Les Brèves

  • La sélection des romans

    • Défaite des maîtres et possesseurs, de Vincent Message

    • La Guérilla des animaux, de Camille Brunel

    • La peste soit les mangeurs de viande, de Frédéric Paulin

    • Règne animal, de Jean-Baptiste Del Amo

    La sélection des bandes dessinées

    • Animosity T.2, de Marguerite Bennett et Rafael de Latorre

    • Enola et les animaux extraordinaires T.4, de Joris Chamblin et Lucile Thibaudier

    • Insolente Veggie T.3, de Rosa B.

    • Les paupières des poissons, de Sébastien Moro et Fany Vaucher

    • Sentience T.3, de Tyef et David Volpi

    Le jury

    • Audrey Jougla, auteure, essayiste et fondatrice de l’association Animal Testing

    • Sarah Merlo, secrétaire générale de l’association One Voice

    • Yolaine de la Bigne, auteure, journaliste, fondatrice de l’Université d’été de l’animal

    • Laurent Baheux, photographe animalier

    • Isabelle Attard, docteur en zoologie, ancienne députée

LA LITTÉRATURE ANIMALISTE A (ENFIN) SON PRIX

TOURS

Créé à Tours, le tout premier Prix Maya, récompense littéraire pour les auteurs engagés dans la défense et la protection animale, va être remis le 22 juin prochain, lors de la Vegan Place tourangelle. Explications. Claire Seznec

La cause animale prend de l’ampleur. Depuis quelques années, les médias relatent de plus en plus les actions d‘associations animalistes et d’associations militantes pour le bien-être animal. À Tours, la Vegan Place a été lancée seulement l’année dernière, à l’initiative d’L214, mouvement surtout connu pour ses vidéos tournées au cœur des abattoirs. À peine sortie de la première édition, l’équipe d’organisation s’est lancée dans celle de l’année 2019 avec une grande nouveauté : le Prix Maya, premier prix littéraire animaliste en France. Jusqu'à présent, il existait un seul prix lié aux animaux, le Prix 30 Millions d’amis, récompensant toutes sortes d’ouvrages dans lesquels il y a des animaux. « Le Prix Maya, lui, récompense les écrivains et auteurs de romans et de bandes dessinées engagés dans la protection animale, précise Ludivine Daumain, co-organisatrice de la Vegan Place et référente L214 dans l’Indre-et-Loire. Ces derniers vont être invités lors de la remise du prix, en juin. » Pour élire ce dernier, un jury de personnalités connues pour leur expérience en termes de cause animale a reçu, en fin d’année dernière, un colis contenant tous les livres sélectionnés par l’équipe organisatrice.


« Beaucoup de personnes n’ont pas encore dans l’idée qu’un animal peut souffrir » Ludivine Daumain, co-organisatrice du Prix Maya


Des livres accessibles à tous

Mais à quoi peut bien servir un tel prix littéraire ? En parcourant les ouvrages sélectionnés, on se rend compte qu’ils sont accessibles à tous, même aux lecteurs qui ne sont pas acquis à la cause animale. D’ailleurs, pour l’année prochaine, le Prix Maya pourrait s’élargir aux livres pour enfants. « Cela peut permettre de les sensibiliser et de toucher aussi les parents, parfois plus réfractaires, précise Ludivine Daumain. Même s’il y a eu une énorme évolution, beaucoup de personnes n’ont pas encore dans l’idée qu’un animal peut souffrir. Pourtant, ça a été prouvé. » Avec la lecture, une prise de conscience sur la pollution environnementale de la production de viande (65 % des émissions d’hémioxyde d’azote, selon une étude de l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, ndlr) est possible.

Organiser le premier prix littéraire animaliste de France lors d’une Vegan Place semble donc important : en plus de la récompense, les visiteurs et autres passants vont pouvoir découvrir des associations végétariennes et/ou de protection animale ; découvrir qu’être végétarien n’est pas simplement manger des légumes ; découvrir, enfin, que d’autres modes de vie et d’alimentation existent et, surtout, sont possibles dans notre société. 

+  d'infos

Le Prix Maya Roman et le Prix Maya Bande dessinée seront remis le samedi 22 juin, sur le boulevard Heurteloup, à Tours, lors de la Vegan Place. L’heure sera communiquée ultérieurement.

Les Brèves

  • Prix Maya : mais pourquoi ce nom ?

    Maya est une éléphante capturée enfant en Asie. Elle a longtemps été détenue dans un cirque. Mais en septembre 2016, l’association One Voice s’est intéressée à elle, qui avait 49 ans, alors que ses conditions de détention ne répondaient pas aux « besoins fondamentaux de son espèce ». Son état de santé s’est dégradé et est devenu inquiétant. Plusieurs ONG affirment, après avoir vu des images, que l’éléphante était dans une condition physique « épouvantable » en septembre 2017. Une plainte a été déposée par One Voice auprès du procureur d’Agen, où se trouvait alors le cirque, pour « actes de cruauté » envers un animal tenu en captivité. L’Ordre national des vétérinaires et la Fédération des syndicats vétérinaires de France ont également condamné les conditions de vie de Maya. Malheureusement, le jugement estime que l’éléphante va bien. One Voice a lancé, dans la foulée, une pétition signée par de nombreuses personnalités. Plus tard, début 2018, le cirque attaque même l’association, réclamant le retrait de la fameuse pétition... Sans succès !

    Finalement, après un nouveau rapport d’un vétérinaire, la préfecture demande au cirque de se séparer de Maya afin de la placer dans un lieu fixe, compatible avec son état de santé. L’affaire a, une nouvelle fois, traîné en longueur. Jusqu’au 5 juillet dernier, date à laquelle l’éléphante est arrivée à Milan, en Italie, dans un parc spacieux, avec un bassin et des soins. « C’est pour toute cette histoire que nous avons donné son nom au premier Prix littéraire animaliste de France, conclut Ludivine Daumain. C’est un hommage et un symbole. Ce nom prouve que l’action et la mobilisation permet de protéger les animaux. »