Les Brèves

  • CV

    1952 

    né dans la Nièvre

    1987

    crée la Cie du Petit Monde

    2018

    prend sa retraite

MARC BRAZEY DU BOUT DES DOIGTS

Après une vie remplie de spectacles de marionnettes en France et dans le monde entier, Marc Brazey a décidé de se poser. Pour autant, il n’oublie pas sa bonne trentaine d’années passée à créer des spectacles pour les enfants. Mais sans nostalgie dévorante. Claire Seznec

Jules Verne, Kerouac… Dans la bibliothèque du jeune Marc Brazey, les auteurs de récits d’aventure s’entassent. Aujourd’hui encore, ces goûts pour la lecture et pour le voyage le tiennent par le cœur. D’ailleurs, d’ici quelques mois, il va repartir, sac sur le dos, en Asie, l’un des continents qu’il affecte le plus, ou peut-être en camion aménagé, quelque part en France. Depuis qu’il a pris sa retraite en mars dernier, il laisse couler ses journées, marche plusieurs kilomètres le matin, tond la pelouse quand il en a envie, se repose. Jusqu’à présent, à raison d’environ 70 heures par semaine, Marc a vécu de son métier, de sa passion : la marionnette. « Vous savez, j’ai bac -2, je suis un peu fainéant et je suis parfois grossier, confie-t-il. Mais à partir du moment où j’ai trouvé ma voie, je ne me suis plus arrêté. » C’était en 79, un peu par hasard, par le biais d’un ami. Après une scolarité en dents de scie – « j’ai fait sept établissements pour cinq classes », et une dizaine d’années à alterner petits boulots et voyages en routard, il a accepté d’être régisseur pour la compagnie La Tortue magique, à Orléans, un job où il fallait toucher à tout. Au bout de huit ans, Marc s’est lancé avec sa propre compagnie, le Petit Monde, d’abord dans l’Orléanais, puis à Avoine. « Au départ, je ne voulais pas bouger d’Orléans, et puis la Région m’a proposé d’aller m’installer en Touraine, seul département dans lequel je me voyais vivre, raconte Marc. Ça devait être Chinon. Finalement, ça a été Avoine, dont je ne connaissais même pas le nom à l’époque ! » Son projet artistique et culturel pour la communauté de communes a permis, dans la foulée, la construction de l’actuel salle de spectacle de la commune, un bâtiment bien loin de l’ancien, « vétuste ».


« il n’y a pas besoin de mot pour s’exprimer »

Des centaines de scènes

La première année a été dense : dans son break, Marc a tourné « comme un malade » (252 dates) dans les écoles de France avec son spectacle. « J’ai pu acheter une machine à écrire, des projecteurs, se souvient-il. Et puis, on a fini à huit marionnettistes. Ça tournait fort ! » Les spectacles se sont ensuite enchaînés pendant trente-et-un ans. L’un d’eux, Toc Toque, s’est bien baladé à travers le monde (Israël, Vietnam, Brésil, Roumanie…) avec ses 998 kilos de matériels. D’année en année, Marc a remplacé les marionnettes humanoïdes par d’autres objets. « Avec deux tasses à café et un bloc de papier, on peut arriver à faire quelque chose », affirme-t-il. Rapidement, il a aussi arrêté le texte, estimant qu’il n’était pas dramaturge et qu’il faut un certain niveau d’écriture pour écrire un spectacle. Et puis rien qu’avec la scénographie, « il n’y a pas besoin de mot pour s’exprimer ». Son dernier show, sur le vin, se compose d’ailleurs de tire-bouchons et de bouchons en liège, tous se mouvant sur des musiques de films au rythme de l’histoire du vin. « J’ai des gros bouquins épais comme ça (il mime l’épaisseur de ses doigts), des trucs du CNRS, décrit le marionnettiste. Mais ce n’est pas juste scientifique, ce spectacle. » Il le qualifie d’ « humoristico-pédago-œnologique », sans être à 100 % du divertissement et de la blague car « le nez rouge », ce n’est pas son truc même s’il aime « déconner ». Fêtard comme il est, soixante-huitard un peu fatigué, il continue de croquer la vie. Chez lui et sa femme, plasticienne et marionnettiste aussi, des artistes passent dîner végétarien, dormir « à la maison », avant d’aller bidouiller dans le grand atelier de la Compagnie du Petit Monde. Après 39 ans dans la marionnette, Marc retient les belles personnes qu’il a croisées, celles qui ont du caractère, celles qui font des choses. « Il y a un temps pour tout dans la vie », souligne-t-il. Désormais, finies les tournées internationales. La notion de prendre le temps et de prendre du temps pour soi prend tout son sens. 

Les Brèves

  • Ralenti estival

    En ce début du mois de juillet, après l’effervescence du premier semestre, les annonces locales et nationales à tout-va et les multiples histoires liées au baccalauréat, les vacances sont bel et bien là. Ou vont plus ou moins arriver pour certain.es. Cela fait donc une semaine que tout semble s’être arrêté. À Tours, les élus ont vécu leur dernier conseil municipal avant le mois de septembre. Dans les rédactions des journaux locaux, on reçoit de moins en moins de mails et de coups de téléphone. Les associations, les particuliers, les politiques, les commerçants, les entreprises diverses et variées... Tous semblent se concentrer sur autre chose. Car les vacances, c’est aussi dans la tête ! Le repos. Après des mois à tenter de bien bosser, d’avancer professionnellement, de maintenir des relations positives avec les collègues et le boss, on en rêve tous, avouons-le. Savez-vous que l’être humain possède, en moyenne, une capacité de concentration de 45 minutes ? Pour certains c’est un peu moins, pour d’autres plus. On peut donc se dire que les réunions de deux voire trois heures pour blablater et ne rien dire sont inutiles. Sans elles, les tâches avanceraient plus rapidement et surtout seraient mieux réalisées. Sans elles, tous les salariés de France seraient peut-être moins épuisés moralement et seraient peut-être plus contents de leur boulot.

    Mais pas de panique ! Qu’ils restent chez eux faire des barbecues, qu’ils aillent barboter à la mer, qu’ils s’envolent vers d’autres contrées, ils vont revenir comme si de rien n’était. Les quelques jours, quelques semaines, parfois les deux mois de repos auront été bénéfiques : ils auront tout bonnement oublié leur fatigue et tout ce qui les mine au travail. Finalement, est-ce à ça que servent les vacances d’été ?