Les Brèves

  • 190 000

    C’est le nombre de ménages qui seraient utilisateurs de services à la personne en 2030, soit une hausse de 19 % par rapport à aujourd’hui. 

8 000 EMPLOIS À CRÉER D’ICI 2030 !

Service à la personne 

Entre le vieillissement de la population mais aussi le renouvellement des emplois actuels, 8 000 équivalents temps plein dans les services à la personnes devraient être créés d’ici 2030 pour répondre à l’augmentation des besoins en région Centre-Val de Loire. gaela messerli

Les services à la personne sont un métier d’avenir ! En effet, ces métiers caracolent toujours dans le top 15 des recrutements difficiles en région Centre-Val de Loire mais selon la dernière étude réalisée par la Direccte Centre-Val de Loire et l’Insee, les besoins de la population risquent d’être encore revus encore à la hausse d’ici 2030. Si les tendances se poursuivent, « 190 000 ménages seraient utilisateurs » de services à la personne dans la région, rien qu’avec le vieillissement de la population. « En augmentant les tendances actuelles d’un point », ce nombre pourrait atteindre les 200 000 ménages, analysent Marion Hillau, responsable du service des études statistiques de la Direccte et Sophie Goupil de l’Insee. À cela s’ajoute les départs à la retraite des personnes qui exercent actuellement ces métiers. 1/3 des 44 700 salariés étaient – en moyenne – âgé de 55 ans et plus en 2013. Autant dire que la profession qui a déjà du mal à recruter aujourd’hui va devoir innover pour renouveler environ 5 000 équivalents temps plein en plus. Un défi qui pourrait devenir cependant une aubaine pour l’emploi local avec ces 8 000 emplois salariés à temps complet à pourvoir.

Attirer les vocations

Parmi les leviers possibles suggérés dans cette étude, il y a l’augmentation du temps plein dans une profession qui compte beaucoup de temps partiels. Toujours selon la fameuse étude, seulement 10 % des effectifs travaillent à temps complet, soit 16 500 personnes. « Il n’y a pas que des temps partiels subits » tempère Benoît Colin, directeur de l’association À domicile 45, « sur 145 salariés chez nous, la moitié est à temps complet. La présence des particuliers employeurs dans l’étude fait aussi beaucoup baisser la statistique. » Pour ce professionnel du secteur comme pour Romain Artiges, conseiller en formation d’Uniformation, l’OPCA qui gère la formation dans ce secteur au niveau des associations, il y a un problème lié aux diplômes existants comme le DEAES, diplôme d'État d'accompagnant éducatif et social, qui demande une spécialisation trop rapide « au détriment des services à domicile. On demande ce choix dès le troisième jour. Presque 100 % des étudiants choisissent l’accompagnement en structure ! » Et Romain Artiges de citer une proposition mise en place récemment de formation avec 70 CDI à la clef dans l’Indre. « Je n’ai eu que 11 candidatures ! »


« il n’y a pas que des temps partiels subits » Benoît Colin, directeur de l’association À domicile 45 


Formation et tremplin

Outre l’image du métier qui n’est pas assez valorisée, ce professionnel analyse que des rapprochements avec des secteurs proches doivent être travaillés afin de créer un parcours professionnel pour les salariés. « La formation n’est pas le problème et avant même la rémunération, aujourd’hui ce sont les perspectives d’évolution qui reviennent en discutant avec les demandeurs d’emploi. » Pour ce conseiller en formation, l’idée serait de faire de ces métiers des passerelles vers d’autres secteurs ensuite. Parmi les pistes évoquées également, il y a aussi le problème des déplacements et de la nécessité dans certaines zones géographiques du permis de conduire. De quoi orienter un peu plus le contrat de filière « services à la personne », signé en 2017 qui vise à développer et orienter la filière dans notre région. 

Les Brèves

  • Moins de recours aux services à la personne dans le Loiret

    Parmi les analyses effectuées par les services de l’Insee et de la Direccte, on peut observer un plus grand recours aux services à la personne à l’Ouest de la Région à niveau de vie identique et qui s’affaiblit en suivant l’axe ligérien vers l’Est. Un constat d’autant plus étonnant dans un département comme le Loiret avec une démographie parmi les plus importantes de la région. Au-delà de la présence de travail au noir possible mais difficile à estimer, pour Vincent Bernard, chef de service de l’Insee Centre-Val de Loire, « il y a aussi les habitudes de vie, les politiques de maintien à domicile qui sont différentes d’un département à l’autre ainsi que les structures présentes sur le territoire. »