Les Brèves

  • Qu’est-ce que la Biennale d’architecture d’Orléans ?

    La toute première Biennale d’architecture d’Orléans s’est tenue de la mi-octobre 2017 au 1er avril 2018 en plusieurs lieux : devant la médiathèque d’Orléans, dans la rue Jeanne d’Arc (Orléans), au Théâtre d’Orléans et encore au Pôle des arts urbains (Saint-Pierre-des-Corps) et aux Tanneries (Amilly). Cet événement intitulé « Marcher dans le rêve d’un autre permet de questionner les architectes et les artistes sur leur « manière d’aller marcher dans nos rêves et nos peurs pour revenir et contre notre histoire ». Cette année, pour ma 2e édition, elle s’appelle « Nos années de solitude ». Elle doit débuter le 11 octobre prochain. Mais pour l’heure, le secret reste entier sur les expositions... Si ce n’est qu’une d’entre elles est délocalisée à Azay-le-Rideau jusqu’en fin d’année.

DANS LA SOLITUDE DES IMMEUBLES

AZAY-LE-RIDEAU

Abdelkader Damani, directeur du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) du Centre-Val de Loire

À Azay-le-Rideau se tient actuellement l’exposition « Tours de Babel », préambule de la 2e Biennale d’Architecture d’Orléans. Elle raconte l’histoire des tours qui poussent dans nos villes à travers le monde. Des tours à habitat collectif mais où la solitude règne pourtant. propos recueillis par Claire Seznec

En 2017, le Fonds régional d’art contemporain (FRAC) du Centre-Val de Loire a lancé une Biennale d’architecture à Orléans. Cet automne il remet ça. En amont, dans ce cadre, une première exposition se déroule à Azay-le-Rideau. Pourquoi ?

Il s’agit d’un préambule à la 2e Biennale qui commencera en octobre. Cet événement, projet du FRAC, a une vraie identité : elle est reliée à ses missions et à ses collections. La mission première est d’être acteur de et sur son territoire, c’est-à-dire la région. On a fini par construire de grands bâtiments centralisés mais on n’aurait pas dû. Maintenant, on essaie de trouver une ville, un lieu avec lequel créer un projet important. En 2017, c’était aux Tannerie d’Amilly. Cette année, c’est à Azay-le-Rideau et l’exposition s’intitule « Les Tours de Babel ».

Que raconte cette expo ?

La Biennale en elle-même se nomme « Nos années de solitude ». Elle explore le paradoxe de la solitude : tout le monde veut être seul et, en même temps, en a peur. La question est : l’architecture donne-t-elle la capacité de s’isoler ou pas ? La tour, avec cette forme phallique – il faut le dire, est un fantasme. Elle se dresse seule, toujours plus haute, tout en étant un endroit collectif... Dans lequel les habitants souffrent de solitude car il n’y a aucune relation de voisinage. L’exposition d’Azay-le-Rideau reprend donc l’évolution de ce type de construction, des années 1960 aux années 2015-2016. Elle s’intéresse aussi aux séparations des peuples, à Babel dans la Bible, mais aussi dans les habitats collectifs.

De quoi se compose-t-elle ?

Au centre, des maquettes forment un paysage de tours. Autour, on trouve un ensemble de dessins de ces constructions, en 2D. Au total, il y a une quarantaine d’œuvres et de projets d’architecture expérimentale : quatorze maquettes d’architecte et 27 dessins présentés, le tout sur 180 m2. Toutes viennent de nos réverses.

Ça doit être compliqué de les déplacer, non ?

Il faut avoir une super équipe ! (rires) Plus sérieusement, pour transporter ce genre de maquettes, il existe des caisses spéciales. Tout est planifié : créer une exposition est une affaire artisanale, c’est très pratico-pratique. Beaucoup de conditions doivent être réunies pour le faire, ce n’est pas simple ; d’autant qu’il faut manipuler les œuvres avec minutie et sécurité. Pour ça, des régisseurs et des monteurs d’expo sont sur place, à Azay-le-Rideau. Ils sont épaulés par les services de la Ville.

« Une collection publique appartient au peuple de France » Abdelkader Damani, directeur du FRAC

Qu’allez-vous faire des œuvres, après ?

« Les Tours de Babel » restent à Azay-le-Rideau jusqu’au 22 décembre, alors que la Biennale aura commencé. À la fin, dans le cadre du bureau des cadres du FRAC, le public va pouvoir repartir avec un dessin, celui qu’il préfère ou qui lui parle le plus, chez lui, pour un ou deux mois.

Pourquoi faire ?

L’intérêt est de revenir à la base de ce qu’est l’appropriation d’une œuvre, de vivre avec. Un amateur a la possibilité de dire « ça me plaît, j’ai envie de vivre avec ce dessin ». La seule obligation est qu’il doit inviter ses voisins, ses amis, pour raconter l’œuvre afin de la faire connaître. Il ne faut jamais oublier qu’une collection publique appartient au peuple de France. Le FRAC est quand même l’essence de tout ça. 

+ d'infos

Salle des Halles, à Azay-le-Rideau. Jusqu’au 22 décembre 2019. Entrée : 4 €, moins de 18 ans gratuit.

Les Brèves

  • 7 raisons d’y aller

    1- Célébrer l’imagination et l’héritage des architectes contemporains.

    2- Partager les connaissances

    de la médiatrice culturelle.

    3- Comprendre la place

    et le rôle de l’architecte dans

    l’art et la société.

    4- Découvrir des maquettes, des dessins, des collages et des films.

    5- Sensibiliser le grand public, les écoliers et les élèves à l’art et à l’architecture.

    6- Profiter d’un instant de fraîcheur culturelle pendant la chaleur estivale.

    7- Se photographier avec

    le passe-tête Tours de Babel.