Les Brèves

    DE NOUVELLES PERSPECTIVES S’OUVRENT À LA RETRAITE

    BIEN VIEILLIR

    D’après une récente étude Ipsos, les Français redoutent de vieillir, même si la majorité d’entre eux estime que la vieillesse leur redonnera du temps libre pour faire ce qu’ils aiment. Claire Seznec 

    Vieillesse » rime trop souvent avec « perte d’autonomie », « perte de mémoire », et encore « mobilité réduite ». C’est d’ailleurs pour cela qu’en France, la plupart des citoyens ont peur de vieillir. D’après une étude Ipsos*, « 78 % » d’entre eux redoutent leur passage au grand âge. Ce pessimisme prend source dans la dégradation de la santé. On estime qu’un Français sur cinq estime qu’il sera en bonne santé une fois âgé. « La vulnérabilité physique, qu’il s’agisse d’une fragilisation de son état de santé, de la perte d’audition ou pire, la mort, sont largement évoquées par l’ensemble des Français, explique Yves Bardon, directeur de cette étude. On notera d’ailleurs qu’à l’inverse des autres pays du monde, cette peur devance celle de perdre des proches. »

    Néanmoins, malgré cet avenir assombri, plusieurs points positifs sont avancés par les sondés. En France, 42 % des répondants sont heureux de vieillir… pour ne plus avoir à travailler. Ce nouveau temps libre semble leur ouvrir de nouvelles perspectives, notamment pour voir leurs proches (36 %), se consacrer à leurs loisirs (32 %) ou encore voyager (26 %). Par contre, les nouvelles compétences et rencontres ne seraient pas à l’ordre du jour.

    Favoriser l’échange intergénérationnel

    Mais « vieillesse » fait également penser à la « sagesse ». Dans les pays sondés par l’étude, les citoyens tombent d’accord sur ce terme. Les personnes âgées sont considérées comme « avisées » et « respectées » et respectables. Les Français étant tout de même réputés pour être grognons, ils considèrent, eux, que la vieillesse met avant tout en avant « la fragilité » (42 %), la solitude (25 %) ou une forme d’injustice de traitement au quotidien (24 %). Ils déplorent aussi que les aînés ne soient pas respectés à leur juste valeur, du moins, moins qu’ils ne le devraient. Il faut dire que la solidarité intergénérationnelle n’est pas évidente dans notre pays : 39 % des sondés estiment que les jeunes doivent s’engager en faveur des seniors. Mais peu passent le pas.

    En Indre-et-Loire, on peut tout de même noter un projet intergénérationnel ambitieux : dans le cloître des Capucins, à Tours Nord, l’association Habitat et Humanisme s’est associée au promoteur Nexity afin de créer une maison intergénérationnelle. Il s’agit d’une première dans le département. L’idée ? Créer une entraide entre les résidents. Dans la résidence, on doit trouver un tiers de seniors à « petite pension », un tiers d’étudiants, de chômeurs et d’apprentis, et un tiers de jeunes mères isolées avec enfants. À Fondettes, un projet du même type doit être lancé cette année dans le parc de la Perrée. 

    * Étude Ipsos Global Advisor, réalisée du 24 août au 7 septembre 2018 dans 28 pays.

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