Les Brèves

  • Les indicateurs de Pôle Emploi

    À la fin du mois de décembre 2017, Pôle Emploi

    Centre-Val de Loire retient quelques chiffres qui marquent son activité et la satisfaction de ses interlocuteurs.

    153 773 : le nombre de retours à l’emploi

    70 % : le taux de satisfaction des demandeurs d’emploi

    72 % : le taux de satisfaction des entreprises

Réalité virtuelle pour emplois bien réels

Innovations à Pôle Emploi

Pôle Emploi Centre-Val de Loire teste actuellement une nouvelle façon de rapprocher demandeurs d’emploi et entrepreneurs en prônant l’immersion par le biais de la réalité virtuelle, qui permet une mise en situation et l’identification des compétences. Et ce n’est pas le seul nouvel outil technologique qui vient renforcer l’accompagnement des demandeurs. 

philippe hadef

Pôle Emploi Centre-Val de Loire est-il devenu un laboratoire ? On peut en effet le croire depuis plusieurs semaines, avec la mise en disposition de la réalité virtuelle pour plonger les demandeurs d’emploi en immersion et évaluer leur capacité à assumer les compétences nécessaires à certains postes. Une forme de « tri », qui doit aussi permettre d’augmenter encore le pourcentage de satisfaction des entreprises. « Aujourd’hui, 72 % sont satisfaites de l’action de Pôle Emploi », souligne ainsi Virginie Coppens-Menager, directrice régionale de Pôle emploi Centre-Val de Loire.

Pour l’heure, seul un programme est à l’essai. Il s’agit d’un logiciel réalisé par une start-up de Compiègne à destination des métiers de la grande distribution. Et si Orléans est actuellement seule à être équipée, c’est parce qu’il y a une demande forte avec l’émergence du centre commercial Cap Saran notamment, ainsi que d’autres enseignes majeures. Et Virginie Coppens-Menager d’expliquer : « on était effectivement volontaire, parce qu’il y avait une cohérence avec les métiers sous tension ». Et de poursuivre : « ce test est à double niveau. Nous voulons d’abord pouvoir vérifier l’intérêt de la méthode, ce qui ne peut s’envisager qu’avec les utilisateurs eux-mêmes et les recruteurs. »

Pour ces métiers particuliers, les entreprises ont, elles, déjà testé et validé l’intérêt. Mais cette méthode étonnante et technologique est-elle adaptée à la diversité des métiers ? La directrice répond à cette nécessité future de multiplier les logiciels, et donc les environnements de travail : « cette démarche pourrait d’ores et déjà s’imposer, si tant est que le test soit positif, sur tous les métiers sous tension comme les conducteurs de ligne ou encore l’aide à domicile… » Autant de postes à pourvoir qui manquent de candidats.

« cette méthode pourrait s’imposer sur tous les métiers en tension »

Un outil pour qualifier les candidats

C’est Aurélie Divaré, chef de projet à la direction Expérience utilisateur et digital de Pôle Emploi à la direction générale de Pôle Emploi, qui est venue au contact des responsables RH des entreprises régionales vanter cette nouvelle méthode. « On leur explique d’abord notre capacité à mieux préparer les candidats, qui bénéficient ainsi d’une représentation du métier correspondant davantage à la réalité. C’est aussi la possibilité de promouvoir des secteurs d’activité, des métiers peu ou mal connus ou avec une image négative. Et cela peut permettre de qualifier un vivier de candidatures et peut-être de diminuer le temps de recrutement ». C’est ainsi que la réalité virtuelle est sortie du giron du jeu pour devenir un outil d’apprentissage et de découverte, afin de permettre aux demandeurs d’emploi de conforter leur choix et, pour les recruteurs, de voir arriver des candidats mieux adaptés et mieux préparés, permettant notamment de réduire les ruptures de contrat lors de la période d’essai.

