Les Brèves

  • 400 €

    C’est le loyer moyen d’un logement en béguinage à Tours, soit le prix standard des logements sociaux

LE BÉGUINAGE ATTIRE LES SENIORS

Dans le quartier Monconseil, la résidence La Tourangelle a ouvert ses portes en juin dernier.

À son initiative se trouve l’association Vivre en béguinage qui propose aux personnes âgées de vivre ensemble tout en gardant leur autonomie. Caire Seznec

C’est une première à Tours, et même en région Centre-Val de Loire : une résidence en béguinage a ouvert ses portes à la mi-juin dans le quartier Monconseil, à côté d’une station de tramway. Mais qu’est-ce donc que le béguinage ? Historiquement, ce terme concerne des lieux où vivaient des communautés religieuses, souvent peuplées de femmes célibataires. Ces dernières années, en France, le concept a été relancé par l’association perpignanaise Vivre en béguinage. La résidence La Tourangelle est la 5e du genre en France :

« il s’agit d’un petit collectif de seize logements allant du T2 au T3, avec un parking, un balcon, permettant aux personnes du 3e et du 4e âge de vivre et de vieillir dans un environnement paisible et en sécurité », explique Christophe Baiocco, le président de l’association. Cet habitat inclusif place l’Humain au cœur de tout. Il repose sur quatre grands piliers : l’aide et l’inclusion sociale des personnes fragiles ; la sécurité de la vie à domicile ; le soutien à l’autonomie ; et le soutien à la convivialité, « une des dimensions essentielles » pour nos seniors. Pour entrer dans une résidence en béguinage, les personnes doivent adhérer à l’association et suivre les différentes réunions d'information. « En France, la demande augmente car ce mode d’habitat se situe entre la maison qui devient trop grande et l’hébergement en institution (maison de retraite, Ehpad...) », précise Christophe Baiocco. Dans cette nouvelle résidence, les logements sont entièrement adaptés aux personnes à mobilité réduite et sont accessibles par un ascenseur. Chaque jour, Laurent, le gardien veilleur, travaille sur place.

« une grande maison avec plein de gens bienveillants »

De 60 à 89 ans

Car vivre proche d’autres personnes n’est pas une fin en soi. Le béguinage est aussi un lieu de rencontres et d’échanges entre les résidents qui sont d’ailleurs, à 90 %, des résidentes. Laurent les connaît tous et les croise souvent dans les couloirs ou dans la salle de convivialité. Il est à la fois médiateur entre les habitants et l’association, bricoleur, homme de ménage, comptable, parfois taxi lorsqu’un nouveau résident arrive tard en ville... « L’intérêt, c’est la vie commune, la bonne humeur », soutient-il. Et en trois mois d’existence, la résidence tourangelle semble bien se porter et se remplit rapidement. Aujourd’hui, les habitants sont âgés de 60 à 89 ans. Certaines résidentes partent en vadrouille en voiture, comme de vieilles copines ; d’autres vont faire leurs courses en tram ; d’autres encore se promènent dans le quartier. Surtout, elles gardent toutes leur indépendance et leurs activités, comme Marie-Cécile. À 84 ans, elle avait toujours rêvé d’une « grande maison avec plein de gens bienveillants » où chacun partage sa vie tout en gardant son intimité. Chaque semaine, elle se rend à son cours de peinture, à son groupe de lecture. Pour elle, se sentir entourée au quotidien « fait du bien ». Laurent, le veilleur, frappe à la porte lorsqu’il n’a pas de nouvelles durant quelques jours. Les voisins et voisines viennent boire un café, discuter, voire fêter un anniversaire. Tout comme Patricia, jeune retraitée célibataire, et Anne, handicapée, les béguins, comme on les nomme, ont cherché et trouvé dans ce mode de vie un environnement « sécurisant » et « agréable », un peu comme dans un petit village. Même la famille et les amis peuvent rendre visite aux résidents puisque des chambres d’hôte ont été aménagées dans ce cadre. Elles sont réservées et utilisées par chacun, ce qui anime toujours ces lieux intergénérationnels. 

+ d'infos

Vous voulez en savoir plus et découvrir les autres béguinages de l’association ? Rendez-vous sur www.vivre-en-beguinage.fr

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  • Le seul manque ? Une épicerie

    Le quartier Monconseil est tout nouveau à Tours. Les bâtiments sont sortis de terre, neufs, blancs, presqu’immaculés. Dans la rue principale, la rue Daniel-Mayer, on trouve un fleuriste, une pharmacie, un audioprothésiste, une boulangerie... Mais aucune épicerie ou autre commerce de proximité du même acabit. Pour les béguins de La Tourangelle, cela manque énormément. Ils sont obligés de prendre la voiture ou le tramway pour aller faire leurs courses, malgré leurs 75 ans d’âge moyen. Récemment, la Ville de Tours a annoncé l’ouverture d’un Carrefour City de 500 m2 pour le 18 décembre ainsi que d’une pizzeria. Un marché hebdomadaire pourrait même s’installer sur la place Pierre-Gandet à partir du printemps prochain.