Les Brèves

    Dans l’œil de notre stagiaire de troisième

    Interview

    Charlotte, 14 ans, est venue passer une semaine d’observation à la rédac de La Tribune Hebdo. Nous en avons profité pour prendre son avis sur l’actualité, la réforme du Bac et du lycée, ou encore la façon dont elle voit le monde dans 50 ans...

    propos recueillis par marie olympe deroubaix

    La Tribune Hebdo : Quelle actualité locale t’a le plus marqué cette semaine ?

    Charlotte : J’ai lu que six personnes ont été tuées sur les routes d’Indre-et-Loire depuis le 1er janvier. Six en un seul mois, rien que sur le département, ça m’a choquée.

    LTH : Et au niveau national ?

    C. : L’affaire Alexia (NDLR Alexia Daval), ça m’a marquée. Juste pour une dispute... Quand il y a une corde avec des nœuds, autant essayer de défaire les nœuds plutôt que de couper la corde. Je deviens philosophe (rires).

    LTH : Que penses-tu du projet de réforme du Bac, qui ambitionne de réduire le nombre d’épreuves, et de supprimer les filières L, ES et S ?

    C. : Je ne trouve pas la réforme du Bac nécessaire. Devoir se spécialiser en filières permet, à la fin de la Seconde, de faire un premier pas pour l’orientation, et de prendre le temps pour savoir ce que l’on veut faire. Pour les matières, tout dépend de ce qu’ils veulent supprimer. Par exemple, je trouve que la techno n’est pas importante par rapport à l’anglais !

    LTH : Es-tu déjà impactée par ces discussions ?

    C. : J’ai dû rendre au lycée un papier avec mes choix d’ « enseignements d’exploration ». Mais lors des portes ouvertes au lycée on nous a dit qu’ils n’étaient pas plus au courant que nous sur la façon dont allaient se dérouler les choses pour notre rentrée en Seconde. Ce n’est qu’au 14 février qu’on en saura un peu plus. Si ça se trouve ils vont nous renvoyer un dossier où il faudra choisir d’autres options. Mais si j’ai dû déjà rendre ce papier, c’est parce que je me suis inscrite à un lycée privé, dans le public ils n’ont pas encore commencé les inscriptions.

    LTH : 85 % des métiers

    de 2030 n’existeraient pas encore, selon une récente étude. Qu’en penses-tu ?

    C. : 85 % c’est beaucoup ! Les métiers d’avenir sont tournés vers les nouvelles technologies, la robotique, les téléphones, enfin tout ce qui est numérique. 85 % des métiers c’est énorme, cela voudrait dire qu’il y a seulement 15 % des métiers d’aujourd’hui qui vont rester alors que depuis que je suis née, il y a 14 ans, ça n’a pas beaucoup changé.

    LTH : Cela te fait peur ?

    C. : Si les métiers de demain sont des métiers où on est tous tout le temps sur notre ordinateur, ça veut dire que les métiers artisanaux seront réalisés uniquement par des machines, et il n’y a aura pas de contact humain. La technologie pourrait tuer le relationnel.

    LTH : Avec les évolutions technologiques, comment vois-tu le monde dans 50 ans ?

    C. : Cela ne va pas cesser de s’arrêter. L’évolution du téléphone portable est quelque chose de super utile. Mais on va facilement se laisser dominer par la technologie... Le fait d’être tout le temps sur le téléphone, ne plus avoir de vie sociale... Ce serait dommage, il faudrait avoir un juste milieu. Les téléphones nous dominent un peu. Ça nous coupe de nos amis. Je remercie mes parents de m’en avoir offert un, mais je les remercie aussi de m’en n’avoir pas offert avant la troisième, même si je les harcelais depuis la cinquième. À mon anniversaire l’année dernière, j’ai demandé à mes amis de ranger leurs téléphones dans un tiroir pour qu’on profite du moment tous ensemble.

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