Les Brèves

  • Où sont les centres de distribution ?

    En Indre-et-Loire, les Restos du Cœur ouvrent 20 centres de distribution d’aide alimentaire. Le dernier a été lancé il y a quelques mois, à Château-Renault. Les autres se trouvent à Tours Febvotte, au centre d’activités de Tours Europe (à Tours Nord), à Montlouis-sur-Loire, à Joué-lès-Tours, à Amboise, à Loches, à Sainte-Maure-de-Touraine, à Langeais et encore à Chinon.

    À Tours Febvotte, Tours Europe et Joué-lès-Tours, des cours de français sont également dispensés.

  • Une collecte nationale historique

    Pendant trois jours, le week-end dernier, les bénévoles des Restos ont réalisé la collecte nationale annuelle de l’association dans des magasins. En France, 76 000 personnes se sont mobilisées. En Indre-et-Loire, ils étaient près d’un millier. « On en est à 143 tonnes de denrées alimentaires récoltées, sourit Michel Flamé, le président de l’association dans le département. C’est un record. En 2018, on en avait collecté 123 tonnes. »

    Jusqu’au 17 mars, il est possible de retrouver des CD et de DVD du spectacle des Enfoirés sur la boutique éphémère en ligne des Restos du Cœur. Chacun permet de financer 17 repas complets (une entrée, une viande ou un poisson, des légumes, un laitage et un dessert).

« 25 % DE NOS ACCUEILLIS ONT MOINS DE 25 ANS »

Solidarité

Michel Flamé, président des Restos du Cœur d’Indre-et-Loire

Le week-end dernier, les Restos du Cœur d’Indre-et-Loire ont récolté des tonnes et des tonnes de denrées alimentaires lors de la collecte nationale annuelle. L’association va commencer, dès la semaine prochaine, sa campagne d’été. propos recueillis par Claire Seznec

Tout le monde connaît, de nom au moins, les Restos du Cœur. Pouvez-vous tout de même rappeler ce que c’est ?

Les Restos du Cœur ont été créés en 1985 par Coluche. Dans l’Indre-et-Loire, l’association a été constituée à cette date également. Sa mission première est de collecter et de distribuer des denrées alimentaires à des personnes dans le besoin. À l’origine, cette aide alimentaire n’était que l’hiver ; mais nous l’avons étendue à l’année entière, du 1er janvier au 31 décembre.

D’où proviennent les denrées alimentaires que vous distribuez ?

La collecte nationale annuelle, qui s’est déroulée le week-end dernier, permet de remplir l’entrepôt départemental. Il y a des conserves, des pâtes, des viandes, des fruits et légumes... Il va falloir un mois pour tout trier, vérifier, ranger.

Tous les matins, des bénévoles se rendent auprès des grandes surfaces afin de récupérer des invendus et d’autres produits qu’elles donnent. Évidemment, ils sont encore consommables et la chaîne du froid doit absolument être respectée, tout comme la traçabilité.

« on estime à 60 % les sorties positives des deux chantiers d’insertion »


Qui sont les personnes accueillies aux Restos ?

Au 1er mars, 6 500 habitants d’Indre-et-Loire étaient inscrits aux Restos. Il y a beaucoup de familles monoparentales et des retraités, notamment en zone rurale. Par contre, nous avons très peu d’étrangers, moins de 10 %, même si nous accueillons quelques migrants redirigés par des assistantes sociales. Notre credo est d’aider vraiment tout le monde. Tous les secteurs d’activité sont donc concernés. Il faut savoir que 25 % de nos accueillis ont moins de 25 ans. Ce sont des étudiants et des jeunes en situation de précarité. Et cette tendance est à la hausse, tout comme celle du nombre d’inscrits pour la campagne hivernale des Restos : cette année, on a une augmentation de 12 % par rapport à l’hiver 2017-2018. Ça n’évolue pas dans le bon sens.

Pourquoi y a-t-il toujours de nouveaux inscrits ?

Les aléas de la vie, comme les séparations amoureuses, les licenciements, le chômage, peuvent amener à une diminution des ressources et à la précarité. C’est pour cela qu’on a 20 % d’inscrits en plus chaque année. Chaque bénéficiaire doit s’inscrire deux fois, pour l’hiver et pour l’été. Il existe un barème propre aux Restos du Cœur, un barème qui se base beaucoup sur le « reste à vivre » et la composition du foyer. En plus de l’aide alimentaire, la volonté est de les faire sortir des Restos afin qu’ils retrouvent une place dans la société. Certains sont totalement désocialisés.

