Les Brèves

  • L’Indre-et-Loire fait face à des délinquances disparates

    Chaque année, la police et la gendarmerie réalisent conjointement un bilan de la délinquance. En 2018, donc, 4 181 atteintes volontaires aux personnes ont été recensées en Indre-et-Loire, soit 14,93 % de plus que l’année précédente. Cette hausse reste moindre par rapport à la moyenne nationale. Sur l’ensemble du département, des disparités existent tout de même selon les zones (police ou gendarmerie) et selon les phénomènes. De fait, les atteintes aux personnes progressent beaucoup en zone gendarmerie (+30,83 %) mais moins dans l’agglomération tourangelle, en zone police (+5,73 %).

    Les atteintes aux biens, elles, stagnent dans le département même si la préfecture note une augmentation de 0,46 % des actes. Parmi les hausses importantes, les vols avec violences, notamment ceux contre les femmes, sur la voie publique. Ils ont bondi de 24,47 % au cours de l’année 2018. Néanmoins, « les vols sans violence représentent à eux seuls 80 % des atteintes aux biens commises en Indre-et-Loire ». 

Mettre de l’ordre dans les quartiers

TOURS MÉTROPOLE

La Rabière, la Rabaterie, le Sanitas... Ces trois quartiers « sensibles » font désormais partie des « quartiers de reconquête républicaine » (QRR). Dans les faits, ils attendent un renfort de police mais également plus d’actions préventives et associatives pour faire face à la délinquance et, à terme, la diminuer. Claire Seznec

Dispositif phare de la lutte contre la délinquance et les trafics, les « quartiers de reconquête républicaine » (QRR), annoncés en septembre par le gouvernement, ont été choisis en fin de semaine dernière. Parmi la trentaine d’entre eux, trois se trouvent sur le territoire de la métropole tourangelle : la Rabière à Joué-lès-Tours, la Rabaterie à Saint-Pierre-des-Corps, et le Sanitas à Tours. Ce label permet à ces quartiers dits « sensibles » de bénéficier d’effectifs policiers supplémentaires. Mais pas uniquement : « il doit rapprocher les services de la police et les services municipaux afin de mieux cibler les trafics et la petite délinquance, précise Corinne Orzechowski, la préfète d’Indre-et-Loire. Les QRR ne sont pas seulement répressifs mais aussi préventifs. » En amont, à peine un mois avant l’annonce des QRR choisis, une cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants (CROSS) a été créée dans le département. Son objectif ? Coordonner l’antenne de la police judiciaire de Tours avec la sûreté départementale d’Indre-et-Loire pour renforcer le pilotage de la lutte contre les trafics de stupéfiants. « Cette dynamique, déjà présente aujourd’hui, a sans doute appuyé les trois dossiers pour les quartiers, estime la préfète. Néanmoins, on ne connaît pas encore le volume de personnel à venir pour ces QRR. » Ni comment ils seront ensuite dispatchés dans les trois quartiers.


« Il n’existe pas de zone de non-droit »

Ne pas abandonner la population

« Quand on a proposé le quartier de la Rabaterie pour devenir un quartier de reconquête républicaine, on ne pensait pas qu’on obtiendrait gain de cause », lance Marie-France Beaufils, la maire de Saint-Pierre-des-Corps. La bonne surprise est la même à Joué et à Tours. Les trois quartiers ont besoin d’effectifs policiers, que ce soit simplement pour éviter que la délinquance s’installe comme pour résoudre certains problèmes de délinquance, comme les feux de voiture à Joué, ces derniers mois. « Les populations qui subissent ces actes ne sont pas abandonnées, martèle d’ailleurs Frédéric Augis, le maire de la commune précitée. Il n’existe pas de zone de non-droit dans nos communes. » Selon lui, les politiques publiques elles-mêmes sont à repenser afin d’ « aider les jeunes » en ce qui concerne l’emploi et les différentes activités sportives et culturelles. Plus largement, il s’agit d’instaurer un « mieux vivre » dans ces trois quartiers « sensibles » où les habitants sont exaspérés. Certes, mettre des moyens humains ne va pas résoudre tous les problèmes d’un « coup de baguette magique » ; mais ils doivent solidifier la présence policière et les coopérations entre les services, « sans quoi ce n’est pas efficace ». Pour cela, la préfecture d’Indre-et-Loire a décidé, cette année, de verser ses subventions aux contrats objectifs sur trois ans, au lieu d’année en année. Pour l’heure, le montant de ces crédits n’est pas défini.

Les Brèves

  • 69 %

    des plaintes pour violences sexuelles, enregistrées en 2018 en zone gendarmerie, sont des faits datant d’avant 2018.