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    chefs-d'œuvre constituent la collection du musée du compagnonnage de Tours

LES EXPOS ESTIVALES REVIENNENT EN 2020

Musée du compagnonnage

Arrivée à la direction du musée du compagnonnage de Tours en juillet, Virginie Tostain souhaite mettre à l’honneur les jeunes compagnons. L’année prochaine, une exposition estivale va permettre aux touristes et aux Tourangeaux de (re)découvrir le compagnonnage bien vivant du XXIe siècle. Claire Seznec

En plein cœur de Tours, le musée du compagnonnage est le 2e site le plus visité de la ville par les touristes étrangers après la cathédrale Saint-Gatien avec environ 45 000 visiteurs par an. Mais d’où vient un tel engouement ? « On ne trouve pas ce musée ailleurs, répond Virginie Tostain, directrice du site depuis deux mois. En France, seulement deux musées dédiés au compagnonnage sont publics. » Et le lieu a la particularité de regrouper des objets et des chefs-d'œuvre des trois sociétés de compagnonnage existantes sur notre territoire : l’Union compagnonnique des devoirs unis, la Fédération compagnonnique des métiers du bâtiment et l’association ouvrière des compagnons du devoir et du tour de France. Ces sociétés, aussi appelées mouvements, réunissent chacune de nombreux métiers artisanaux.

Un échange de savoirs

Mais, au fait, qu’est-ce donc que le compagnonnage ? Beaucoup de mystères planent autour de ces sociétés et de leurs activités. Pourtant, il s’agit simplement d’un « réseau de métiers, de formation, d’entraide et de transmission ». Pour un artisan, une formation auprès des compagnons, lors d’un véritable tour de France des ateliers, permet de se perfectionner. « Il apprend par les voyages, par les échanges de savoir-faire, explique Virginie Tostain. Au terme de son tour de France qui dure entre trois et cinq ans, il réalise un chef-d'œuvre, une pièce qu’il présente aux compagnons pour intégrer telle ou telle société. » Ce rite identifie particulièrement le compagnonnage. De nombreuses iconographies attestent de ces moments à partir du XVe siècle. Aujourd’hui, le cérémonial compagnonnique vit toujours.

Faire témoigner les compagnons

Le musée du compagnonnage de Tours exprime le message de ces sociétés grâce à des traces matérielles. Des milliers d’outils lui ont été donnés au fil des années. Des chefs-d'œuvre montrant la maîtrise technique et l’aboutissement de l’art des artisans y sont exposés toute l’année. Certains métiers présentés ont disparu, d’autres ne font plus partie d’aucune société actuellement. D’autres, encore, continuent d’exercer leur compagnonnage. Ces dernières années, les nouveaux compagnons ont réalisé des pièces de plus en plus modernes, ancrées dans leur époque. Afin de mettre en avant l’existence bien réelle du compagnonnage en France aujourd’hui, Virginie Tostain, fraîchement arrivée à Tours, souhaite relancer une exposition estivale. La première devrait être « une rétrospective sur les 20 ans du XXIe siècle dans le compagnonnage », avec des pièces récentes et, surtout, des témoignages de jeunes compagnons. Elle ouvrira ses portes au mois de juin 2020. 

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