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    C’est le nombre de policiers et gendarmes mobilisés samedi dernier pour la manifestation des gilets jaunes, à Tours

LES GILETS JAUNES MANIFESTENT SANS ACCROC

Samedi dernier, entre 2 000 et 3 000 gilets jaunes ont manifesté dans le centre-ville de Tours, lieu de rassemblement du Grand Ouest. Avant, les autorités ont exprimé leurs inquiétudes ; certains commerces ont fermé. Mais, bonne surprise, l’événement s’est déroulé sans débordement. Claire Seznec

Soulagement : le centre-ville de Tours s’est préparé à accueillir entre 8 et 10 000 gilets jaunes, samedi dernier, pour l’acte XII ; ils n’étaient « que » 1 850 selon la Préfecture d’Indre-et-Loire, et « 6 000 » selon les organisateurs de la manifestation. Cela reste tout de même plus que les samedis précédents durant lesquels on a compté entre 1 000 et 1 500 personnes.

Dans la rue Nationale, peu avant 14 h, l’heure du départ de la marche jaune, certains commerces ont baissé le rideau ou tout simplement fermé. D’autres, comme les banques et les Galeries Lafayette ont barricadé leurs vitres et les distributeurs de billets derrière des pans de bois, histoire d’éviter la casse. Certes, les commerçants ont eu « une journée très calme » en termes de clientèle ce samedi, mais ils n’ont « pas eu de problème » particulier lié à la manifestation.

Des gilets noirs en tête

À Tours, l’acte XII des gilets jaunes s’est donc déroulé dans un calme relatif. Pour la première fois, des manifestants des départements limitrophes (Maine-et-Loire, Loir-et-Cher, Sarthe...) ont fait le déplacement dans la cité tourangelle, ce qui a, de fait, gonflé le mouvement. Pendant deux heures, sur la place Jean-Jaurès, aux Halles, dans la rue des Tanneurs, sur le boulevard Heurteloup et jusque devant la préfecture, des slogans ont appelé à la démission d’Emmanuel Macron. En tête de cortège, des individus habillés de noir, la plupart couverts de capuches et de masques, ont ouvert la marche. « On va déclarer la révolution à la préfète », « Le Bouchet du peuple », « Ni d’yeux ni maître »... Sur les murs du centre-ville, certains gilets noirs ont tagué leur colère, parfois même leur mépris. Face aux forces de l’ordre, à côté de la préfecture puis non loin du commissariat de police, ils ont semblé près à en découdre, balançant un grand drapeau noir, symbole de rébellion et d’anarchie. Mais il n’y a pas eu de violents affrontements. Quelques salves de gaz lacrymogène ont été lancées par les forces de l’ordre, à la tombée de la nuit, afin de disperser les manifestants stagnant sur la place Jean Jaurès. Trois personnes ont été blessées et évacuées par les « Street Médics » (lire ci-contre) venus de Saumur ou de Poitiers. Le face-à-face s’est terminé à la nuit tombée après des jets de peinture, de cailloux et quelques pétards. Néanmoins, il n’y a pas eu de casse de mobilier urbain ni d’incendie. Quatre personnes ont tout de même été interpellées ; trois pour possession de stupéfiants, et une pour des violences.

Les gilets jaunes tourangeaux, eux, se donnent d’ores et déjà rendez-vous samedi 9 février pour une nouvelle manifestation.

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  • DES MANIFESTANTS SECOURENT D'AUTRES MANIFESTANTS

    Depuis le 17 novembre 2018, date de la première manifestation des gilets jaunes, plusieurs personnes ont été blessées, parfois gravement. Alors, en décembre dernier, les "Street Médics" se sont créés à Tours. Ils portent des brassards, des patchs avec des croix rouges, vertes, bleues, des t-shirts bien visibles, des casques, des masques. « Nous sommes ces gens, dans les manifestations et les actions militantes, qui soignent les manifestants blessés, expliquent-ils. Nous soignons, nous accompagnons, nous rassurons. » Certains sont des professionnels de santé, des infirmiers, des secouristes mais aussi des personnes tenant simplement à venir en aide aux autres.

    « On a noté des tirs de LBD40 »

    Les "Street Médics" s’opposent vivement aux violences policières et aux armes employées dans les manifestations. Ils ne sont pas uniquement présents aux côtés des gilets jaunes, mais aussi aux côtés des féministes et des syndicats, comme ce mercredi, lors du rassemblement de la CGT.

    Samedi dernier, à Tours, ceux de Tours ont été épaulés par les groupes de Poitiers et de Saumur, notamment. L’un d’entre eux nous a même confié que les « flashball » étaient « de sortie ». À chaque fin de manifestation, ils dressent le bilan des blessés. Samedi dernier, donc, le bilan est assez mitigé, selon les "Street Médics" tourangeaux : « on a noté des tirs de LBD40 ayant causé quelques sérieuses blessures, des tirs tendus au lance-grenade Cougar et des coups de matraque à hauteur de tête (...) ». Néanmoins, ils précisent que « les gendarmes mobiles ont plusieurs fois eu l’occasion de casser du manifestant mais qu’ils ont finalement mesuré leurs coups, leurs charges et leurs gazages »