Les Brèves

  • 80 000

    C’est le nombre d’emplois représentés par la Cosmetic Valley

LES PÔLES DE COMPÉTITIVITÉ, C’EST TERMINÉ ?

Région Centre-Val de Loire

Créés en 2005, les pôles de compétitivité avaient vocation à fédérer des filières sur des bassins de vie avant de développer leur réseau et de faciliter leur accès aux marchés internationaux, tout en dopant la recherche et le développement. Mais l’État avait prévenu : son accompagnement aura une fin. Celle-ci est arrivée... Philippe Hadef

Les pôles de compétitivité vont-ils disparaître d’un territoire que François Bonneau qualifie pourtant de « grande région industrielle » ? Un dossier national concernant le maintien ou le regroupement de ces pôles de compétitivité va être déposé. Son analyse par les services de l’État permettra de répondre à cette question.

Rappelons que la présence massive de certaines filières avait fait naître sur notre périmètre régional quatre pôles de compétitivité (Cosmetic Valley, Élastopôle, Dream et S2C2) et pas moins de huit clusters (pharmacie et aéronautique par exemple). À l’inverse d’un certain nombre d’initiatives, le Gouvernement avait d’emblée mis en garde les porteurs de projet en leur indiquant que l’aide de l’État ne serait pas éternelle. Finalement, les années sont passées, mais le couperet est finalement tombé.

Répondre à des critères précis

La démarche est maintenant simple. D’ici au 19 octobre, il faut répondre à un nouvel appel à projet, qui a mis en avant des critères de plus grande ampleur pour en assurer la pérennité et le rayonnement. Les pôles de compétitivité devront ainsi afficher au moins 150 adhérents au cours des six dernières années, avoir dégagé de la croissance entre 2013 et 2018, 50 % de financements privés minimum, et au moins 10 M€ de chiffre d’affaires.

Ces critères doivent conforter les pôles qui ont une dimension suffisante pour confirmer leur capacité à fédérer et porter l’innovation. Ou, si ces critères ne sont pas remplis, d’inciter à des rapprochements avec d’autres pôles sur le territoire national. Cette évolution n’est pas la première modification apportée depuis leur création : « le point de départ des pôles était d’en faire des usines à projet, rappelle le directeur de la Direccte. L’avant-dernière phase était d’y associer les PME. La quatrième, l’actuelle, a pour ambition de compter au plan international ou européen. »

« Au moins 10 M€ de chiffre d’affaires »

La chasse aux fonds européens

Ce n’est pas par hasard que le mot « européen » est cité. Car l’objectif du Gouvernement, qui ne souhaite pas asphyxier ces dynamiques de filières – lesquelles ont donné de bons résultats, tout au moins pour notre région – est de transférer une partie de leurs poids financiers vers l’Union européenne, en profitant des fonds qui ne sont pas consommés par la France.

Reste que ce quatrième étage de la fusée n’est pas pris à la légère par les responsables de ces pôles. Conscientes que le regroupement des entreprises doit s’élargir, que les pôles doivent aussi interagir, certaines filières, pourtant dans les clous, continuent à se projeter vers des rapprochements ou fusions. C’est le cas notamment d’Élastopôle, spécialisé dans le caoutchouc, et qui va travailler de façon plus étroite avec Metz, Oyonnax et Lyon. Idem pour Dream, qui œuvre dans la gestion de l’eau et de son milieu : une collaboration plus active est envisagée avec l’Occitanie et Nancy. Pour SE2E, spécialisé dans les systèmes à énergie électrique, il va travailler de concert avec trois autres pôles en lien avec l’énergie, mais qui ne recouvrent pas exactement le même périmètre de recherche. Quant à la Cosmetic Valley, aucun souci pour elle, dont la filière dégage 450 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans 160 pays. Inutile, donc, de faire planer un faux suspense : il est peu probable qu’au terme du dépôt des dossiers le 19 octobre, à 18 h précises, l’un de ces pôles soient retoqués… 

Les Brèves

  • À SAVOIR

    Définition

    Un Pôle, c’est quoi ?

    Un pôle de compétitivité est un rassemblement, sur un territoire bien identifié et sur une thématique ciblée, d'entreprises petites, moyennes ou grandes, de laboratoires de recherche et d'établissements de formation. Ils sont définis par la Loi de finances de 2005 comme « le regroupement, sur un même territoire, d’entreprises, d’établissements d’enseignement supérieur et d’organismes de recherche publics ou privés qui ont vocation à travailler en synergie pour mettre en œuvre des projets de développement économique pour l’innovation. » Créé en 2004 dans le cadre du lancement d’une nouvelle politique industrielle en France, ce dispositif permet des subventions publiques et un régime fiscal particulier à un ensemble d’activités regroupées. Il a vocation à rendre l’économie plus compétitive, créer des emplois, rapprocher la recherche privée et publique et développer certaines zones en difficulté, tout en luttant contre les délocalisations.

    Entreprises

    Et les clusters ?

    Les clusters sont des réseaux d’entreprises constitués majoritairement de PME et de TPE, fortement ancrés localement, souvent sur un même créneau de production et une même filière. Dans cette économie mondialisée, les clusters permettent de conquérir des marchés qui n’auraient pas été accessibles par des entreprises seules.

    Cosmetic Valley

    Direction Paris !

    La Cosmetic Valley est sans doute le pôle de compétitivité le plus connu du grand public parmi les quatre présents sur notre territoire. Son influence se caractérise justement par sa présence, la semaine prochaine, à Cosmetic 360, le grand salon international des innovations et solutions pour le secteur parfumerie-cosmétiques, qui se tiendra les 17 et 18 octobre au Carroussel du Louvre. Une exportation momentanée pas si étonnante pour une association dont le périmètre d’action s’étend sur... trois régions !