Les Brèves

    L’INDRE-ET-LOIRE ORGANISE LA LUTTE

    Grenelle départemental des violences faites aux femmes

    Alors que le Grenelle départemental des violences faites aux femmes se prépare à Tours, la préfecture d’Indre-et-Loire souhaite rendre obligatoire une formation sur le sujet à destination des forces de l’ordre. Impossible ? Pas sûr, comme en témoigne le centre d’accueil et d’orientation des femmes victimes à SOS Médecins, à Tours. Caire Seznec

    Les féminicides* deviennent un véritable sujet dans les médias et chez les politiques. Depuis le début de l’année et à l’heure où nous écrivons ces lignes, 101 femmes ont été tuées en France, souvent par leur compagnon ou ex-compagnon, dont quatre en Indre-et-Loire. « C’est vraiment beaucoup », assène d’ailleurs Corinne Orzechowski. En Touraine, deux des agresseurs se sont donné la mort suite à leurs actes mais un juge a tout de même été saisi. Les deux autres font l’objet d’un dépôt criminel à la maison d’arrêt de Tours. Mais les violences conjugales n’aboutissent pas toujours au décès de la victime. Nombre d’entre elles survivent physiquement. Chaque mois, depuis avril, « onze auteurs de violences à l’encontre d’une ou plusieurs femmes sont présentés » au Tribunal correctionnel de Tours. Si la plupart écope d’obligations de soins, d’interdictions de contacter les victimes, « la réponse judiciaire ne suffit pas » et un réel suivi des hommes violents doit être mis en place.

    Former les forces de l’ordre

    À Tours, il y a quatre mois, un centre innovant a ouvert dans les locaux de SOS Médecins. Unique en France, ouvert toute l’année, de jour comme de nuit, il permet aux femmes victimes de violences physiques d’être écoutées, orientées et accompagnées dans les premières démarches. Le parcours médical, psychologique, juridique et social est ainsi facilité. « 98 dossiers ont été ouverts depuis le mois d’avril, précise le docteur Phu, l’un des initiateurs du centre. Parmi eux, il y a 21 cas de violences entre conjoints et 5 % des victimes ont bénéficié d’un relogement via le 115. » Les autres dossiers concernent des violences intrafamiliales ou extrafamiliales. Dans ce centre, les femmes viennent spontanément, parfois des communes alentour. L’accès direct au commissariat depuis le centre permet une action rapide. « Il y a une implication plus forte qu’avant des forces de l’ordre sur ce sujet, affirme le docteur Phu. On peut étendre cette capacité d’accueil dans d’autres structures. » Mais aujourd’hui, aucune formation à l’accueil des victimes de violences n’est obligatoire pour les forces de l’ordre (police et gendarmerie). Jusqu’à présent, environ deux policiers se forment chaque année auprès de la déléguée aux droits des femmes d’Indre-et-Loire. Trop peu. La préfecture souhaite rendre obligatoire une formation concrète de trois jours. Avant le mois de janvier, une trentaine de policiers et de gendarmes (accueil, téléphone, dépôt de plainte) vont la suivre. Une deuxième vague devrait être organisée pour généraliser la formation pendant l’année 2020. 

    *un féminicide est un meurtre d’une ou plusieurs femmes/filles en raison de leur condition féminine

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