Les Brèves

    LES CINÉMAS SE PORTENT BIEN, MAIS…

    Région Centre-Val de Loire 

    Jeudi et vendredi derniers, plus d’une quarantaine d’exploitants de salles de cinéma de la région Centre-Val de Loire étaient à Orléans pour mieux communiquer. Objectif : apprendre à capter les jeunes générations qui ont facilement le réflexe Netflix. Gaela Messerli

    Les chiffres sont plutôt bons en France en matière de fréquentation des cinémas (+ 5 % depuis le début d’année), et la région Centre-Val de Loire ne fait pas exception. En effet, notre région compte 69 établissements pour 202 écrans, dont plus de la moitié sont classés Art et Essai selon Xavier Lardoux, directeur du cinéma au CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée), qui fait actuellement un tour des régions françaises afin de former les exploitants de salles aux réseaux sociaux et à l’optimisation de leurs sites Internet.

    Preuve de la bonne santé du secteur en région, le nombre de fauteuils a fortement augmenté entre 2016 (37 800) et 2018 (40 195), et cela devrait continuer avec de nouveaux projets comme celui de Francis Fourneau, qui compte investir 3,6 M€ avec la construction, en mars prochain, d’un nouveau complexe de cinq salles à Romorantin (Loir-et-Cher). L’actuel gérant du Palace espère passer de 70 000 spectateurs par an à 115 000 à l’avenir.

    Fidéliser les jeunes

    Malgré ces bons indicateurs, les professionnels du cinéma ont bien conscience qu’il faut fidéliser les spectateurs et arriver à capter notamment la jeune génération, habituée aux plateformes Internet. C’est dans cette logique qu’une formation gratuite a été mise en place cette année par le CNC à destination des exploitants de salle. De l’optimisation de la page Facebook en passant par les usages de Twitter ou d’Instagram jusqu’à l’animation de leur propre site Internet, les professionnels ont pu être formés pendant une journée et demie. Une formation qui arrive « presque trop tard, estime une coordinatrice de cinéma dans la région. On devrait l’apprendre dès le début ! Parce que la difficulté, c’est d’arriver à canaliser l’envie d’immédiateté des jeunes. » Même sentiment pour le directeur d’un cinéma associatif. Grâce à cette formation, il espère être plus « efficace ». La semaine dernière, suite à cette formation reçue, il promettait même d’aller créer « un profil Instagram en rentrant ! »

    En tout cas, Xavier Lardoux, directeur du cinéma au CNC, en est persuadé : l’exception culturelle française a encore de beaux jours : « le cinéma, ce n’est pas seulement voir un film, c’est une sortie. C’est même l’une des sorties préférées des Français, et la moins chère. Et même si l’on aime voir un film tout seul, on aime aussi ressentir des émotions de manière collective. » 

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