Les Brèves

  • Le coût des « ragnagnas »

    Mardi 28 mai, nous allons fêter la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle ! Vous êtes sans doute très heureux de le savoir. Mais sachez que ce sujet demeure important aujourd’hui. Selon la région du monde où les femmes vivent, elles vivent leurs règles différemment : si pour les membres de la nation Cherokee, les femmes menstrues sont considérées comme puissantes, voire sacrées, elles sont généralement jugées sales, impures. En France, on dit bien souvent qu’elles sont « indisposées », qu’elles ont leur « ragnagnas » – ce fameux mot qui ne veut rien dire– si elles lèvent un peu le ton. Au XXIe siècle, le sujet des règles reste tabou. On parle même d’hygiène menstruelle, le sang n’étant pas très ragoûtant. Néanmoins, pourquoi ne pas utiliser les mots « protections menstruelles » plutôt que « produits d’hygiène féminine » ? Les tampons, les serviettes hygiéniques et encore les cups protègent juste les vêtements des tâches de sang. Est-ce bien hygiénique de mariner deux heures dans son propre sang ? Reste qu’elles sont bien pratiques, ces protections. Pratiques, mais pas accessibles à toutes. Dans certains pays d’Afrique et d’Asie, les produits jetables sont limités. En Occident, en France notamment, ils coûtent chers, très chers. Sachant qu’une femme en a besoin tous les mois, le budget des règles est conséquent. Certaines ne peuvent d’ailleurs pas se le permettre, lorsqu’elles sont précaires ou dans la rue. À ce propos, l’association Règles Élémentaires est arrivée à point nommé, en 2015. Elle récupère des « produits d’hygiène intime » pour les femmes sans-abri et mal-logées. Une collecte commence même à La Croix-Rouge, à Tours. Ces initiatives sont plus que louables. Le mieux serait pourtant de baisser le prix de ces produits, ou de les rendre remboursables. Les tampons et autres protections sont bel et bien des produits de premières nécessités pour une femme. Mais ça, beaucoup semble avoir du mal à l’entendre.

YOLAIN GAUTHIER MARAÎCHER PASSIONNÉ, TOUT EN SOBRIÉTÉ

Installé depuis deux ans aux Îles Noires, à La Riche, Yolain Gauthier y développe son activité de maraîchage avec le Potager de Loire. Son idée ? Produire fruits et légumes bio dans une dynamique agroécologique et permacole, qu’il fera découvrir au public avec les activités de l’Arrose Loire, un lieu convivial et associatif qui ouvrira dimanche 26 mai. Émilie Mondonça

Pendant que Yolain Gauthier repique des oignons, sous un soleil qui transforme la serre où nous sommes en parenthèse quasi tropicale, le fil de sa vie se déroule au gré des questions-réponses. Torse nu, les mains dans la terre, le jeune homme entrant dans la trentaine semble dans son élément.

Il y a quelques années encore, ce Tourangeau évoluait pourtant dans un tout autre environnement : après quelques tâtonnements en faculté de Droit puis d’AES, c’est dans l’hôtellerie-restauration qu’il débute sa vie professionnelle, après un BTS qui l’amène rapidement vers des postes de directeur d’hôtels et centres de vacances.

Retour aux sources

Megève, La Baule… Une saison en chasse une autre, jusqu’au jour de trop et à la lecture qui fait sens : « j’ai eu le déclic en me plongeant dans le livre de Pierre Rabhi, La sobriété heureuse, que quelqu’un avait laissé dans la bibliothèque partagée de l’hôtel où je travaillais. J’ai réalisé que les responsabilités que j’avais, ma position hiérarchique, les valeurs du monde dans lequel j’évoluais ne me convenaient pas ». Virage à 180 degrés ? Si l’on fouille un peu le passé du maraîcher, le parcours semble au contraire des plus logiques. Lui-même le reconnaît : « ma mère est naturopathe et phytothérapeute, j’ai grandi dans une famille où l’on se souciait du bio, de l’environnement ». Conjuguant des expériences en autodidacte autour de la permaculture avec un Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole, le jeune homme se lance dans la recherche d’une terre cultivable, qu’il trouve à La Riche, aux Îles Noires. Alors qu’enfant, il traînait des pieds pour aider son père au potager, le voici donc aujourd’hui à la tête du Potager de Loire, une parcelle d’1,3 hectare louée à Tours Métropole. Depuis fin 2017, les travaux réalisés avec le coup de main de dizaines de bénévoles n’ont pas été une mince affaire. Nettoyage, débroussaillage, arrachage des bambous et leurs rhizomes retors… Alors qu’est-ce qui a changé depuis le jardinage en famille ? « Aujourd’hui, je ne vis aucune tâche comme imposée, donc j’y prends plaisir ! ».

Au-delà de cette activité de maraîcher, c’est en effet tout son mode de vie qui a évolué depuis qu’il a claqué la porte du secteur hôtelier. Il y a bien sûr le choix de la permaculture : « cela va au-delà de l’agriculture : la permaculture, c’est prendre soin des hommes et de la terre, et partager équitablement les ressources ». En appliquant ces idées à ses terres autant qu’à son quotidien, Yolain Gauthier s’inscrit donc aujourd’hui dans une sobriété consciente, qui l’amène à vivre avec moins de revenus qu’avant, mais plus épanoui.


« la permaculture, c’est prendre soin des hommes et de la terre »

Les pieds sur terre

N’allez pas pour autant le considérer comme un doux rêveur : le cliché est battu en brèche dès qu’on s’aventure sur le calendrier ou l’organisation des parcelles. « Le projet du Potager de Loire a été très réfléchi en amont, si bien qu’il n’y a pas ou très peu d’improvisation, et tout se pense dans la durée, car il faut 3 à 5 ans pour atteindre un rythme de croisière ». Son expérience de la gestion hôtelière et la rigueur qu’exige l’agroécologie font bon ménage, puisque l’ancien terrain vague compte aujourd’hui trois serres, six espaces de culture plein champ, un verger d’environ 150 arbres, et un « Arrose-Loire » prêt à accueillir les visiteurs. « C’est un lieu convivial, on y proposera des boissons locales, parfois de la musique ou un repas, avec l’idée de sensibiliser le public à la permaculture, à l’environnement » précise Brice Lamblin de la Micro Brasserie de Tours (M.B.T). Il participe à l’aventure avec sa compagne Gervaise, autour de valeurs communes : respect de l’humain et de la nature, circuits courts… et échanges au long cours, que l’équipe espère favoriser dès le dimanche 26 mai avec l’événement « La Loire ça s’arrose », première ouverture de l’année ! 

Les Brèves

  • CV

    2010

    passe son BTS Hôtellerie Restauration

    2017

    création du Potager de Loire

    26 mai 2019

    « La Loire ça s’arrose »