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    points de contrôle qualifiés de défaillances mineures sont traqués au contrôle technique

VÉHICULE DE COLLECTION : LES RISQUES DU MÉTIER

Nouveau contrôle technique 

Entrée en vigueur le 20 mai dernier, la nouvelle version du contrôle technique est bien plus stricte. Ce haussement de ton inquiète les propriétaires de véhicules de collection qui craignent que leur voiture ancienne soit immobilisée. Qu'en est-il réellement ?

Depuis le 20 mai dernier, le contrôle technique a évolué. Le dispositif traque désormais 139 points de contrôle qualifiés de « défaillances mineures » (sans contre-visite), 340 « défaillances majeures » (avec contre-visite dans les deux mois) et 127 points « critiques ». Ce dernier niveau d'évaluation entraîne l'apposition d'une vignette qui autorise le véhicule à circuler uniquement du centre de contrôle technique au réparateur puis du réparateur au lieu de la contre-visite, le tout sous 24 heures. Cette disposition a fait souffler un vent de panique chez les automobilistes qui se sont rués dans les centres avant la date fatidique. Les propriétaires de voitures anciennes craignent que le grand âge de celles-ci joue en leur défaveur et qu'elles soient immobilisées ou, pire, condamnées au musée. Une crainte qui n'est pas justifiée.

Un contrôle plus souple

Les effets d'annonce prennent souvent le pas sur la réalité. La fameuse « fuite d'huile » qui entraînerait une qualification en défaillance critique ne concerne pas, par exemple, les petits suintements du carter. La corrosion doit être particulièrement avancée et porter atteinte à l'intégrité structurelle du véhicule pour être retenue. Les véhicules anciens sont examinés par le prisme des exigences techniques en vigueur lors de leur première immatriculation. Le dispositif ne s'attend pas à ce qu'une Alpine de 40 ans freine aussi bien que le modèle actuel qui vient de reprendre la route. Dans les faits, le contrôle technique nouvelle version sera plus rude avec cette dernière, en raison des critères de plus en plus drastiques, qu'avec son illustre aînée. Ainsi, une voiture ancienne qui passait sans encombre le contrôle jusqu'à la réforme, le passera désormais aussi facilement.

La carte grise « véhicule de collection »

Une autre solution, en cas d'inquiétude, est de passer l'automobile sous le régime de la carte grise de collection. L'examen est plus facile. Certes, de 1992, année de sa création, à 2009, les vieilles voitures n'étaient pas concernées par le contrôle. Depuis neuf ans en revanche, elles le sont elles aussi, mais bénéficient d'un traitement particulier. La nouvelle disposition ne change pas cet état de fait. La Fédération française des véhicules d'époque (FFVE) a réussi à obtenir des dérogations particulières pour toutes les autos qui font le choix de la carte grise « véhicule de collection ». Premièrement, la périodicité n'est pas la même, puisqu'elle passe de deux à cinq ans. Les modèles qui datent d'avant 1960 sont même exemptés, tout comme ceux de plus de 3,5 t de PTAC. Les véhicules ainsi qualifiés peuvent même circuler dans les ZCR, les zones à circulations restreintes, qui nécessitent normalement la vignette CRIT'Air. Mais attention, ces avantages s'accompagnent de nombreuses restrictions. Premièrement, ces voitures ne peuvent être assurées pour un usage professionnel et, si l'on devait respecter scrupuleusement les textes, les trajets quotidiens pour se rendre au travail seraient interdits. Cette carte grise particulière est aussi sous la menace des changements d'humeur du gouvernement ou de Bruxelles qui peuvent à tout moment décider de créer une taxe ou de revenir au système antérieur à 2009, époque où les propriétaires devaient signaler à la préfecture leur volonté de circuler au-delà des départements limitrophes au lieu d'immatriculation. Enfin, l'administration accepte d'accorder cette carte grise à tout véhicule de plus de 30 ans sous simple demande envoyée à la FFVE. Mais il n'y a alors plus de possibilité de revenir en arrière. Il faut donc bien prendre en compte tous ces éléments avant de franchir le pas... 

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