Les Brèves

  • LES MIGRANTS DISPERSÉS PAR DES CRS

    Tours

    Depuis la fin du mois d’octobre, une soixantaine de personnes se sont installées dans les locaux vides du CLOUS, dans le quartier du Sanitas, à Tours, à l’initiative d’Utopia 56 Tours et du Collectif solidaire des réfugiés de Saint-Pierre-des-Corps. Il s’agissait de « la prolongation du campement tout proche » mis en place ces dernières semaines afin d’éviter que des migrants, majeurs et mineurs, ne dorment à la rue cet hiver. Les locaux sont dépourvus d’eau et d’électricité. Mais vendredi 2 novembre, en fin d’après-midi, Louis Barraud, du collectif de citoyens solidaires, et les bénévoles présents y ont vu débarquer les CRS. Ces derniers ont « dispersé les migrants », les évacuant du bâtiment. La cause ? La préfecture et le procureur de la République ont été saisis pour un « flagrant délit de dégradation » sur le site. Le lendemain, plus d’une centaine de personnes se sont mobilisées dans les rues pour protester contre cette expulsion. Des matelas portant le nom des enfants expulsés la veille ont symboliquement été déposés dans la rue Nationale et devant les grilles de la préfecture. À l’heure à laquelle nous écrivons ces lignes, la situation n’a pas évolué. 

« ÇA NE DOIT PAS MASQUER LE DÉBAT DE FOND »

Affaire Mélenchon

Trois semaines après les perquisitions dans les locaux de France Insoumise, les groupes d’appui du mouvement de Tours et de Saint-Pierre-des-Corps veulent « sortir de l’émotion ». Filmés et mis en ligne, les événements n’ont pas manqué de créer un buzz médiatique. De nombreux militants et députés du mouvement ont été questionnés sur la réaction de colère extrême de Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de France Insoumise, et sur son potentiel impact sur les sympathisants du mouvement. Mais ces derniers, dans la métropole tourangelle du moins, cherchent à soulever une autre question, celle du fond de l’affaire. « Outre les vices de procédure comme le refus de laisser entrer les représentants dans leurs locaux et l’enlèvement massif de documents personnels et du mouvement, il s’agit d’une question de fond, affirme Laure Ferrand, militante France Insoumise à Tours. On aurait dû parler de respect de l’état de droit, de la possible création d’un fichier d’opposants... Il n’en a rien été. » Dans la bouche des Insoumis, le « deux poids deux mesures » revient sans cesse, rappelant, entre autres, les autres parlementaires européens qui ont été dénoncés pour des emplois potentiellement fictifs et encore l’affaire Benalla. Selon eux, la perquisition visant France Insoumise et le déploiement de la centaine de forces de l’ordre ont été « disproportionnés ». « On attend toujours de savoir s’ils ont trouvé des choses répréhensibles au regard du code des comptes de campagne, soulignent plusieurs militants tourangeaux. Mais ça ne doit pas masquer le débat de fond », à savoir le fonctionnement de la justice française mais aussi l’importance du débat politique entre les différents partis et mouvements. 

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