Les Brèves

    5 000 PERSONNES SONT ATTENDUES LE 5 DÉCEMBRE

    Réforme des retraites

    Pour la journée du jeudi 5 décembre, les syndicats mobilisés comptent leurs forces. La mobilisation est particulièrement forte chez les cheminots, mais l’industrie n’est pas en reste. Florian Mons

    Ça s’affine ». En ce lundi matin, Grégoire Hamelin reçoit encore des nouvelles des mobilisations. « L’entreprise SKF appelle à la mobilisation mais seulement le matin. D’autres grosses boîtes appellent à la grève, comme SES, Mécachrome, Faiveley et Hutchinson. Ce sera plus compliqué pour les salariés des petites entreprises. Pour les TGV, le ravitaillement n’a été prévu que pour un TGV Atlantique. À la SNCF, même l’encadrement est gréviste. Du côté des TER, le trafic prévu est proche de zéro… », détaille le secrétaire général de Force ouvrière en Indre-et-Loire. Quant à Kéolis, « les gens sont bien mobilisés, y compris jusque plus tard en décembre, comme dans l’Éducation nationale, où ils semblent aussi décidés à poursuivre le mouvement. »

    « Ni juste, ni simple »

    Les syndicats FO, CGT, Solidaires et FSU ont émis un appel unitaire à la mobilisation contre un projet de réforme des retraites « ni juste, ni simple », qui rendrait incertain l’âge de départ comme le montant de la pension. Une retraite par points qui entraînerait une perte de revenus de « 30 % en moyenne ». « Le Gouvernement prend prétexte des régimes spéciaux alors que, pour la SNCF par exemple, ils sont déjà en train de disparaître ! », s’insurge notamment Grégoire Hamelin. La CFDT, de son côté, n’a pas appelé à la mobilisation, à l’exception notable de la CFDT cheminots. « Nous souhaitions cette réforme systémique depuis longtemps pour que le système soit plus juste » explique Guy Sionneau, secrétaire général de la CFDT d’Indre-et-Loire. Le syndicat dénonce la position du « Statu quo » défendue par les syndicats mobilisés, à propos d’un système qui « pénalise les femmes, les précaires et les bas revenus ». « C’est le bon moment pour faire cette réforme, car il n’y aura pas de problème financier, estime Guy Sionneau. Mais il faut reconnaître qu’il y a une certaine cacophonie au Gouvernement. On ne sait pas, par exemple, s’il y aura ou non un âge pivot. »

    Du côté des cheminots CFDT, particulièrement concernés par la réforme, le discours est sensiblement différent : « les gens sont là depuis 20 ou 30 ans, indique le délégué Patrick Constantin. Nos adhérents étaient prêts à partir et à porter ce mouvement, alors nous avons respecté leur choix. Si encore le rabotage des régimes spéciaux permettait d’améliorer le régime général. Mais ça n’arrange personne. Et puis, il y a beaucoup d’autres malaises, chez les cheminots… Même les cadres sont partants pour une grève reconductible. »

    L’intersyndicale a tiré 20 000 exemplaires d’un « quatre pages » qu’elle distribue un peu partout et surtout dans les centres commerciaux. « On encourage les gens à organiser des assemblées générales et à discuter pour décider de la suite du mouvement, indique Grégoire Hamelin avant de conclure. Nous espérons 5 000 personnes à la manif. Ce sera un test. »

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