Les Brèves

    Henri Carvallo Villandry, son amour

    Depuis vingt-cinq ans, il gère le château de Villandry, site appartenant à sa famille depuis un siècle. Entre des recherches dans les archives et des parties d’échecs, rencontre avec un homme réservé et mystérieux, dédié corps et âme au patrimoine. Claire Seznec

    À l’aube de l’hiver, sous une bruine un peu fraîche, les jardins du château de Villandry continuent de resplendir. Une dizaine de jardiniers s’y activent chaque jour. Dans les allées, entre les fleurs et les légumes du potager, actuellement attente du printemps, on croise souvent Henri Carvallo, le directeur du site depuis maintenant vingt-cinq ans. Les plantes poussent-elles bien ? Sont-elles belles ? Les fontaines fonctionnent-elles correctement ? Tout est passé au crible par son œil avisé grâce à des années de pratique et d’amour des lieux.

    Il faut dire que, depuis son enfance, il peut s’y promener en toute liberté. Le château de Villandry est propriété de la famille espagnole Carvallo depuis de nombreuses années. « Mes grands-parents l’ont acheté en 1906, raconte Henri Carvallo. Ils vivaient même dans une partie du château. Ensuite, mes parents ont pris la suite pour le gérer. » À neuf ou dix ans, le petit Henri a distribué les flyers pour les visites du château ; puis, à l’adolescence, il a guidé les visiteurs à travers les jardins et les pièces de l’édifice. À cette époque, comme d’autres décident de jouer au foot, lui apprend à jouer aux échecs, d’abord avec un de ses oncles, puis dans un club, à Avoine où il a fait tous les tournois annuels pendant des années et des années. Ça a été le début d’une grande passion sportive qui l’a notamment mené à présider la Fédération française d’échecs pendant deux ans. Encore aujourd’hui, il joue par équipe en Nationale 1, « l’équivalent de la ligue 2 en foot », à Tours, dont le club se classe douzième.

    « Il y a une belle synergie, on travaille collectif »

    Esprit mathématique

    Lorsqu’il ne sort pas son plateau d’échecs, Henri Carvallo s’intéresse au château de Villandry. Il en connaît, de fait, les moindres recoins, sait ce qui a évolué depuis toutes ces années. Juste avant qu’il ne reprenne les rênes du château, alors qu’il était ingénieur, des travaux d’envergure ont débuté sur la charpente et la toiture qui faisaient triste mine. Cet hiver, une chambre va être refaite ; la collection de peintures et d’œuvres d’art espagnole va être restaurée ; et des aménagements supplémentaires vont être créés pour les personnes à mobilité réduite. Le tout n’est financé que par les recettes du château, c’est-à-dire par les entrées payantes des visiteurs. Depuis 1990, la famille a dépensé environ 15 millions d’euros en chantiers grâce aux touristes ! « La qualité de l’accueil des touristes est une priorité », affirme Henri Carvallo. Dans son bureau, en face des anciens communs et des anciennes écuries du château, il réfléchit sans cesse à l’améliorer. Ce boulot, il l’a appris « sur le tas », en observant ses parents. Et les études menées par les comités de tourisme lui rendent bien puisque Villandry fait partie des sites du Val de Loire dont le taux moyen de visites est le plus élevé : entre les jardins « remarquables » et le château en lui-même, « classé monument historique », il faut environ quatre heures pour tout découvrir. « On a de plus en plus de visiteurs. Le problème, c’est qu’il faut optimiser le parking, c’est mathématique..., souligne le directeur du château. Il faut prendre en compte la durée de la visite, et pas seulement le nombre de places. Enfin, il faut tout calculer. » Ce petit casse-tête fait également partie de ses attributions. Mais à côté, Henri Carvallo fouille l’histoire et les archives. Car, rappelons-le encore une fois, en 2019, la région Centre-Val de Loire fête les 500 ans de Renaissance(s) en Val de Loire... Et le château de Villandry en est l’un des joyaux. Le programme des festivités est en cours de création. « C’est bien pour l’ensemble de la région d’avoir cette thématique, estime Henri Carvallo. Il y a une belle synergie, on travaille collectif. » Comme lorsqu’il part en voyage de promotion à l’étranger ou dans d’autres régions françaises, avec des représentants des châteaux du Val de Loire, il se lance pleinement dans cette aventure... Histoire de prolonger la vie du château de Villandry.

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    • Objectif atteint

      Pensait-il, après le raz-de-marée de La République en Marche aux législatives, que l’affaire était close ? Le président de la République n’avait peut-être pas conscience, au moment de pénétrer pour la première fois à l’Élysée, que ce blanc-seing offert par les citoyens en lui offrant une large majorité à l’Assemblée nationale était aussi le signe d’une forte attente.

      Une attente à la hauteur des discours du candidat Macron... Oui, les citoyens attendaient une vraie révolution, une forme nouvelle de gestion des affaires de l’État, un souffle retrouvé... En un mot, la France voulait de l’espoir.

      Mais l’impatience de la population n’est pas en phase avec le temps nécessaire pour la transformation d’un pays. Ceci étant dit, le Gouvernement n’a pas été au rendez-vous du pouvoir d’achat, l’une des promesses les plus concrètes pour les citoyens. Et si des mesures ont bien été décidées, elles n’ont pas impacté suffisamment le porte-monnaie des Français. D’autant que, dans le même temps, l’annonce des taxes « écologiques » a fini d’exaspérer les plus modestes et les plus silencieux. Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont réussi le tour de force de faire se lever ceux qui, jusqu’à présent, étaient restés dans l’ombre, silencieux, souvent dépités et fatalistes. Une exaspération qui s’est ainsi exprimée spontanément... Au point d’amalgamer des Gilets Jaunes d’horizons tellement différents qu’elle n’est pas en capacité de trouver une ligne de conduite, une liste pertinente de revendications. Au final, seule s’exprime réellement la colère et ceux, plus visibles et plus violents, qui rêvent de faire tomber la République en s’attaquant à tous ses symboles et au premier d’entre eux : les forces de l’ordre. Oui, une forme de révolution est en marche. Pour le coup, Emmanuel Macron l’avait promis. Il a réussi.