Les Brèves

    NOS CENTRALES SONT-ELLES INQUIÉTANTES ?

    Nucléaire dans le Centre-Val de Loire

    Même si le bilan 2018 de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) est plutôt satisfaisant pour les centrales de la région Centre-Val de Loire, celle de Belleville-sur-Loire reste sous surveillance renforcée. G.M

    L’ASN a présenté la semaine dernière son bilan 2018 en région Centre-Val de Loire. La division d’Orléans a ainsi mené 101 inspections d’installations nucléaires sur les sites de Belleville-sur-Loire, Chinon, Dampierre-en-Burly et Saint-Laurent-des-Eaux. Même si, dans l’ensemble, la copie est plutôt satisfaisante, il y a encore des efforts à faire, notamment pour Belleville (Cher), sous surveillance renforcée depuis septembre 2017. Malgré des progrès notables, ses performances en matière de sûreté « restent toujours en retrait. Même si la qualité des informations transmises est en amélioration, il y a eu un manque de rigueur dans la conduite de l’installation. Mais cela peut évoluer dans l’année. »

    Du côté de Dampierre (Loiret), l’ASN note « une bonne implication de la filière, mais la surveillance des prestataires et la qualité des activités de maintenance reste à améliorer », notamment en matière de gestion des risques liés à l’incendie. En revanche, les performances au niveau de l’environnement, notamment de la maîtrise et prévention des pollutions, ainsi qu’en matière de radioprotection, sont insuffisantes. À Chinon (Indre-et-Loire), l’ASN observe un « un bon niveau de sûreté et une bonne tenue globale. Au niveau radioprotection, il y a une bonne intégration des règles. C’est l’un des meilleurs sites en France sur ce point. » Une amélioration est cependant attendue au niveau de la gestion des risques incendie et explosion, et de nombreux écarts ont été constatés concernant la prise en compte des risques légionnelles, amibes et gestion des déchets. La centrale de Saint-Laurent-des-Eaux est quant à elle « dans la moyenne. » L’ASN constate une bonne tenue générale des chantiers et un bon état du matériel, mais pointe un manque de rigueur dans l’exploitation et la conduite des installations par rapport aux années précédentes.

    Démantèlements en vue

    Deux centrales en Centre-Val de Loire sont concernées par un démantèlement : Chinon, qui compte trois anciens réacteurs nucléaires appartenant à la filière UNGG (Uranium-naturel-graphite-gaz), et Saint-Laurent, qui en possède deux également. Le démantèlement de Chinon –

    qui a déjà commencé pour la partie hors caisson – doit servir de modèle d’expérience pour les autres centrales possédant ce type de réacteur. Une consultation publique doit avoir lieu avant la fin de l’année. La position de l’ASN est aussi attendue dans les mêmes horizons sur la méthode de démantèlement envisagée, sachant qu’il faut compter une trentaine d’années pour ce genre d’opération. 

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    • Le médical à améliorer

      Ce n’est pas le domaine auquel on pense en premier lorsque l’on parle de nucléaire, mais pourtant… L’ASN, même si elle ne pointe pas d’anomalie grave, souligne des efforts à faire en matière de radioprotection et d’optimisation des doses. Ceux-ci doivent passer par la présence d’un physicien médical dans ces services et la formation continue des personnels.