Les Brèves

    RETOUR DE CONGRÈS

    Démocratie locale

    Il était très attendu. Le 102e congrès des maires s’est tenu à Paris du 18 au 21 novembre. L’intervention d’Emmanuel Macron, à l’ouverture de la rencontre, ne semble avoir répondu que partiellement aux attentes des maires d’une meilleure considération de leurs fonctions. Quelques-uns des maires d’Indre-et-Loire nous ont confié leurs impressions à leur retour. Florian Mons

    En toile de fond de ce congrès, la décentralisation, ou « déconcentration », et la Loi Engagement et proximité, censée améliorer les conditions de travail des maires et leur accorder plus de reconnaissance, actuellement en cours d’examen parlementaire.

    « Macron semble avoir compris »

    « Je reviens avec du positif, mais avec un léger manque » Richard Chatellier, maire divers droite de Nazelle-Négron, et vice-président de l’Association des maires d’Indre-et-Loire, convient que « la tendance s’est inversée » et que « Macron semble avoir compris que les Epci doivent être au service des communes, des facilitateurs de projets. » Le maire, qui souhaite que « chaque commune puisse s’exprimer au sein des Epci », faisant référence à une situation locale de désaccord entre la Communauté de communes et sa commune, se réjouit que la loi Engagement et proximité, en cours d’examen parlementaire, prévoie la mise en place d’une conférence des maires en cas de désaccord. « J’ai d’ailleurs croisé Gérard Larcher au dîner du Sénat et je lui ai rappelé la nécessité de rendre obligatoire une fois par mois cette conférence des maires », indique Richard Chatellier. Par ailleurs, le maire, qui ne perd pas le nord, rappelle que « Nazelle postulera pour accueillir une Maison des services publics », s’il est élu. Car si certains hésitent à se représenter, lui déclare « que malgré la difficulté de la tâche, (il) a toujours envie de travailler pour la République ». Quant au « manque », le maire de Nazelle-Négron déplore que la loi « tarde à arriver ». Il souhaite qu’ « elle sorte vite pour encourager les réticents. »

    « Les discours doivent être suivis d’effets »

    Michel Guignaudeau, maire divers gauche de Ligueil, n’y est pas allé mais a envoyé son adjointe, Péony de la Porte des Vaux, laquelle l’a « briefé » sur le congrès. « J’espérais surtout la présence, cette année, du président de la république, qui ne s’était pas déplacé au congrès de 2018 » indique l’élu. « Le discours qu’il a tenu m’a semblé intéressant. J’en retiens que l’exécutif semble sincère quand il dit avoir l’intention de remettre les maires au centre du dispositif républicain, notamment en redonnant du pouvoir aux communes et aux Epci. Le jacobinisme a montré ses carences. Nous avons eu raison de faire passer le message. » Un sentiment auquel s’ajoute le constat, assez largement partagé, que, pour les maires, « les choses ont beaucoup changé » et qu’au besoin de reconnaissance s’ajoute « un fort besoin de formation. Un travail en collaboration avec l’Université est d’ailleurs en cours sur cette question » explique l’élu. Cependant, pour Michel Guignaudeau, des attentes persistent et ce « discours à tonalité nouvelle » doit aussi se traduire par une valorisation des territoires ruraux. « À Ligueil, nous avons répondu à l’appel à candidature du ministre des Comptes publics, qui propose la décentralisation des services des finances vers les territoires ruraux. Il faut que les pouvoirs publics prennent conscience que pour tenir un territoire, il faut des services publics. Nous allons mesurer si les discours sont suivis d’effets. »

    je reviens avec du positif, mais avec un léger manque"
    Richard Chatellier, vice-président de l'Association des maires d'Indre-et-Loire


    « Un discours qui n’a pas apporté de réponses »

    « Je voulais voir ce qu’il en était de cette situation de démotivation des maires » indique Michel Cosnier, maire communiste de Château-Renault, qui se rend tous les ans au congrès. Et, sur cette question, il ne semble pas inquiet. « On trouvera toujours quelqu’un pour se lancer », estime-t-il. Quant au discours du président, il trouve qu’ « il a été applaudi respectueusement, mais mollement. ». Un accueil presque protocolaire à un discours « arrogant et méprisant », qui n’a « pas apporté de réponses. » « Depuis quatre ans, de nombreux projets n’ont pas pu être menés à cause de la baisse des dotations. Le président n’a pas répondu à ça » regrette Michel Cosnier. En outre, « Emmanuel Macron a passé vingt minutes sur les listes communautaires alors que la majorité des maires, ruraux, ne sont pas concernés par cette question. » Quant à la loi Engagement et proximité, Le maire de Château-Renault déplore que la valorisation des indemnités pour les élus des communes de moins de 3 500 habitants, soit prise en charge par la commune. Michel Cosnier se réjouit, en revanche, de « la volonté » des acteurs du monde sportif à « se fédérer autour de la nouvelle Agence nationale du sport » et la possibilité pour les communes d’appeler « l’État à la rescousse » pour le financement des activités sportives. Mais au final, estime-t-il, « il y avait une atmosphère un peu bizarre, presque morose. On aimerait bien y croire, mais... » 

    Les Brèves

    • L’Amf reste opposée à la suppression de la taxe d’habitation

      Parmi les revendications présentées dans la résolution qu’elle a adoptée au terme du congrès, l’Association des maires de France persiste dans son opposition à la suppression de la taxe d’habitation. Les maires souhaitent que celle-ci fasse l’objet d’un dégrèvement, faute duquel l’association demande une « compensation intégrale des effets de sa suppression. » L’Amf s’est également prononcée pour l’arrêt de la baisse des moyens dédiés aux services publics et souhaite une « nouvelle décentralisation », considérant que la « déconcentration » souhaitée par l’exécutif « n’est pas une solution suffisante. ».