Les Brèves

  • TÉMOIGNAGES

    Brigade verte

    Xavier et Dominique

    « Depuis le 1er septembre, on a rencontré beaucoup de dépôts sauvages, avec des poubelles mises juste à côté des bennes enterrées. Pour l’instant, on se concentre là-dessus, dans l’hyper-centre, car il faut éduquer à ce propos, que ce soit les particuliers comme les commerçants. Chez eux, il y a un certain laisser-aller... Pourtant, c’est important, car niveau salubrité, on ne peut pas laisser ça comme ça. On va ensuite s’étendre dans toute la ville. Il y a du travail ! »

    Dans les rues

    Jean-Paul, 54 ans

    « Cette brigade, c’est très bien, mais j’ai peur que ce ne soit que de la politique... Les agents ne seront pas partout à la fois, il y aura toujours des poubelles à droite à gauche et des mégots partout. À Tours, il y a des quartiers vraiment compliqués niveau propreté. Je pense qu’il faut commencer par ceux-là, par Velpeau ou le Sanitas. »

    Christine, 38 ans

    « Dans la rue Nationale, on marche tout le temps sur des mégots et on croise beaucoup de fumeurs. Pareil sur les bords de la Loire. Quand on s’y promène, on tombe tout le temps sur ce genre de déchets, mais aussi sur des canettes et des bouteilles vides. C’est incroyable tout ce qu’on peut ramasser ! Je pense que c’est une histoire d’éducation et de conscience de l’environnement. Mais on le sait tous, ce n’est pas facile de faire comprendre à tout le monde qu’il ne faut pas jeter dans la nature. »

L’AN VERT DE TOURS

Propreté 

Comment créer une ville plus « propre » ? Tours s’est récemment dotée d’une brigade verte pour faire de la pédagogie auprès de la population : ne pas jeter n’importe où, éviter les mégots par terre, mettre ses poubelles dans les bennes... À terme, il pourrait y avoir des verbalisations. Claire Seznec

Des mégots éparpillés, des chewing-gums écrasés, du sable laissé là par des entreprises du bâtiment, des poubelles et des cartons en dehors des dépôts... Toutes les villes de France font face à ce phénomène. Est-il nouveau ou n’en prend-on conscience qu’aujourd’hui ?

La question reste en suspens. Toujours est-il que les élus de tout bord se décident à tenter d’y remédier. À Tours, le sujet a été imposé par la population excédée de slalomer entre les déchets. « Dans certains quartiers, il est difficile de rentrer les poubelles. Dans d’autres, elles ne sont pas rentrées par flemme, souligne Christophe Bouchet, le maire de la Ville. Il faut être à l’écoute des résidents. Peut-être même qu’il faudrait réaliser un audit. »

Pour faire de Tours une ville « propre », une brigade verte forte de huit agents est née. Mise en place au 1er septembre dernier, elle parcourt les 400 km de voirie tourangelle et note les différents dépôts sauvages de déchets.

« Les déchets sont partout et sont déposés par tout le monde » Brice Doineau, adjoint à la propreté urbaine

De la pédagogie à l’amende

Jusqu’à la mi-février, l’équipe de la brigade verte va identifier les zones les moins propres de la ville et être pédagogue auprès des citoyens : donner un cendrier de poche à un fumeur qui a jeté son mégot au sol, donner un sac pour ramasser une déjection canine, préciser qu’il faut mettre les poubelles dans les bennes et pas à côté... « Ça paraît évident mais apparemment, ça ne l’est pas !, lance Brice Droineau, adjoint à la propreté urbaine à la Ville de Tours. Ce n’est pas simple de changer les choses car les déchets sont partout et sont déposés par tout le monde. » Et même par les commerçants du centre-ville, qui, par habitude, laissent leurs cartons de livraison à côté des points d’apport volontaire. « Ce n’est pas parce qu’une personne le fait qu’il faut l’imiter », précise l’adjoint. Si chacun garde ses déchets (plastiques, cartons, mégots) le temps de trouver une poubelle, Tours pourrait bien s’en trouver plus propre et, de fait, plus agréable. Car l’objectif est avant tout politique : une ville propre attire, par le bouche-à-oreille, plus de tourisme.

Pour aller plus loin dans cette mesure, lors du prochain conseil municipal, le 1er octobre, les élus tourangeaux doivent voter les montants des verbalisations liées aux différents déchets sauvages. 

Les Brèves

  • EN CHIFFRES

    Dans les rues de Tours, on compte 1 250 poubelles et 1 000 points d’apport volontaire pour les cartons et le verre. Pourtant, chaque matin, les agents du service de la propreté urbaine de la Ville ramassent environ 400 kg de déchets hors des poubelles, rien que sur le bord de la Loire, aux alentours de la guingette. Dans toute la ville, ce sont aussi 12 tonnes de déjections canines ramassées chaque année. Si les agents ne comptent pas le nombre de mégots par terre, la Ville a tout de même dans l’idée de se doter de cendriers, notamment à la sortie des commerces de bouche, bars et restaurants.