Les Brèves

    Les maraîchers accusent le coût

    MAIN-D'ŒUVRE saisonnière

    En Indre-et-Loire, des milliers de saisonniers travaillent chaque année dans les vergers et les maraîchers. Mais leurs charges sociales pourraient bien augmenter et les agriculteurs, peiner à embaucher. c.s.


    Dans les vignes, les vergers et les maraîchages de Touraine, une multitude de saisonniers s’affairent chaque année. Rien que dans les 26 ha des Vergers de Fontenay, à Lignières-de-Touraine, ils sont 37, aux 35 heures, et travaillent sur un total de 13 800 heures. « Ce secteur est en plein renouvellement, précise Jean-Yves Chauveau, de la maison des agriculteurs UDSEA 37. Il investit pour les quinze-vingt ans à venir donc il y a de l’emploi ! Il ne faut pas casser cette dynamique. » Pourtant, selon lui, le renforcement de la baisse des charges sur les bas salaires, décidé par le gouvernement, va impacter la main-d'œuvre saisonnière. L’État souhaite diminuer la cotisation maladie de 6 %, ce qui aura un « impact positif » sur les ouvriers maraîchers permanents. Mais pas sur les saisonniers puisqu’ils sont déjà exonérés de cette fameuse cotisation ainsi que de celle de la retraite. « Le système va conduire à une augmentation des charges sociales pour les saisonniers, affirme Jean-Yves Chauveau. Pour 35 heures de travail hebdomadaire, le surcoût s’élève à 165 € par mois. » L’impact serait potentiellement lourd pour les cultures maraîchères et arboricoles d’Indre-et-Loire.

    « Revenir à l’ancien système »

    Dans notre département, on estime qu’il faut 1 000 emplois pour 1 100 ha. Problème : si actuellement les saisonniers s’occupent des asperges, des pommes et encore de la taille viticole, que feront-ils ensuite ? « Il faut revenir à l’ancien système, martèle Jean-Yves Chauveau. Il faut des dérogations, selon les secteurs agricoles et notamment pour les fruits et légumes, pour que l’impact financier soit moindre. » Car qui dit impact financier, dit moins de main-d'œuvre saisonnière embauchée, et donc moins d’exploitations ou plus de machines agricoles. À la maison des agriculteurs, les membres ont déjà fait leur choix : garder la main-d'œuvre, certes non qualifiée mais permettant justement de faire travailler des milliers de personnes et de familles en évitant les aides sociales. « Ce serait plus compliqué, mais la simplicité ne fonctionne pas toujours, souligne Jean-Yves Chauveau. L’ancien système coûterait également moins cher à l’État. En début de semaine, nous avons donc interpellé les parlementaires à ce sujet. » 

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    • 2 500

      C’est le nombre annuel (approximatif) de saisonniers en Indre-et-Loire.