Les Brèves

    ON N’EST PAS RENDUS À LOCHES

    À l’occasion du Congrès des maires d’Indre-et-Loire, la semaine dernière, l’intervention alarmiste du député rapporteur de la commission d’enquête sur l’accès aux soins a rappelé la difficulté  de la lutte contre la désertification médicale. Florian Mons

    À Tours, le Vinci était comble ce jeudi 28 novembre, alors qu’à l’entrée, des syndicalistes tractaient pour la manifestation du 5 décembre, que des pompiers en grève étaient venus rappeler leurs revendications pour de meilleures conditions de travail et que des particuliers dont les maisons ont subi la sécheresse demandaient la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour leurs communes.

    Des maires à l’école

    Après que Christophe Bouchet, maire de Tours a accueilli les congressistes et assuré que Tours n’était « pas déconnectée de son environnement » rural, Cédric de Oliveira, président de l’Association des maires d’Indre-et-Loire (Amil), rappelait le rôle de conseil juridique assuré cette année par l’association et annonçait, plus officiellement, la création d’une « école des maires ». En réalité, des sessions de formation, dont la première, prévue pour juin 2020, devrait accueillir une quarantaine de maires et dont une autre est annoncée pour septembre. Une école qui a fait l’objet, d’une convention de partenariat entre l’Amil et l’Université de Tours, signée l’après-midi.

    « le phénomène (de désertification médicale) va s’aggraver »

    La question des médecins

    Ce fut au tour du problème de la désertification médicale de faire l’objet d’une intervention de Philippe Vigier, biologiste et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’accès aux soins, qui n’a pas rassuré l’auditoire, malgré l’annonce, l’avant-veille de l’embauche de 150 médecins par le Conseil régional. Car si des efforts incontestables sont faits et des initiatives prises ça et là, « le phénomène va s’aggraver et le pire est à venir », a prévenu le député d’Eure-et-Loir. À tel point que le parlementaire posait la question : « la médecine restera-t-elle libérale ? ». Après avoir évoqué quelques pistes telles que le travail de médecins retraités sous condition d’exonération fiscales, la régularisation des diplômes de 3 000 médecins étrangers – « Ce sont eux qui font tourner les urgences », a rappelé M. Vigier – ou encore l’exercice possible pour des médecins « non thésés », l’intervenant finira par répondre par la négative, comme ses co-conférenciers, Philippe Chalumeau et Pierre-Alain Roiron.

    Mais le débat n’était pas tout à fait clos, comme le montrait l’intervention, dans la salle, de Vincent Morette, maire de Montlouis. « Certaines professions, comme la pharmacie, sont réglementées, a-t-il rappelé. On pourrait, sinon contraindre, du moins empêcher les installations de médecins là où elles ne sont pas nécessaires. » Marie-France Beaufils, maire de Saint-Pierre-des-Corps, prenant elle aussi la parole de la salle, rappelait, après avoir plaidé pour les médecins communaux, qu’avant tout, « la sécu ne doit pas être ponctionnée par les exonérations sociales et fiscales. » Une intervention parmi les plus applaudies. 

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