Les Brèves

  • CV

    1977

    né à Tours

    Mai 2017 

    court de Villandry à Saint-Brévin

    Avril-mai 2019 

    va courir de Bâle (Suisse) à Tours

GRÉGORY RICHARD BIEN DANS SES BASKETS

Après deux premiers défis sportifs, ce Tourangeau se lance dans une course à pied effrénée de 1 000 km. Seul, et sans assistance. Son leitmotiv ? L’amour qu’il porte à son fils. Et le dépassement de soi. Claire Seznec

Lorsqu’on se lance dans un footing, on s’arrête souvent quand on commence à avoir mal aux muscles, aux jambes, quand on commence à avoir le souffle court. Grégory Richard, lui, n’en a cure. Il continue, encore et encore, bien qu’il se considère comme un « sportif du dimanche ». « Le corps a une résilience énorme, affirme-t-il. J’en fais peut-être trop, de sport, mais c’est compliqué pour moi de ne pas aller dans le rouge lors d’une séance. » Il a commencé à courir vers l’âge de 7 ans, alors jeune enfant plutôt bagarreur, un peu tête brûlée. Après une courte pause, il a repris ses baskets il y a quelques années, avec un ami, bien décidé à faire deux ou trois marathons dans sa vie. Mais une quarantaine de kilomètres n’est pas assez pour lui. Depuis toujours, il rêve de faire « quelque chose de grand » sans savoir pourquoi. Ce qu’il avait dans la tête ? Parcourir 1 000 km en courant. Histoire de s’échauffer un peu, il est parti de Villandry, direction Saint-Brévin-les-Pins (en Loire-Atlantique, il y a deux ans, juste après le marathon de Paris. « Là-bas, j’avais trop accéléré sur les derniers kilomètres et j’ai souffert du syndrome de l’essuie-glace, une inflammation au genou, raconte-il. Mais je suis quand même parti... Jusqu’à ce que je ne puisse plus poser le pied par terre. » Ce parcours, il l’a donc fait deux fois, la première à moitié, la seconde au complet. Arrivé sur le quai de la gare, avant de prendre le train pour rentrer à la maison, Grégory Richard a décidé de faire plus et de courir un 500 km. « Je n’avais pas trouvé ce que je cherchais dans cette course, précise-t-il. L’objectif, c’est le dépassement de soi, la force mentale. » Un an plus tard, il est donc reparti, toujours avec son léger mal de genou. « J’ai enchaîné 30 heures sans dormir pour ne pas arriver sous la pluie, car je dormais dehors... » se souvient-il. Cette performance semble bel et bien incroyable. Peut-être que cette résistance à la douleur et ce désir de repousser sans cesse ses limites prennent source de son parcours de vie, « pas toujours drôle », dans lequel le sport a permis de tenir bon.


« je ne me vois pas passer tout mon temps dans le canapé... »


La Der des Ders ?

Lui qui n’aime pas se sentir emprisonné et avoir des barrières, il s’est pourtant engagé, minot, dans l’infanterie marine. Tireur d’élite, il a vadrouillé, une à deux fois par an, en opération extérieure. Quand, à 18 ans, on mange des rations militaires, on dort sur une dalle en béton dans une salle sans fenêtre, on se douche au robinet sous la neige à Sarajevo, ça forge le mental. « Dans l’armée, la cohésion existe vraiment, on ne peut pas laisser quelqu’un sur le côté, lance Grégory Richard. Dans le civil, on n’a pas ça. Si quelqu’un se fait agresser, on ne bougera pas de peur de se faire agresser aussi. » Son expérience militaire lui sert donc toujours, chaque jour presque. Il sort de sa zone de confort, apprécie les choses à leur vraie valeur sans s’y habituer. Parmi les challenges qu’il s’est lancés au cours de sa vie, on compte notamment la création de sa boutique dédiée aux produits fitness, dans le Vieux Tours, il y a sept ans. Sans diplôme, sans apport financier, avec mille idées à la seconde, il a fini par s’y poser pour conseiller au mieux les sportifs. Qu’il vende ou pas, là n’est pas sa priorité. Il veut accompagner les autres, leur permettre d’avancer, de se dépasser. Par ses défis sportifs, il souhaite également motiver ceux qui n’osent pas se lancer dans la course à pied ou dans un autre sport. Le prochain défi, d’ailleurs, commence le 28 avril au départ de Bâle, en Suisse. « Je dois arriver à Tours, sur la place Jean-Jaurès, le 11 mai, précise le Tourangeau en sortant ses cartes dont le tracé passe par une bonne partie de la Loire à vélo. En ce moment, je me prépare. Je marche, je cours, je renforce mes muscles. » Cette fois, il court pour son fils, Maël, quatre ans, son premier fan. Cette fois, aussi, cette course de 1 020 km exactement sera « sans doute la dernière ».

Les Brèves

  • Le conte des 1 001 fromages

    Le lundi 3 juin en soirée, au parc expo de Tours, un événement unique va se dérouler : la création du plus grand plateau de fromages au monde. Oui, au monde. Peut-être même va-t-il faire une entrée fracassante dans le livre des records, comme vient de l’être la plus longue tartine de rillettes, réalisée au Mans. Plus précisément, ce super plateau devrait être long de 150 mètres et se composer de 1 001 variétés de fromages, issus d’Amérique latine, de Serbie, du Japon, d’Espagne, et encore, bien évidemment, de France. Sans (presque) aucun doute, notre Sainte-Maure de Touraine préféré devrait faire partie de ce florilège fromager. Encore faut-il que l’un des producteurs remporte le Concours International, le matin même. Aujourd’hui, l’AOP Sainte-Maure de Touraine s’étend sur un million d’hectares avec 126 élevages de chèvres dont quatre nouveaux installés l’année dernière, 40 producteurs fermiers, sept laiteries et trois affineurs. Ce fromage de chèvre représente le tonnage le plus important de tout le plateau de fromages du Val de Loire ! Certes, d’après le président de l’appellation, il faut encore valoriser ce produit, « vendre le rêve qui va avec – dans le sens où il est authentique » comme il l’a récemment confié à nos confrères de France Bleu Touraine. Délicat, doux, fondant, bien frais... Le Sainte-Maure est un art à lui seul.

    L’avantage, en Touraine, réside aussi en sa viticulture. Car comment marier un bon fromage si ce n’est avec un bon vin, rouge ou blanc ? Même Honoré de Balzac, dont on célèbre les 220 ans à Tours cette année, raffolait en son temps du Sainte-Maure associé à du Vouvray, c’est dire ! La tenue du Mondial du Fromage à Tours a donc tout son sens, en y réfléchissant. Car en plus du Sainte-Maure, on compte aussi le Valençay et sa forme pyramidale, le Chavignol en crottin, le Selles-sur-Cher tout en rondeur, et aussi la Couronne lochoise, ronde et percée en son centre comme un donut’s. En Touraine, on aime le fromage de chèvre. Et lors du plateau le plus long du monde, on espère bien en voir quelques-uns du cru tourangeau.