Les Brèves

    L’ARTISANAT GARDE LE CAP

    Conjoncture

    Si le secteur peine à recruter, c’est pourtant un formidable vivier d’emplois, fait de métiers passions de proximité, qui contribuent grandement à tisser du lien social. En Indre-et-Loire, la Chambre des métiers et de l’artisanat travaille pour favoriser son dynamisme. guillaume torrent

    700 000 emplois à pourvoir dans toute la France et des besoins dans de nombreux domaines (bâtiment, alimentation, automobile, etc.). Sur le territoire national et aussi en région, l’artisanat ne demande qu’à recruter de nouveaux talents. « Le secteur a repris quelques couleurs au premier semestre 2018. 1 630 emplois ont été créés en région Centre-Val de Loire, dont 780 en Indre-et-Loire. Son poids économique n’a cessé d’augmenter sur ces dernières années. Nous souhaitons que ces bons chiffres soient confirmés au deuxième semestre mais nous craignons un bémol en raison des conséquences du mouvement social des gilets jaunes qui impacte notre secteur », confie Gérard Bobier, président de la Chambre des métiers et de l’artisanat d’Indre-et-Loire et de la Chambre régionale Centre-Val de Loire. De nombreux artisans et commerçants de proximité ont été contraints de mettre au chômage technique des employés.

    Sur la France entière, on compte près de 70 000 personnes au chômage partiel dans l’artisanat et des baisses de chiffre d'affaires de 10 à 40 % : « Si nous nous reconnaissions au début du mouvement, nous nous sommes rapidement désolidarisés. Nous ne pouvons plus tolérer de voir nos outils de travail et nos emplois de proximité détruits pendant que les géants de la vente en ligne en profitent. Stop à l’irresponsabilité ! ».

    Des opportunités à saisir

    Le tableau n’est pas totalement noir. L’artisanat, ce sont 250 métiers et 514 activités réparties dans quatre grands secteurs. Dans tous les départements de la région Centre-Val de Loire, c’est encore et toujours un secteur dynamique et un pourvoyeur d’emplois de proximité et de

    qualité. En territoire rural, comme en zone urbaine, l’artisanat est un lien social indispensable à la population. Cependant, le secteur se trouve face à une pénurie de main-d'œuvre pour répondre à ses besoins importants de recrutement. « On manque de bouchers, de couvreurs, il y a des métiers en tension sur notre territoire et partout en France, c’est assez dramatique de voir tant d’emplois non pourvus », ajoute Gérard Bobier. Les raisons sont multiples. La formation, de plus en plus perfectionnée, doit encore s’améliorer pour répondre aux demandes des entreprises car les métiers de l’artisanat ont évolué très vite ces dix dernières années, notamment avec l’avènement du numérique : « Avant on avait davantage d’emplois moins qualifiés. Aujourd’hui, les emplois de simple activité disparaissent. Un boucher de village doit savoir gérer un site de vente en ligne, ce qui aurait pu paraître inconcevable il y a une dizaine d’années ! »

    La formation, un levier de réussite

    Pour tenter de séduire les jeunes ou les personnes en reconversion, la Chambre des métiers et de l’artisanat d’Indre-et-Loire (CMA37) mise sur le développement de l’apprentissage en facilitant le lien entre les entreprises et les apprentis, via, par exemple, la bourse de l’apprentissage. Il faut aussi savoir que les emplois de l’artisanat sont de plus en plus qualifiés. Les formations initiales et continues sont devenues des enjeux majeurs. « Aujourd’hui, nous formons 45 % de CAP, alors qu’au début il s’agissait de la majorité de nos diplômés. Les BAC pro, Licences et Masters sont aujourd’hui prépondérants. Il y a aussi une forte volonté de pousser la formation continue pour les artisans et leurs collaborateurs. Nous adaptons les plannings de formation au timing des activités et des emplois du temps des salariés, avec notamment des cours du soir », note Gérard Bobier. Aujourd’hui, les jeunes ou les personnes en reconversion doivent savoir que l’artisanat offre des opportunités de carrière et que les salaires ont été réévalués. Il n’est pas impossible, pour un ouvrier boulanger, d’obtenir un salaire de 2 000-2 500 euros net par mois. L’accompagnement et l’aide aux futurs repreneurs ou créateurs d’entreprises dans l’artisanat par la CMA37 sont aussi des priorités. En effet, ils ont entre leurs mains l’avenir des entreprises artisanales de notre territoire.

    Les Brèves

    • L’artisanat à la fête cet automne

      en Indre-et-Loire

      11 954 entreprises (soit 479 de plus qu’en 2018)

      18 140 salariés

      4 grands secteurs : bâtiment (40 %), production (14 %), service (34 %), alimentation (12 %)