Les Brèves

    ELIES, UNE HUILE AVEC DE LA BOUTEILLE

    Entreprendre en Touraine

    Depuis trois ans, Lauren Perriot, jeune entrepreneuse, navigue entre la Touraine et la Grèce afin de valoriser l’huile d’olive du sud du Péloponnèse et ses producteurs. Elle a créé la marque Elies, unique marque française d’huile d’olive traçable. Et c’est un succès. Claire Seznec

    Comme pour un vin, Lauren Perriot goûte l’huile d’olive, en détecte les notes de piquant, d’amertume et de fruité. Pas dans un verre à pied, mais dans une petite cuillère. Pas en bord de Loire, mais en Grèce, au Sud du Péloponnèse pour être plus exact, chaque mois de novembre.

    Pour comprendre cette attirance pour l’huile d’olive grecque, il faut d’abord plonger dans les vacances estivales de la trentenaire tourangelle, lorsqu’elle était enfant et que ses parents l’emmenaient en Grèce, pays avec lequel elle a tissé de forts liens. Puis, le temps nous emmène en 2013, en pleine crise économique. « J’étais une jeune diplômée et je n’ai pas vraiment trouvé l’emploi de mes rêves, avec la reconnaissance qui va avec, se souvient-elle. Alors je me suis expatriée en Grèce, en hiver, la saison de l’huile d’olive, pour travailler. » Entre les oliviers, arbres majestueux, Lauren a découvert tout un monde, loin de la ville, avec des personnes souriantes, confiantes, sans stress. Motivée, elle a donc proposé au producteur avec lequel elle a travaillé de vendre son huile « correctement en la valorisant » pour faire face au marché fortement détenu par l’Italie. Après trois ans de travail pour monter son projet, trouver des fonds et créer un univers, la marque Elies (« olive » en langue grecque) est née à Chédigny. Le concept ? Vendre une huile d’olive grecque traçable de la parcelle où le fruit a été récolté à la bouteille grâce à un flashcode.


    « l’huile d’olive est la seule huile comparable à un vin »


    Tout en transparence

    « Tous les ans, il y a un scandale : certaines huiles d’olive vendues par de grands groupes comme « extra vierges » (avec un taux d’acidité faible) sont, après analyses, simplement « vierges », explique Lauren. C’est triché sur la qualité ! » Forte de ce constat, la jeune entrepreneuse part du principe que les consommateurs peuvent et doivent savoir qui est et d’où vient le producteur et son produit. Chaque huile Elies provient d’une seule parcelle, cultivée par un producteur, afin de ne pas mélanger les goûts fruités et amers. Quelques fois dans l’année, des tonnes d’huile d’olive arrivent dans son atelier d’embouteillage, à Beaulieu-lès-Loches. Seule, elle les verse dans des bouteilles et bidons opaques, l’huile d’olive étant photosensible. Dans leur fond, parfois, de la pulpe d’olive reste, témoin d’un produit non filtré, non transformé. L’an dernier, deux tonnes d’huile d’olive Elies ont ainsi été vendues. Cette année, ce sera sans doute le double. Rien qu’en Indre-et-Loire, il existe 26 points de vente, dont des grandes surfaces « en pleine transformation » question consommation. Au mois d’août, Lauren va prendre l’avion, direction la Grèce, afin de trouver un nouveau producteur pour Elies. Mais d’ici là, elle doit embouteiller, encore, une ou deux tonnes d’huile, les livrer, donner des interviews à des médias nationaux, garder le lien avec les autres producteurs. Le rêve ultime de la jeune femme ? Avoir sa propre parcelle d’oliviers, au Péloponnèse, pour fabriquer son huile d’olive à elle. 

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