Les Brèves

    SANS CANAL FIXE A 20 ANS !

    Cinéma

    Le collectif Sans canal fixe (SCF) fête ses vingt ans. Retour, avec l’un de ses fondateurs, sur l’histoire de cette curieuse association de « filmeurs », née de la volonté de créer un « laboratoire permanent ». Florian Mons

    Avec cette exposition, nous renouons finalement un peu avec nos débuts », confie Yvan Petit, réalisateur et membre fondateur de Sans canal fixe (SCF). À la médiathèque de La Riche, jusqu’à samedi dernier, les « filmeurs » et « filmeuses » d’SCF diffusaient en effet 14 films, dans le cadre d’une exposition vidéo, « sans aucune règle, comme il y a vingt ans ».

    « avec mon téléphone, j’ai quasiment une équipe de tournage dans la poche »

    Amateurs et professionnels

    Il y a vingt ans, donc, quelques trentenaires cinéastes, journalistes TV ou universitaires se réunissaient, motivés par le désir commun de faire des documentaires et d’« essayer des trucs ». « Le matériel changeait et s’est allégé, se souvient Yvan Petit. Les caméras numériques et les bancs de montage informatiques sont apparus. » Comme les beaux outils attirent la main, le collectif crée d’abord une de ces télévisions locales qui fleurissaient alors, à la méthode artisanale revendiquée, dont les programmes sont projetés en public. Mais le format télé ne satisfait pas les membres du collectif, qui préfèrent s’en affranchir. Ils réalisent alors de petits films et organisent des ateliers participatifs d’éducation à l’image, aidés en cela par l’agence régionale Ciclic et le Centre national du cinéma (CNC). Dans le cadre de ces ateliers, ils ont rencontré et travaillé, par exemple, avec les habitants du Sanitas ou les cheminots du Technicentre de Saint-Pierre-des-Corps. Une collaboration parfois durable et un travail en profondeur. « J’ai travaillé pendant quinze ans avec ces cheminots et fait quatre films sur l’histoire de cet atelier, explique Yvan. Un cinquième est en cours. » Le collectif a fait le choix de « ne pas mettre de cloison entre pratique amateur et professionnelle. C’est un engagement artistique », explique encore le cinéaste. Un engagement assez proche de celui des groupes Medvedkine des années 70. L’association accueille en résidence des résidents d’Ehpad, un migrant, un cheminot, ou des personnes rencontrées lors de festival et les accompagnent tout au long du processus de leur création. Ainsi, « plus de cinquante personnes ont fait au moins un film, en 20 ans », précise Yvan. Leurs réalisations, comme celles des membres d’SCF, font l’objet de projections régulières dans divers lieux tourangeaux.

    Les jeunes générations sont arrivées et, avec elles, de nouvelles méthodes de travail. « Les écritures sont différentes, la façon de filmer aussi. Ils mélangent beaucoup de formes, le clip, le cinéma, le téléphone... » Car le matériel aussi a poursuivi son évolution. « On n’aurait pas rêvé d’une telle miniaturisation avec une telle qualité, se réjouit Yvan. Avec mon téléphone, j’ai quasiment une équipe de tournage dans la poche ! ». Les 20 ans à venir sont prometteurs. 

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    sanscanalfixe.org

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