« Il faut que les services que nous proposons répondent aux besoins de l’entreprise, rappelle de son côté Virginie Coppens-Menager. Et, pour le demandeur d’emploi, que cela confirme l’intérêt du métier », Quant au déploiement de ce dispositif, il pourrait se faire très rapidement dans l’ensemble de la région et dans la France entière. Reste à savoir quel sera son temps de développement pour d’autres métiers. « Pour ce projet dans la grande distribution, il s’est écoulé six mois entre la mise en place du cahier des charges et l’installation en agence », confirme Aurélie Divaré. Un temps qui pourrait se retreindre, car le développement réalisé par la jeune start-up de Compiègne n’excède pas deux mois.

Des compétences plus qu’un intitulé de poste

Outre ce logiciel, Pôle Emploi veut également faire entendre quelques réalités aux entreprises qui recrutent. « Depuis le mois de décembre, nous demandons aux employeurs de décrire les compétences attendues, et pas seulement l’intitulé du poste. Car parfois, selon les entreprises, le même poste peut correspondre à des compétences différentes. » Si cette approche n’est pas virtuelle, elle fait également partie des évolutions qui doivent permettre une solution plurielle à l’emploi et une meilleure coopération avec les employeurs.

La réalité virtuelle a en outre trouvé d’autres utilisations par Pôle Emploi. Et ce, notamment, dans la préparation aux entretiens auprès des recruteurs, un moment toujours vécu avec une réelle tension. Avec la mise en place d’un « Emploi Store », Pôle Emploi se prépare aussi à une autre évolution, celle de l’autonomie de recherche d’un certain nombre de demandeurs. « Pour nous, c’est aussi l’occasion de nous focaliser sur les personnes qui ont le plus besoin d’accompagnement », confirme Virginie Coppens-Menager. Ainsi, sur cette nouvelle plateforme, véritable bibliothèque de l’emploi, ce sont environ 300 services et 200 partenaires qui sont proposés et prennent en compte les nouvelles formes de candidatures. Car pour réaliser son CV, on peut également apprendre comment, de façon digitale, préparer sa candidature.

« l’emploi store, une autre révolution ? »

Un recruteur virtuel

Mais le must reste la capacité d’avoir accès à un recruteur virtuel. Un véritable coaching qui prend en considération le profil du candidat (niveau d’études, expérience sur le poste, situation professionnelle) et permet de se tester aux entretiens pour différents métiers. Cet outil permet de s’entraîner, de son domicile, autant de fois qu’on le désire, et ainsi préparer à l’avance chacun de ses entretiens de recrutement.

L’Emploi Store s’apparente d’ailleurs, outre cette spécificité qui est une vraie valeur ajoutée, à une boîte à outils, avec un volet très large qui va de la formation aux emplois disponibles.

Les Brèves

  • Quel sera le Pôle Emploi de demain ?

    Perspectives

    Depuis le 15 janvier et jusqu’au 23 février prochain, les 1 800 employés de Pôle Emploi sont appelés, sous la forme du volontariat, à travailler et réfléchir ensemble sur leur avenir. « C’est d’abord le temps de faire le bilan de la transformation et de réfléchir sur l’institution », explique Virginie Coppens-Menager, directrice régionale de Pôle Emploi Centre-Val de Loire. Mais, ajoute-t-elle, « c’est aussi le moment pour chaque collaborateur d’identifier les sources de ses motivations, ce que peut devenir chacun des services. »

    Et ce n’est évidemment pas un hasard si cette réflexion s’entame durant cette période, car il sera bientôt question, pour Pôle Emploi, de négocier la prochaine convention avec ses partenaires – État et UNEDIC – ainsi que les objectifs qui lui seront assignés. « Qu’attendent les entreprises de Pôle Emploi ?, demande Virginie Coppens-Menager. Que l’on ne soit pas hors sol ». Des entreprises qui sont également intégrées à cette réflexion, « car il est important de voir quelles seraient pour elles les solutions qui permettraient, dans cet environnement toujours en mouvement, de les aider au recrutement, mais aussi d’accompagner le demandeur d’emploi jusqu’à faire de l’intermédiation en renforçant le conseil, la formation, le soutien vers l’emploi et même un suivi lors de la phase d’essai. »