Les Brèves

  • Qu’en disent les psys ?

    Beaucoup de professionnels s’accordent pour affirmer qu’une part de rêve est primordiale au développement des plus jeunes. On se construit aussi dans l’imaginaire, qui offre à la fois un refuge contre les dures réalités de la vie et un moyen d’exprimer ce qu’on n’ose pas dire « en vrai ». L’apprentissage de la vérité se fait petit à petit, de manière naturelle, et c’est ainsi qu’un enfant découvre le monde. Certes, une confrontation brutale avec, par exemple, la barbe d’un oncle déguisé qui se détache le soir du réveillon peut choquer. Mais le plus souvent, le bambin acceptera toutes les explications, voire en trouvera lui-même, parce qu’il a besoin d’y croire. D’ailleurs, il est intéressant de noter que ceux qui sont mis au courant de la supercherie dès le départ aiment souvent, eux aussi, écrire la fameuse lettre au Père Noël. Et, même parmi les adultes, qui n’aurait pas envie d’abandonner son esprit cartésien quelques instants pour imaginer qu’il existe, quelque part, un ailleurs merveilleux où les rêves se réalisent ?

Père noël, y croire… ou pas

Tradition

Faut-il dire aux enfants que le Père Noël, ses gentils rennes et ses lutins n’existent pas ? La question se pose pour beaucoup de parents. 

La croyance dans un débonnaire bonhomme rouge est un sujet qui fait débat dans de nombreuses familles. Entre ceux qui veulent préserver la magie de l’enfance, ceux qui veulent éviter les petits des souffrances liées aux déconvenues et ceux qui estiment qu’il n’est jamais trop tôt pour se confronter à la réalité, personne n’a réellement de réponses. Il peut pourtant être utile d’examiner les différents points qui pourront vous aider à prendre votre décision.

Les pour

Du côté des partisans du Père Noël, il existe un argument de taille?: le mythe est solidement établi. Votre enfant risque ainsi de se sentir bien isolé à défendre une autre cause. Or, la différence est quelque chose qui se vit très mal durant les jeunes années. L’enfance est aussi cette période de la vie où tout semble possible. Pour des bambins bercés dès leurs premières années par les contes de fées et les dessins animés peuplés d’animaux qui parlent. le monde lui-même est un merveilleux mystère, qui fonctionne sans qu’ils le comprennent. Que des cadeaux puissent leur être apportés par la cheminée n’est qu’un élément de cet ensemble, qui s’y intègre parfaitement. De plus, il est tellement agréable de recevoir des dons d’une personne qui ne leur demande rien de plus que d’être sage et gentil. Un étranger lointain qui les aime donc, puisqu’il les récompense, sans jamais les gronder.

Pour les parents, c’est aussi tellement plus facile de mettre sur le dos d’un Père Noël distrait l’oubli d’un jouet attendu qui n’est pas arrivé. Sans oublier cette menace sous-jacente que le vieil homme pourrait bien ne pas venir si l’enfant se montre trop désobéissant. Un brin de mauvaise conscience se lie à cet usage, mais il est parfois bon d’avoir des appuis, même imaginaires, face aux démons en culottes courtes.

Les contre

Bien sûr, il y a aussi les tenants du contre, ceux qui refusent le mensonge et qui préfèrent avouer immédiatement à leurs enfants d’où viennent les paquets sous le sapin, plutôt que d’être confrontés à la déception et aux reproches lorsque la vérité, un jour ou l’autre, finira par tomber.

Refuser d’entretenir le mythe, c’est aussi s’épargner les trésors de patience et d’imagination qu’il faut bien souvent déployer pour répondre aux questions des petits à la vue d’un Père Noël de rue ou d’un paquet cadeau dépassant du placard. Il est certainement plus agréable de fabriquer en famille des présents, entretenant au passage chez les plus jeunes le plaisir du don. Il y a aussi dans ce refus une forme de rébellion, contre un système consummériste, contre la société qui impose un mode de fonctionnement unique… Si la majorité croit au père Noël, être différent, connaître la vérité, peut être une force à l’égard des autres. ?

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