Les Brèves

  • 4?e


    C’est la place de Tours dans le palmarès des « Villes où il fait bon investir en 2018 ».

LE MARCHÉ TOURANGEAU SE MAINTIENT

Baromètre

À en croire les professionnels, le marché immobilier tourangeau conserve un rythme de croisière satisfaisant en ce deuxième semestre. Une allure qu'il devrait conserver dans les mois à venir. Florian Mons

En juin dernier, le Figaro immobilier et Explorimmoneuf ont classé Tours à la quatrième place de leur palmarès des « Villes où il fait bon investir en 2018 ». Quelques mois plus tard, la situation reste, pour Vincent Briand, délégué de la Fédération Nationale de l’immobilier (Fnaim) pour l'Indre-et-Loire, sans surprises, inchangée. « L'attractivité de Tours ne se dément pas, affirme ce dernier. Tours présente toujours cet équilibre entre investissement et dynamisme du marché, quoi que l'on note un petit frein en comparaison de l'année dernière, qui était une année record. Tout de même, on constate çà et là que certains hésitent à mettre en vente. »

Tours-Nord, une réserve saturée ?

Quant à la demande, c'est du côté de l'hyper-centre qu'elle est la plus forte. Malgré tout, les acquéreurs acceptent de s'éloigner. À tel point que les zones concernées par les opérations immobilières en cours à Tours-Nord – au Christ-Roi, aux alentours de la place René Coty ou à Sainte-Radegonde – sont désormais considérées comme des offres en centre-ville. « La Mairie a même souhaité que les projets ne se développent pas trop boulevard Magenta, où ils sont nombreux, précise-t-on à la Fnaim. Mais la rue Daniel Mayer et le quartier de l'Europe sont des centres d'intérêts. » Il faut dire qu’à Tours-Nord se trouve la plus grosse réserve foncière de la ville. Cependant, les nouveaux quartiers mettent du temps à émerger, à devenir de vrais lieux de vie et à devenir attractifs. Pour l'heure, « il y a plus d'offres que de demandes et beaucoup de logements inoccupés » précise Patrice Laloum, chargé de communication à la Chambre des notaires d'Indre-et-Loire.

Le marché immobilier à Tours reste donc dynamique et il n'y a pas de raison que cela change au moins à moyen terme. Ici comme ailleurs, « quoique devenu plus volatile ces dernières années, le marché est soutenu par des taux de crédits bas qui facilitent l'accès à la propriété des primo-accédants ». Ces taux peuvent changer et, régulièrement, leur remontée est annoncée. « Mais même une augmentation au-delà de 2 % – un seuil psychologique –ne changerait pas fondamentalement la situation », estime Patrice Laloum. Malgré cela, lui aussi est confiant dans l'attractivité de la ville et remarque même un relatif « retour des étrangers, notamment des Anglais, ainsi que celui d'agences parisiennes qui ouvrent des succursales ici et qui traitent avec ces acheteurs anglais ». Autre signe d'une bonne santé du marché : l'augmentation du nombre de courtiers en prêts. En outre, on ne garde plus un bien immobilier aussi longtemps qu'avant. La moyenne de rotation est désormais de 7 ans chez les plus jeunes et les aînés vendent de plus en plus leurs maisons, devenues trop grandes, pour des appartements en centre-ville. Le temps de vente, lui, reste cependant assez long. Le notaire fait en revanche tomber une idée reçue : « Il n'y a pas autant de Parisiens qui viennent s'installer que l'on veut bien le dire. Il en existe, mais c'est encore un mythe. »

Cap sur le centre-ville

Reste que des quartiers émergent, tels que Velpeau ou Febvotte, comme beaucoup de quartiers populaires, « avec des maisons qui se ressemblent mais qui sont sympas, précise Patrice Laloum. Ça devient à la mode ». Et de noter, également, un frémissement du côté de Beaujardin et du vieux Saint-Pierre-des-Corps et sa vie de village, qui attire les jeunes couples. « D'une manière générale, on remarque un certain recentrage en centre-ville, sans doute pour des questions de commodités et de coûts de déplacement moindres, ajoute-t-on à la Chambre départementale des notaires. La première couronne connaît des difficultés en matière de transactions alors qu'auparavant, les pavillons dans ces zones étaient préférés. » Mais c'est Tours-sud qui attire son attention, avec le projet de réhabilitation de la zone industrielle du Menneton, décidé par la municipalité de Serge Babary en 2015. La zone doit effectivement accueillir des résidences et plusieurs activités économiques. 

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  • LA DÉFISCALISATION, UNE OPPORTUNITÉ ?

    Des disparités marquées des prix selon les quartiers peuvent être accentuées par les opportunités de défiscalisation. « Avec l'extension du périmètre du Plan de sauvegarde et de mise en valeur (Pmsv-Loi Malraux), les prix, dans le quartier de la cathédrale, dépassent parfois les 3 000 € le mètre carré, indique Patrice Laloum. Des produits anciens rénovés peuvent atteindre 4 000 €. » Les prix ont également flambé pour les anciennes soieries du quartier Paul Bert, où « tout est déjà vendu malgré des prix élevés ». Plus préoccupants encore, la pratique du Airbnb, qui permet de louer son appartement à des vacanciers, donne lieu à des acquisitions d'appartements uniquement destinés à cette pratique. Et cela contribue à faire monter les prix. « Ce sont des appartements très déco, achetés cher mais à forte rentabilité », précise Patrice Laloum. Selon lui, « les choix faits par Jean Royer, à qui l'on reprochait de faire de Tours un petit Paris aseptisé, portent leurs fruits, si l'on compare à des villes comme Le Mans, au tissu industriel certes plus riche, mais moins attrayante en termes de cadre de vie. »