Les Brèves

    PARCOURS ACT(E)S : UN PARI OSÉ EN PASSE DE FONCTIONNER

    Indre-et-Loire

    Monuments historiques et espaces naturels sensibles deviennent des lieux d’exposition avec le parcours ACT(e)S, dédié à la création contemporaine. Durant six mois, le projet porté par le Conseil départemental d’Indre-et-Loire réunit vingt-sept lieux publics et privés, avec une ambition : redonner à la Touraine son aura d’antan dans la création contemporaine. émilie mendonça


    On le savait déjà : Jean-Gérard Paumier, président du Conseil départemental d’Indre-et-Loire, est un féru d’art contemporain, et il ne s’en cache pas. On le retrouve donc à l’initiative de la création du parcours Act(e)s (Art Contemporain en Touraine), qui réunit vingt-sept acteurs publics et privés accueillant des installations et créations entre le 15 mai et le 15 novembre 2018.

    Pour la commissaire d’exposition Anne-Laure Chamboissier, aucun doute : « Act(e)s n’a pas été créé juste pour le plaisir de créer un événement. La manifestation s’inscrit dans une véritable dynamique de politique culturelle et territoriale, pas seulement à destination des touristes. Les Tourangeaux sont aussi invités à redécouvrir ces lieux grâce aux expositions ».

    On y retrouve bien sûr les monuments appartenant au Département. La Forteresse Royale de Chinon, le musée Rabelais de Seuilly, le musée Balzac de Saché, l’Hôtel Goüin à Tours ainsi que la Cité Royale de Loches et le Prieuré Saint-Cosme de La Riche hébergent des créations sonores, installations visuelles et photographiques variées, tout comme les espaces naturels sensibles du Louroux, de la Métairie ou de la Choisille. Cinq artistes s’installeront également deux mois durant dans ces monuments, suite à un appel à projets qui avait suscité plus d’une soixantaine de candidatures, preuve de l’intérêt de la proposition tourangelle.

    Le tour de force de l’opération consisterait-il à associer le secteur privé à ce projet ? Anne-Laure Chamboissier n’y voit là rien de bien compliqué : « il n’y a pas eu de difficultés, car tout s’est fait dans le dialogue. Nous avons tâché de proposer aux responsables des œuvres qui entraient en résonance avec l’histoire, l’architecture ou les espaces naturels de leurs lieux, dans un échange fructueux ».

    Pour certains, sauter le pas n’a pas été compliqué. Au château du Rivau, il était déjà traditionnel de proposer des créations contemporaines, comme l’explique la propriétaire Patricia Laigneau : « il nous a toujours semblé indispensable de montrer que les créateurs d’aujourd’hui sont les continuateurs de ceux d’hier. Pour édifier et décorer les monuments, il y a toujours eu des artistes ! ».

    Au château de l’Islette, qui célèbre les amours et créations de Camille Claudel et Auguste Rodin, l’art contemporain n’allait pas de soi… au début : « c’est une première pour nous, raconte Pierre-André Michaud, même si nous avions déjà pensé installer un jour des sculptures contemporaines dans le parc, en écho à Claudel et Rodin. Dès l’installation de l’œuvre de Dominique Bailly dans les jardins début mai, les visiteurs ont commencé à s’y prendre en photo. Cette interaction entre l’œuvre et le lieu est séduisante ! ».

    Succès de l’appel aux artistes, collaboration fluide entre les acteurs, et premiers retours positifs du public… À peine débuté, Act(e)s serait-il déjà un succès ? La fréquentation des expositions et des événements liés (rencontres, conférences et ateliers) le dira dans les mois à venir. 

    Programme complet sur www.touraine.fr. 

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