon les ait laissé sur le carreau, il y a les sites et autres applications de rencontre. Il en existerait aujourd’hui plus de 2 000 en France, et plus d’un Français sur cinq (22 %) aurait déjà surfé sur l’un d’eux. Mais permettent-ils de former des couples durables ? Réponses.

    Marie Deroubaix

    Parmi les Français qui ont déjà le plus fortement utilisé des sites et applications de rencontres, on trouve les moins de 35 ans (37 %) alors que le taux d’usagers tombe à 13 % chez les 50 ans et plus, selon un selon un sondage réalisé en 2016 par l’institut BVA. Il y aurait ainsi un delta entre ces deux générations : « Les jeunes ont une vision totalement différente du couple que celle des années 80. Leur façon d’envisager une relation, de gérer une rupture... ne sont pas les mêmes », confirme Ghyslaine Le Gouguec, conseillère conjugale et familiale à Joué-lès-Tours. Mais pour elle, « ce qui ne change pas, c’est la quête de l’amour idéal ». Pour les plus connectés, Internet serait un outil comme un autre d’accéder au grand amour. Celui avec grand A comme... Algorithmes. Car oui, ce sont les robots qui permettent de faire « matcher » deux profils ensemble, après avoir comparé leurs renseignements et calculé leur pourcentage d’affinité. De quoi laisser rêveur pour certains, dubitatif pour d’autres... Si 88 % des Français s’accordent à dire que les sites et applications de rencontres permettent de nouer des relations d’un soir, ils ne sont plus que 39 % à considérer qu’ils peuvent permettre de nouer des relations sérieuses, toujours selon l’institut BVA. Alors l’amour sur Internet ne serait-il qu’un one shot ? Difficile à dire... « Les études américaines affirment tout et son contraire. Certaines démontrent que les sites de rencontres favorisent la durée, quand d’autres prônent totalement l’inverse », résume Ghyslaine Le Gouguec. Le danger sur Internet, serait, selon la conseillère conjugale, « le foisonnement de possibilités, d’images, d’informations multiples – fausses ou non – qui peuvent soit fragiliser le désir, soit inventer un désir qui n’est pas le sien ». Avant de devenir addict à la rencontre sur Internet, au jeu de séduction qui y est lié et à l’émoi des premiers échanges, il faudrait ainsi « se recentrer sur son idéal, à savoir : quel est mon projet de vie ? Et qu’est-ce que j’entends par couple ? » Halte à cette recherche perpétuelle pour trouver ce qu’il y a de meilleur : « dans la réalité, il n’y a pas que de l’idéal. Il y a quelqu’un en face qui est faillible, avec un corps qui n’est pas forcément celui qu’on va s’imaginer », recadre la spécialiste. En parallèle, lorsque l’on est derrière son écran, il est facile de se créer un personnage, une version idéalisée de soi-même... Morale de l’histoire ? Rencontré sur Internet ou non, l’important est d’être avec quelqu’un qui donne envie d’être soi-même. Plus besoin de se cacher de son ou sa compagne pour assouvir sa passion inavouable pour un chanteur has been ! 

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    • L’info en plus

      Sur le lieu de travail, ou via des amis. C’est de ces deux manières que les couples durables, encore aujourd’hui, se rencontreraient. Trouver son âme sœur en ligne viendrait en troisième position.