Les Brèves

    LES COMMERÇANTS SONT À CRAN

    Place de la résistance

    Depuis plusieurs années, plusieurs commerçants de la place de la Résistance tentent de dynamiser leur quartier. Mais aucun projet d’embellissement n’est encore prévu et, mis à part le bal du 14 juillet, les animations manquent cruellement. Aujourd’hui, ils appellent à l’aide pour ne pas délaisser cette place au cœur du centre-ville de Tours. Claire Seznec

    Connaissez-vous la place de la Résistance, à Tours ? Vous savez, celle qu’on surnomme « la petite place carrée » ou « la place où on se gare » ? Selon plusieurs commerçants installés là, ce lieu dépérit clairement. Il faut dire que depuis sa construction, dans le milieu des années 1940*, la place est restée telle quelle : de forme carrée, avec des stationnements en son centre et une voie de circulation autour, elle est accessible par quatre entrées ; les îlots de bâti dans lesquels se trouvent les commerces et des logements, construits de manière symétrique les uns des autres, ne semblent pas avoir changé d’un pouce non plus. Certes, le parking planté au beau milieu du centre-ville, le week-end, est bondé de voitures. Mais leurs propriétaires et autres Tourangeaux filent bien souvent directement faire leurs achats dans la rue Nationale, dans la rue des Halles ou vont boire un café sur la place Plumereau. Pourtant, sur la place de la Résistance, des commerçants indépendants (coiffeur, magasin de cuir, petit café, mignonne mercerie...) les attendent de pied ferme. « Ils ne restent pas pour plusieurs raisons : ils ne nous connaissent pas et la place ne vit pas, estime Valérie, gérante d’Ambiance Cuir, présente depuis trois ans dans un recoin de la place. Avant il y avait un marché gourmand, mais depuis qu’il n’existe plus, la place n’est plus mise en valeur. »

    Un manque d’animations

    Avec d’autres commerçants, ils ont de nombreuses idées pour la remettre au goût du jour : installer de gros pots fleuris aux entrées des axes d’accès, placer une œuvre d’art en son centre, égayer les lieux « une fois de temps en temps » avec un concert, des artistes de rue ou des peintres. Certes, la braderie s'étend jusqu’à la place, sauf l’année dernière, les commerçants confiant que cet événement n’attire pas assez jusqu’à eux. Cette année, un sapin de lumière a également été installé au centre du parking « mais on n’a eu qu'un malheureux haut-parleur alors qu’à deux pas, il y en avait pléthore », souligne Fabien, qui tient un café depuis deux ans. Que faire alors ? Une poignée de commerçants de la place ont décidé de contacter la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Touraine afin de faire part de leurs problématiques. Ils veulent notamment une réunion avec elle pour réfléchir et, surtout, agir. « On ira jusqu’au bout, affirme Caroline, photographe tourangelle. Ce n’est pas uniquement pour le commerce mais aussi pour les habitants et le dynamisme du centre-ville. » De son côté, la CCI Touraine souhaite « générer une réunion » pour que les commerçants de la place s’organisent au mieux. « L’enjeu du commerce de demain est là : les zones qui créent de l’animation et des centres d’intérêt dans leur quartier auront des clients, affirme Philippe Roussy, le président de la CCI. Il est évident qu’à Tours, beaucoup de choses ont été faites pour la rue Nationale, la rue Marceau... Mais pour le reste, il y a une vraie réflexion à avoir pour parfaire la déambulation en centre-ville. » Selon lui, l’aménagement des places et des rues, avec de la circulation douce et des zones d’attraction, doit permettre de dynamiser la ville. Néanmoins, si la place de Châteauneuf exhibe aujourd’hui un nouveau visage, aucun projet de réhabilitation et/ou d’embellissement ne concerne (pas encore) la place de la Résistance.

    Actuellement, les commerçants attendent toujours un retour de la CCI suite à leur appel à l’aide. Ils sont prêts à travailler ensemble à animer la place mais ne souhaitent pas créer une association pour ce faire : « on n’a pas le temps, on a besoin d’aide », rappellent-ils.

    « La place n’est plus mise en valeur » Valérie, commerçante

    Compliqué de payer son parking

    Si le sujet du manque d’animation revient sans cesse dans la bouche des commerçants de la place de la Résistance, un autre problème est récurrent : le stationnement. Le nombre de places ne manque pas ; mais, toutes les deux heures, il faut remettre la modique somme de 3,90 euros dans le parcmètre. Et quand un client pointe le bout de son nez au moment clef, les commerçants sont bien en peine de recharger la borne. Parfois, ils le font de justesse, d’autres fois ils écopent d’une amende à la minute près malgré un mot indiquant qu’ils sont commerçants et qu’il faut leur laisser quelques minutes. « Par mois, c’est environ 100 euros de parking sans compter les fameux PV, tempête Valérie, d’Ambiance Cuir. Un jour, un agent m’a même dit de faire mon devoir de citoyenne et de payer alors qu’il ne m’a pas laissé le temps de le faire. » Cette colère est présente chez plusieurs commerçants de la place. Ils estiment qu’il faudrait un tarif différent pour les gérants de commerces, sans avoir à recharger toutes les deux heures au risque de perdre un client ou de devoir payer une amende de 25 euros. Même les salariés d’AB Courtage, installée sur la place depuis trois mois, le constatent et affirment qu’il faut « simplifier le parking » pour éviter de « courir derrière les agents » à chaque fois.

    * Le quartier autour de la place de la Résistance a été détruit en juin 1940 et n’était qu’un champ de ruine jusqu’en 1952, date de fin des travaux de reconstruction de la place. 

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