Les Brèves

    LES PME À L'AISE DANS LEURS LOCAUX

    Foncier et immobilier d'entreprise

    Une étude menée en 2017 par la Chambre de commerce et d'industrie Val de Loire et la Chambre régionale des métiers et de l'artisanat, diffusée récemment, conclut à la satisfaction globale des PME quant à leur équipement immobilier en région Centre-Val de Loire. Les entrepreneurs attendent néanmoins quelques efforts des collectivités locales. Florian Mons

    91?% des chefs d'entreprise estiment que leurs locaux sont adaptés à leurs besoins » rapporte l'enquête des deux organismes, qui ont associé à leur travail différents acteurs institutionnels du territoire régional. Les entreprises choisies pour ce panel – 1 007 au total – sont essentiellement des TPE-PME, évoluant pour la moitié d'entre elles dans le secteur de l'artisanat, sur l'activité desquelles le foncier et l'immobilier peuvent avoir plus de conséquences que sur de grands groupes industriels, par exemple. Un tiers d'entre elles exercent une activité de commerce de détail et 26 % travaillent dans le secteur de la construction, les autres se répartissant dans le service aux entreprises, l'hébergement et la restauration ou l'industrie.

    Le coût du foncier, une importance relative

    Qu'est-ce qui a motivé ces chefs d'entreprise à s'installer là où ils sont ? Prévisible, la présence de clients potentiels à proximité arrive en tête des motivations ainsi que la visibilité de l'emplacement, pour ce qui concerne les atouts économiques et commerciaux. Presque la moitié d'entre eux ont été attentifs à la qualité du bâti, mais le coût du foncier n'a été déterminant que pour un tiers seulement des entreprises sondées, dont près de 80 % occupent un espace de moins de 400 m². Un espace la plupart du temps constitué d'un local unique aux usages multiples, mais consacré, à 62 %, à la vente. Puis viennent le stockage et la gestion administrative, sachant que l'utilisation d'un local peut parfois dévier de sa fonction initiale. Des locaux jugés satisfaisants donc, même si un gros tiers a été construit avant 1948 et 27 % depuis les années 1990. Assez logiquement, près de la moitié de ces locaux sont situés en centre-ville ou centre-bourg contre 17 % en zone d'activité et entrée de ville et 23 % en zone rurale isolée. Quant à l'image du territoire, elle n'a préoccupé qu'un tiers des entrepreneurs, vraisemblablement ceux concernés par l'hébergement et la restauration. Plus surprenant, le score que réalise, dans ces facteurs de choix, l'attachement personnel à ce territoire – La proximité de la famille et des amis – qui égale quasiment celui de la présence de clients potentiels. Autre motif de réjouissance, les infrastructures routières. Qu'il s'agisse de la fluidité de la circulation, des conditions d'accès pour les fournisseurs, la proximité des axes principaux et même de la facilité de stationnement, le taux de satisfaction se situe entre 79 % et 85 %, même si des variations minimes existent selon la taille de l'agglomération. D'autres nuances sont rapportées par les entrepreneurs : la présence, pas rassurante, de locaux vacants à proximité de leurs entreprises et, par endroits, le constat d'un débit Internet insuffisant.

    Les collectivités à la peine

    Si l'image du territoire et son attractivité ne pèsent que relativement peu dans le choix du lieu d'installation par les entrepreneurs, ceux-ci tiennent cependant à ce qu'elles soient tout de même entretenues par les collectivités locales, en tout cas en ce qui concerne la visibilité de leurs activités Et, de ce point de vue, les avis sont moins optimistes. 44 % des sondés déplorent un manque d'organisation d'événements, 45 % l'inexistence d'une association locale d'entreprises, 47 % souhaiteraient plus d'actions commerciales… Ces collectivités font pourtant ce qu'elles peuvent : 57 % d'entre elles organisent régulièrement des rencontres avec les chefs d'entreprise et la moitié entreprend des actions de promotion telles que la réalisation de sites Internet ou la participation à des salons au plan local ou national. Quant à la maîtrise du foncier, si une grande majorité d'entre elles dispose de locaux à louer, l'enquête précise que 4 sur 10 « déclarent avoir des difficultés à répondre aux besoins des entreprises », que ces locaux soient insuffisants en nombre ou inadaptés. Par ailleurs, si 67 % des collectivités annoncent des projets d'aménagement des zones d'activités déjà existantes (860 dans la région), un tiers seulement projette un réaménagement des friches industrielles, présentes sur les territoires de 8 collectivités sur 10.

    En région Centre-Val de Loire, 53 % des permis de construire accordés concernent les activités du secteur marchand. Les surfaces consacrées aux locaux d'activité ont augmenté de 36 % entre 2002 et 2014, contre 9 % pour les locaux d'habitation, pour représenter 1 hectare sur 7 des « surfaces consommées ». En Indre-et-Loire, où ce rapport est encore plus favorable aux habitations, on constate une « pression foncière » – le rapport entre la surface occupée (logements et activités) et la surface totale – de plus de 8 %, la plus importante de la région. La Touraine partage par ailleurs avec le Loiret la moitié des surfaces de plancher concernées par des

    projets d'activités. 

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    • 2017, une année record

      L'Observatoire de l'immobilier d'entreprise, mis en place par le Club de l'immobilier de Touraine, rendait public en début d'année son étude sur l'état du marché pour 2017 pour l'agglomération et concluait à « un niveau d'activité record depuis quinze ans ». 75 500 m2 de locaux d'activité et 42 200 m2 de bureaux ont été placés l'année dernière. Ces derniers ont représenté 40 % des transactions et 91 transactions ont été réalisées en ce qui concerne les locaux d'activité, principalement dans les « parcs ». L'observatoire note la faible part du neuf dans le marché – aucune vente à Tours – au profit des locaux de seconde main et constate une stabilité des prix, jugés compétitifs en comparaison d'autres métropoles.