Les Brèves

    À LA SOURCE DE LA BRUTALITÉ

    Auteurs de violences conjugales

    à Tours, le dispositif Athoba, géré par Entraide & Solidarités, prend en charge des thérapies pour les hommes auteurs de violences conjugales. C’est le seul en région Centre-Val de Loire. C.S.

    Dans le pôle santé de l’association Entraide & Solidarités, une équipe de psychologues cliniciennes spécialistes des psychotraumatismes et des violences conjugales œuvre depuis douze ans. Chaque année, elle prend en charge une soixantaine d’auteurs de violences conjugales orientés par la justice tourangelle. Depuis 2016, le dispositif, nommé Athoba, accueille également les femmes auteures de ces violences même si elles ne représentent qu’1 % des auteurs. « Il est important de libérer la parole des victimes mais aussi celle des auteurs, affirme Véronique Livera, responsable du secteur santé de l’association et à l’initiative d’Athoba. S’ils ne s’expriment pas, la cause des femmes n’avancera pas. »


    « il est important de libérer la parole des victimes mais aussi celle des auteurs de violences conjugales » Véronique Livera, à l’initiative d’Athoba

    Jusqu’à 95 % de non-récidive

    Plusieurs actions sont menées pour amener les auteurs de violences conjugales à réfléchir sur le couple et sur ce qui amène leur violence : la prise en charge clinique individuelle, les stages de sensibilisation, et les groupes de parole. Ceux-ci sont le volet principal d’Athoba. Ils poussent à la responsabilisation. « L’intérêt est qu’il y a une écoute mutuelle, un sentiment de cohésion, précise Véronique Livera. Quelqu’un qui arrive peut sentir de l’espoir en voyant ceux qui ont progressé sur le sujet. » Ces groupes permettent, à terme, de réduire la récidive des hommes violents, que ce soit envers leur compagne actuelle ou les futures. Chaque auteur du dispositif est aussi évincé du domicile conjugal et installé dans un appartement. En une dizaine d'années, le taux de non récidive des anciens auteurs de violences conjugales passés par Athoba oscille entre 90 et 95 %. « Ça s’avère assez efficace, souligne la responsable. Pourtant, le gouvernement a bloqué les subventions pour ce genre de dispositif à destination des auteurs... En plein Grenelle contre les violences conjugales, c’est paradoxal. » Malgré l’engagement de la préfète et du procureur d’Indre-et-Loire, Athoba a un budget déficitaire depuis plusieurs années. Le dispositif se heurte à des difficultés pour pérenniser ses actions. 

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