Les Brèves

  • L’artisanat c’est...

    • 1,3 million d’entreprises en France

    • 100 000 apprentis formés dans les centres de formation des chambres de métiers et de l’artisanat

    • 143 000 apprentis formés par les entreprises artisanales en 2015-2016, soit 35% du nombre total d’apprentis formés en France

    • En Indre-et-Loire, 5 944 apprentis,

    17 CFA, du niveau CAP au Master

Bientôt la réforme, sur fond de tensions

Apprentissage

La réforme de l’apprentissage fait partie des grands chantiers sociaux du quinquennat Macron. L’objectif ? Valoriser cette filière, et la renforcer, pour qu’elle devienne une voie d’excellence, et permette in fine de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes et lutter contre le chômage. Alors que les concertations ont débuté depuis le 10 novembre, et que les pistes retenues pour la réforme devraient être présentées par le gouvernement mi-février, des tensions sont apparues ces dernières semaines entre le Medef et les régions. 

marie olympe deroubaix

En Suisse ou en Allemagne, l’apprentissage est particulièrement bien développé et bénéficie d’une image positive. Cette voie contribue, pour ces pays, à avoir un taux de chômage des jeunes bien moins élevé qu’en France, où il s’élève à 24 %. De quoi se poser des questions, surtout quand on sait qu’en France, 65 % des jeunes ayant suivi des études en apprentissage de niveau CAP à BTS ont un emploi sept mois après la fin de leur formation, et que parmi eux, plus de la moitié a un contrat à durée indéterminée (selon une étude du ministère de l’Éducation nationale, en février 2016). Bernard Stalter, président de l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA) de France, qui était à Joué-lès-Tours le 24 janvier, a ainsi insisté sur le fait que « l’apprentissage n’est pas une voie de garage. C’est l’une des voies royales de l’enseignement, même si elle n’a jamais été considérée comme telle dans notre pays. » Bien que les concertations autour de la réforme de l’apprentissage soient sujettes à des tensions, notamment parce que le Medef veut confier la gestion de l'apprentissage aux branches professionnelles, mais que les régions veulent en garder la gouvernance, il s’est dit ravi que cette petite guerre ait pu mettre en lumière ce modèle : « On ne s’est jamais autant battu pour l’apprentissage ! » Il insistait toutefois sur le fait que confier aux branches professionnelles sa gouvernance et ses financements, comme le souhaite le Medef, était une mauvaise idée : « On ne peut pas privatiser un système qui doit rester une politique publique ». Pour la région Centre-Val de Loire, la peur est aussi présente. Elle veut pouvoir garder son mot à dire lorsqu’il est question d’ouvrir ou de fermer des centres de formation d’apprentis (CFA). Dans une pétition, lancée par le président de la Région François Bonneau, et la vice-présidente Cathy Munsch-Masset, on peut lire : « L’apprentissage deviendrait demain, la première victime de cette réforme ! Des secteurs entiers tels que les métiers de bouche, ceux du bâtiment, les métiers rares (horlogerie, maroquinerie, joaillerie…) ou encore ceux de l’agriculture n’auraient plus les moyens de former des jeunes. Nous refusons que demain la seule loi qui régisse l’apprentissage soit celle du marché. » Pour la région, les formations de proximité seraient aussi menacées : « Cette réforme viderait, demain, des territoires entiers de toute offre de formation dans la proximité. Ainsi les CFA interprofessionnels partout dans les 6 départements de la région, les CFA agricoles ou bien encore un grand nombre de Maisons Familiales Rurales seraient amenés à fermer privant nos jeunes de pouvoir se former dans la proximité. »

Un « Livre blanc » signé par les chambres de métiers et de l’artisanat

Lors de sa venue à Joué-lès-Tours, Bernard Stalter, et Gérard Bobier, président de la CMA 37, avaient présenté le « Livre blanc de l’apprentissage », fruit du travail du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat, qui a été présenté à la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Dedans, sept propositions pour bien réformer. Parmi elles, la volonté de simplifier le cadre juridique de l’apprentissage, d’adapter les parcours d’apprentissage et l’offre de formations aux nouveaux publics, aux nouvelles pédagogies et surtout aux enjeux de la digitalisation, ou encore de valoriser la fonction du maître d’apprentissage en lui attribuant, par exemple, des points de retraite complémentaire. Pour Bernard Stalter, ces questionnements sont essentiels, et la réforme urgente : « il y a aujourd’hui 700 000 emplois non pourvus en apprentissage, cela va ralentir la relance ! » Il faudra encore attendre quelques jours la copie de Muriel Pénicaud pour connaître les avancées souhaitées par le gouvernement.

Les Brèves