Les Brèves

  • Les jeunes parlent aux vieux

    En un an, de 2017 à 2018, les arrêts maladie ont augmenté d’environ 10 % en Indre-et-Loire. Un taux assez énorme dévoilé par la Caisse primaire d’assurance maladie du département. L’an dernier, donc, plus de 200 000 arrêts ont été recensés. Depuis le début de l’année 2019, la courbe ne s’inverse pas puisque déjà plus de 127 000 arrêts de travail pour maladie et/ou congés maternité/paternité ont été comptabilisés. En majorité, ils durent moins de six jours et touchent les 25-49 ans. Mais les plus jeunes sont également impactés.

    Alors bien entendu, il y a les grippes, les angines, les appendicites, les opérations diverses. La raison médicale n°1 est le mal de dos et les troubles musculo-squelettiques. Mais ce bond pourrait prendre source dans le travail lui-même, ou du moins dans la manière de le vivre au quotidien. Les troubles anxieux et les dépressions liés au travail se multiplient et deviennent l’une des causes les plus fréquentes des arrêts. De plus en plus de salariés « tombent en burn-out » avant l’âge de 30 ans, soit quelques années après avoir intégré le marché du travail. Le burn out (syndrome d'épuisement professionnel) des jeunes devient même fréquent : sentiment d’être vidé par son job, d’être stressé, d’être fatigué tout le temps. Voire incapacité à se rendre au bureau. Le craquage arrive le plus souvent en cas de harcèlement, de surmenage, avec des horaires à rallonge mais surtout un manque de reconnaissance professionnelle. Si le vieux monde n’en a cure, de cette fameuse reconnaissance, les nouveaux patrons et surtout leurs employés y sont vigilants : le salarié ayant le sentiment de devoir s’investir dans l’entreprise pour que « ça marche » en termes de productivité et de compétitivité, il attend un juste retour. Un « merci », des encouragements, une hausse de rémunération sans avoir à la demander, une écoute. Car la performance dépend des conditions de travail. Les plus jeunes en ont conscience. Quand les anciens vont-ils se réveiller ?

LES GRAINES DE LA BIENVEILLANCE

Michel Crèvenat

Pharmacien, spécialiste de l’homéopathie et de l’aromathérapie, Michel Crèvenat a construit sa vie tout en bienveillance et en respect. Son chemin de vie ? Aider, conseiller les autres du mieux qu’il peut, de son œil patient et alerte. Claire Seznec

De bon matin, vous pouvez entendre sa voix sur les ondes, quelques minutes, sur France Bleu Touraine. Hier, il expliquait les bons usages des huiles essentielles. Aujourd’hui, il raconte les bienfaits du romarin. Pharmacien de formation, Michel Crèvenat a commencé la radio par pur hasard, et ça lui plaît pas mal. Il y a une dizaine d’années, alors qu’il rentrait de vacances, son directeur lui dit : « tu as rendez-vous avec un journaliste pour parler d’aromathérapie ». Car Michel Crèvenat n’est pas un pharmacien comme les autres. Dès le début de ses études, il s’est intéressé aux bienfaits de l’homéopathie, de la phytothérapie, de l’aromathérapie. « Au départ, je voulais me spécialiser en biologie et en analyses médicales, j’adorais ça depuis le lycée, se souvient-il. J’ai même fait un stage gratuit dans un labo, avec un rapport à la fin, au lieu de partir en vacances. » Finalement, ce qui le passionne le plus est le contact avec le patient, d’échanger avec lui pour le conseiller au mieux. Une certaine bienveillance émane de cet homme. Il a à cœur de respecter les autres. Le pouvoir du sourire, il l’expérimente chaque jour, transformant les visages fermés en visages plus ouverts, plus sereins. En 35 ans de pharmacologie, dont une majeure partie en officine à Tours, Michel Crèvenat a affiné ses conseils, cherchant le bon complément à la médecine traditionnelle, en fonction du patient. Il s’est formé à l’aromathérapie, puis à la nutrithérapie, afin de mieux appréhender les antécédents et les vies des patients. « Tout est un peu lié, soutient-il. Ces soins différents sont en accord avec l’Humain, ils tiennent compte de lui et pas uniquement de ses symptômes. » Aujourd’hui, il diffuse ses connaissances auprès d’équipes officinales et de médecins, ainsi qu’à la fac de Tours.


« il ne faut pas avoir de regret »


Des passions à l’excès

Michel Crèvenat ne compte pas s’arrêter tout de suite, même s’il pourrait partir en retraite, laisser sa vie professionnelle de côté. Étant quelqu’un de passionné, il n’est pas pressé, attendant le bon moment, celui qui s’imposera de lui-même selon le destin. Passionné, il l’est également dans de nombreux autres domaines, « avec ce que ça comporte comme excès », reconnaît-il, un sourire malicieux aux lèvres. D’abord, il y a la nature, les sorties à pied ou en VTT, lorsqu’il a le temps, et puis la photographie animalière. Savoir saisir l’instant, une position, une atmosphère. Dans les cathédrales, ces immenses et puissants bâtiments qui le fascinent, il repère les détails, les jeux de lumière, ceux que les autres survolent et n’observent pas. En ces moments, le pharmacien cultive la patience. En d’autres, il flashe à tout-va, le plus rapidement possible, des courses automobiles. Le grand rêve de Michel a été, de tous temps, de « faire du rallye ». S’il n’a pas abouti, le Tourangeau s’est lancé dans une collection de véhicules en modèle réduit, et notamment des automobiles sportives. En quarante ans, il en a rempli une pièce entière ! Les excès des passions, dirons-nous. On l’imagine aisément se laisser bercer par « I feel fine » des Beatles, dont il est absolument fan, ou par la dernière de Calogero. Il pourrait regarder par la fenêtre, vue sur le jardin, et finalement sortir pour désherber, arroser les fleurs et autres plantes. L’un de ses projets est d’ailleurs de se mettre aux plantes aromatiques, d’ici quelques années. Mais si cette envie ne se réalise pas, c’est qu’elle ne devait pas se réaliser. « Dans la vie, il ne faut pas avoir de regret sur les choses qu’on a faites ou pas », estime Michel Crèvenat. S’il ne s’était pas installé à Tours, le pharmacien aurait sans doute eu un autre parcours, une autre vie. Il ne serait pas devenu président de l’Association Familiale de Montlouis-sur-Loire dans laquelle il s’investit pour proposer des activités aux autres. Toujours dans le sourire. Toujours dans la bienveillance. 

Les Brèves

  • CV

    1958 

    né à Moulins

    1976

    commence ses études de pharmacologie à Tours

    1995

    se forme à l’homéopathie