Les Brèves

    « Je serai le dernier à sauter du navire »

    Jean-Marc Ettori, Président du Tours FC

    Malgré la victoire au Havre du TFC le week-end dernier, la situation du club tourangeau en Ligue 2 est toujours plus que précaire. Lors du derby face à Orléans nous avons rencontré le président pour imaginer ce que serait l’avenir si…

    Propos recueillis par Philippe Hadef

    La Tribune-Hebdo : Quel est votre regard sur l’équipe depuis la reprise ?

    J-M Ettori : J’ai l’habitude de dire que donner des médicaments à un mort cela ne sert à rien. Les médicaments sont arrivés avec beaucoup de retard. Alors certes nous ne sommes pas morts mais on n’est pas bien non plus. Le football est une équation beaucoup plus compliquée que celle d’Albert Einstein E=MC2. C’est impossible de savoir ce qui se passe dans la tête des joueurs.

    La Tribune-Hebdo : Financièrement vous meniez en parallèle un autre combat. Où en êtes-vous ?

    J-M Ettori : J’ai payé, aujourd’hui, (interview réalisée lors du derby face à Orléans – NDLR) le dernier chèque de ce combat mené depuis ces cinq années. J’ai gagné mon championnat, mais pas sur le plan sportif.

    La Tribune-Hebdo : Mathématiquement tout est encore possible ?

    J-M Ettori : J’ai appris une chose avec le football c’est qu’on ne sait jamais. Tout est possible, le meilleur comme le pire. Il est impossible d’avancer quoi que ce soit, cela tient à si peu de choses.

    La Tribune-Hebdo : Vous avez rencontré récemment le maire de Tours qui n’est pas étranger au monde du football. Comment s’est déroulée cette rencontre ? Et quels sont les dossiers que vous avez abordés ?

    J-M Ettori : Il connaît le football de très haut niveau comme ancien président de l’Olympique de Marseille, il connaît le club pour en avoir été un des actionnaires, c’est un grand avantage. Je l’ai trouvé très ouvert, compréhensif par rapport à toutes les problématiques des terrains qui sont inutilisables. Le maire a validé qu’il fallait que l’on revoie cela. Il comprend ce dont on parle, c’est déjà une bonne chose. J’ai été agréablement surpris de sa disponibilité et de son discours volontaire et volontariste. On attend maintenant. Il faut que l’on travaille aussi en interne sur nos besoins. La balle est dans les deux camps, mais j’ai bon espoir que des choses bougent par rapport aux terrains sur un dossier qui est resté immobile depuis plus de vingt ans.

    La Tribune-Hebdo : Et en cas de descente en national…

    J-M Ettori : J’ai toujours dit que je mourrai les yeux ouverts et debout. Il faut bien que chaque année deux ou trois clubs descendent. L’an dernier, Paris FC n’est pas monté par ses résultats mais a accédé grâce à la faillite du Sporting Club de Bastia. Cela ne l’empêche pas aujourd’hui de jouer les premiers rôles. Orléans, Châteauroux sont descendus et sont ensuite remontés. Alors si la descente sanctionne notre saison, nous ferons tout pour revenir même si ce n’est pas facile.

    La Tribune-Hebdo : Et concernant votre avenir à vous en cas de relégation ?

    J-M Ettori : Si je voulais me séparer du club ce n’est pas le bon moment. On fait les affaires au son du canon. Je ne suis pas là pour faire réaliser une affaire à d’autres. Donc il faut absolument que l’on remonte.

    La Tribune-Hebdo : Avez-vous un message à l’adresse des Tourangeaux ?

    J-M Ettori : J’ai eu un championnat sur cinq ans qui était un championnat financier. Il est clos depuis ce matin avec ma banque, et par le paiement du dernier chèque à l’État. Maintenant sur le plan sportif on l’a perdu, et je ne peux pas me dissocier de cette défaite. Mais je veux dire aux Tourangeaux de continuer à croire que demain sera meilleur, qu’ils sortent de cette position trop passive en écoutant les bêtises des pseudos élites qui, en réalité, sont des petites gens. Je vois une grande différence entre le peuple tourangeau et les élites. Les Tourangeaux sont des gens très intéressants quand les élites sont tout le contraire.

    La Tribune-Hebdo : Avec l’arrivée de votre nouvel entraÎneur et votre directeur sportif vous avez restructuré totalement l’organisation sportive du club durant la saison. Qu’en sera-t-il demain en cas de relégation ?

    J-M Ettori : Il y a un contrat. Et Jorge Costa, quand il est arrivé, savait très bien que nous étions déjà derniers. Donc, il est prévu et convenu qu’il reste même en national. Lors de sa venue j’étais très lucide. Il n’est pas venu que pour tenter un sauvetage mais pour rebâtir. Parce que, sportivement, il y a beaucoup de choses à corriger, beaucoup de mauvaises habitudes qui ont été prises. Mais on ne change pas les choses comme ça.

    La Tribune-Hebdo : Comment imaginez-vous l’avenir en national sur le plan économique ?

    J-M Ettori : Je suis toujours à la barre. Une descente sera une catastrophe économique et une défaite morale. Mais d’autres s’en sont remis. Il faudra surtout remonter le plus vite possible car nous allons perdre deux millions d’euros de droits télé, ce qui veut dire faire deux millions d’économie ou trouver plus d’argent. La dette est réglée, mais une nouvelle période d’une gestion encore plus rigoureuse arrive. Qui a peur est un peureux, moi je suis prêt à affronter tout ce qui présentera face à nous. Tout en étant bouddhiste j’ai toujours dit que j’étais un moine guerrier. Je serai le dernier à sauter du navire.

    « Tout en étant bouddhiste j’ai toujours dit que j’étais un moine guerrier ».
    Jean-Marc Ettori, Président du Tours FC

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