Comment faire pour les réintégrer ?

Dans certains centres du département, nous proposons des ateliers pour écrire des curriculum vitae, des ateliers de français ; mais aussi des microcrédits, pour acheter une voiture pour aller travailler par exemple, et de l’aide juridique car certains bénéficiaires sont perdus dans les démarches à faire. D’ailleurs, nous allons sans doute signer une convention avec les bâtonniers du tribunal de Tours pour qu’ils apportent une aide gratuite aux personnes accueillies aux Restos du Cœur. On tape à toutes les portes ! Un de nos rêves serait aussi de permettre aux enfants de partir en vacances, ne serait-ce qu’une semaine par an.

Vous gérez également deux chantiers d’insertion...

Exactement. Ils ont été créés au cours de l’année 2012. Le premier se trouve à l’entrepôt départemental, situé au marché de gros de Rochepinard, et emploie onze salariés en logistique. Ils vont d’ailleurs passer le Caces. Le second est implanté à Avoine ; il s’agit cette fois d’un jardin du Cœur, avec dix salariés. Tous apprennent à travailler, à se lever le matin. Ils montent des dossiers avec les encadrants techniques et socioprofessionnels et font des stages en entreprise. On estime à 60 % les sorties positives de ces deux chantiers d’insertion.

Qui s’occupe de toutes ces actions des Restos ?

En Indre-et-Loire, environ 600 bénévoles œuvrent aux Restos du Cœur. Certains viennent une matinée par semaine pour ranger, d’autres conduisent les camions ; d’autres encore distribuent les denrées alimentaires. Pour les ateliers et les aides de service à la personne, les bénévoles doivent avoir des compétences, en droit pour l’aide juridique par exemple. On pourrait proposer plus de cours de français à travers le département mais nous n’avons pas de bénévoles aptes et motivés pour les mettre en place. Le nerf de la guerre, c’est vraiment le bénévolat. Sans ça, les Restos n’existent pas.

Manquez-vous de bénévoles ?

Toujours ! On manque surtout des bénévoles qui acceptent des postes à responsabilité. Il faudrait un vice-président départemental pour m’aider, mais aussi un deuxième secrétaire et un responsable de l’entrepôt départemental. Ça demande beaucoup d’implication et ce n’est pas forcément évident pour tout le monde. C’est sans doute pour ça qu’il y a une grande majorité de retraités parmi les bénévoles des Restos. Heureusement, nous accueillons aussi des stagiaires d’école et des personnes en travaux d’intérêt général (TIG). L’année dernière, elles étaient quarante à nous épauler dans les tâches quotidiennes. Ce n’est pas négligeable.

Finalement, les Restos du Cœur semblent être une grosse machine, non ?

Plutôt oui, c’est passionnant. L’association fonctionne comme une entreprise, avec les mêmes obligations, la même réglementation, les mêmes frais à gérer. Mais elle ne vit qu’avec des dons. Avec eux, on peut mettre du gasoil dans les camions, c’est quand même primordial pour faire les distributions dans les centres et aller chercher les denrées à droite à gauche. En fin de semaine dernière, on a reçu 22 000 euros grâce au pot-au-feu géant des Halles de Tours. Cette somme va permettre de fonctionner, de faire des réparations et de régler différents frais.

+ d'infos

Vous pouvez retrouver tous les centres de distribution et toutes les actualités des Restos du Cœur d’Indre-et-Loire sur www.ad37.restosducoeur.org

Les Brèves

  • 300

    enfants de moins de un an font partie des bénéficiaires des Restos du Cœur d’Indre-et-Loire

  • Les restos du cœur cherchent des bénévoles

    Sur le site des Restos du Cœur d’Indre-et-Loire, quatre offres de bénévolat sont actuellement disponibles. L’association recherche sans cesse des chauffeurs poids-lourds, afin d’effectuer les trajets de l’entrepôt départemental aux centres de distribution, ainsi qu’un responsable d’entrepôt au marché de gros de Rochepinard, qui ouvre tous les matins. Plusieurs bénévoles sont aussi activement recherchés pour le centre de distribution du Château La Vallière. Ces derniers doivent être disponibles une à deux demi-journée(s) par semaine, le lundi et/ou le jeudi après-midi. Les qualités requises ? Le sens de l’accueil et de l’écoute, l’empathie, la bienveillance, la rigueur et, évidemment, l’esprit d’équipe. 

  • 1 100 000

    repas ont été distribués en 2018 dans l’Indre-et-Loire