Les Brèves

    À TOURS, ON ATTEND DEUX ANS POUR AVOIR UNE DONNEUSE

    Don d’ovocytes

    Ce week-end, l’association « Don d’ovocytes = un espoir » organise quelques heures de sensibilisation au don de gamètes. Une Tourangelle nous raconte son parcours. Claire Seznec

    Natacha a 37 ans. Elle vit dans la métropole tourangelle depuis de nombreuses années. Il y a six ans, elle a arrêté sa contraception, la pilule, souhaitant fonder une famille, avoir des enfants avec son conjoint. Après plusieurs essais non fructueux, on lui a appris qu’elle souffre d’insuffisance ovarienne, c’est-à-dire que son stock d’ovocytes est faible, et ce, depuis sa naissance. Il a donc fallu choisir, avec son mari, d’adopter un enfant ou de tenter une fécondation in vitro (FIV). « Ma première gynécologue a refusé si je ne perdais pas de poids, raconte Natacha. Alors on a abandonné l’idée quelques années. Après avoir changé de spécialiste, j’ai eu un début d’espoir de grossesse mais ça n’a duré que 48 heures... J’ai fait une fausse couche biochimique. » Son sinueux parcours du combattant continue encore aujourd’hui même si une nouvelle donneuse d'ovocytes, « une fée » comme Natacha l’appelle, s’est fait connaître.


    « on mélange trop souvent la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA) » Natacha, de Don d’ovocytes = un espoir

    Deux ans d’attente pour un don

    Natacha, comme d’autres femmes tourangelles de l’association « Don d'ovocytes = un espoir », cherche et attend le don d’ovocytes qui changera sa vie. Contrairement à ce que beaucoup imaginent, la donneuse n’est jamais considérée comme la mère de l’enfant à naître. « Lorsqu’on distribue des flyers sur le don d’ovocytes, certaines personnes sont agressives, elles mélangent la procréation médicalement assistée (PMA) et la gestation pour autrui (GPA) », regrette cette Tourangelle. Si bien qu’à Tours, le délai d’attente pour trouver une donneuse compatible (lire ci-contre) est d’environ deux ans. Des tests médicaux et psychologiques sont également réalisés au sein du Cercos, à Tours, qui s’occupe de la question des dons de gamètes dans le département. Et cela ne veut pas dire que l’insémination de la cellule va fonctionner. Généralement, en France, ce ne sont pas forcément les proches de la famille en recherche de donneuse qui sont les plus touchés par la situation. Souvent, ce sont des inconnues. 

    +d'infos

    Stand d’informations sur le don d’ovocytes, samedi 19 octobre, au centre commercial des Atlantes, Saint-Pierre-des-Corps

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    • Les critères du don d’ovocytes

      Toute femme âgée de 18 à 37 ans peut donner des ovocytes, qu’elle ait eu ou non des enfants. Elle peut être célibataire ou en couple. Elle doit être en bonne santé (des examens médicaux en attesteront) et elle doit être entendue par un psychologue. En général, elle doit avoir des airs de ressemblance avec la future mère (couleur des yeux, de la peau…).

      Le prélèvement des ovules ne se fait pas en claquant des doigts : la donneuse suit un traitement pour stimuler la fabrication d’ovocytes, elle réalise des échographies, et ce, pendant dix jours. Le prélèvement en lui-même par voie vaginale, est sous contrôle échographique, avec ou sans anesthésie. Les ovules sont ensuite confinés au laboratoire jusqu’à attribution à des couples receveurs, en vue d’une assistance médicale à la procréation.