Les Brèves

    DES TAUX D'INTÉRÊTS DE PLUS EN PLUS BAS

    Enquête

    Les taux d'intérêts, maintenus à un taux déjà très bas depuis plusieurs mois, ont encore connu une baisse ces dernières semaines pour atteindre un niveau quasi historique.

    Pour autant, pas de ruée sur les crédits immobiliers observables pour le moment. florian mons

    Une concurrence des banques qui fait rage, mais aussi les choix de la Banque centrale européenne, ont depuis quelques semaines fait baisser les taux d'intérêts à une moyenne de 1,146 %, rapporte l'Observatoire Crédit logement/Csa. Les banques, pour remplir des objectifs commerciaux ambitieux, tendent en outre à assouplir les conditions d'accès aux prêts et à allonger leur durée, en moyenne de six mois, les portant ainsi à 224 mois en moyenne sur l'ensemble des marchés. Elles lorgneraient ainsi vers les ménages les plus modestes et primo-accédants, confrontés à l'inflation et à la suppression de certaines aides par le gouvernement dans le cadre de la refonte du prêt à taux zéro et de la suppression de l'APL accession, ce qui dégrade leur solvabilité.

    Renégociations

    Cependant, l'allongement de la durée des prêts n'absorbe que partiellement la hausse des prix de l'immobilier (+3,5 % au plan national en un an) et « l’indicateur de solvabilité de la demande ne se ressaisit pas », selon l'Observatoire. Le coût relatif moyen des opérations immobilières réalisées par les ménages s'établit aujourd'hui à 4,2 ans de revenus. Depuis le début de l'année, le nombre de prêts bancaires accordés a baissé de 13,9 % par rapport à celui constaté au premier trimestre 2017. « Il est encore trop tôt pour mesurer les effets de cette baisse des taux sur le nombre de prêts » estime Damien Bacouil, courtier à Prolys courtage, à Tours. « On voit, en revanche, le nombre de rachats de crédits augmenter depuis quelques semaines. Les gens demandent des renégociations de leurs prêts, estimant que c'est le bon moment ». Mais, quant à l'ambiance générale, « il faut prendre en comte que les périodes de réformes gouvernementales, génératrice d'incertitudes, ne sont jamais très bonnes pour l'immobilier ». Vincent Briand, délégué Fnaim pour l'Indre-et-Loire, ne voit pour le moment pas d'augmentation de la demande depuis ces dernières semaines. « Mais cette demande se maintient tout de même à un haut niveau depuis au moins deux ans et on constate encore un déséquilibre par rapport à l'offre.

    Les emprunteurs pourraient même connaître des taux négatifs


    Un risque de tension possible

    Par conséquent, même si les prix restent raisonnables à Tours, à l'exception de certaines zones dans l'hypercentre, il y a un risque de tension dans les huit à dix mois. » Pour lui, « les taux remonteront de toute façon, peut-être même avant la fin de l'année. Mais, quoi qu'il en soit, le problème c'est cette pénurie de biens. Il faut espérer que le déséquilibre ne s'aggrave pas ». Au Club immobilier de Touraine, davantage concerné par l'immobilier d'entreprise, François Boille constate : « Depuis quelques temps, on voit une augmentation des transactions à la vente. Ce n'est pas la folie, mais ces transactions, qui représentent d'ordinaire environ 20 % de notre activité, tendent à atteindre environ la moitié ». Il faut dire que Tours, récemment classée quatrième « ville où il faut investir » par le quotidien « Le Figaro » connaît une situation particulière. « Mais nous aurons plus de visibilité sur la situation vers la fin du mois » indique François Boille.

    Les emprunteurs pourraient même connaître des taux négatifs, dans la mesure où l'inflation, en augmentation, fait par conséquent prendre de la valeur aux biens immobiliers également, qui absorbe davantage le coût d'un crédit. D'ici à ce que cette inflation soit supérieure aux taux d'intérêts, les emprunteurs pourraient finalement gagner de l'argent. Une inflation prévue selon les évaluations, entre 1,3 % et 1,5 % pour 2019. Reste à savoir ce que décidera, dans l'intervalle, la Banque centrale européenne qui ne semble pas pressée de « normaliser » ses taux directeurs.

    Les Brèves