Les Brèves

    What the fac !

    OCCUPATION 

    Occupé depuis le 13 janvier, le site des Tanneurs a été évacué sans heurts mercredi 22 janvier au petit matin par les forces de l’ordre. Le collectif d’étudiants qui occupait la faculté depuis une dizaine de jours revendiquait, entre autres, le retrait du projet de loi sur les retraites et un plan de lutte contre la précarité de la vie estudiantine. Les quelque 9 000 usagers du site, dont 8 100 étudiants, vont pouvoir reprendre possession des lieux dans quelques jours, le temps de les remettre en état... P.N.

    Il ne fallait surtout pas leur parler de blocage puisque pour eux il s’agissait d’une occupation. La différence ? « Nous n’empêchons personne de rentrer, au contraire, l’université est toujours ouverte, tout le monde peut venir nous rencontrer, échanger avec nous, nous leur expliquerons notre position. » Ainsi s’exprimait David, l’un des membres du collectif des étudiants, quelques heures avant l’évacuation. Et de fait, quand vous vous présentiez à l‘entrée, vous étiez le bienvenu. Les occupants étant tout à fait disposés à vous présenter leurs revendications et le mode d’organisation « autogérée » qu'ils avaient mis en place pour vivre 24 heures sur 24 dans l’immense bâtiment privé de chauffage.

    Tout le monde était invité à venir, mais, de fait aussi, tous les accès étant bloqués, la faculté ne fonctionnait plus normalement puisque étudiants comme enseignants étaient absents. « Nous avons préféré stopper toute activité sur le site, expliquait Philippe Vendrix, le président de l’Université de Tours, quelques jours avant d’en demander l’évacuation. Il était impossible d’accueillir les étudiants comme l’ensemble du personnel alors que toutes les conditions, en particulier de sécurité, n’étaient pas réunies et qu’un certain nombre d’installations ou de systèmes de sécurité avaient été dégradés. »

    Le site gardé pour empêcher toute nouvelle occupation

    Le mouvement étudiant était parti des grèves contre la réforme des retraites. Dès le début des manifestations le 5 décembre, un groupe d’étudiants avait occupé un amphi pour en faire un lieu de débats et d’échanges sur les questions sociales agitant le pays. Puis, au fil des semaines après les vacances de Noël, cette agora ne suffisant plus, ils avaient décidé d’occuper l’ensemble de l’université en bloquant tous les accès le 13 janvier. Pour ne pas envenimer une situation et créer davantage de tensions, la présidence avait alors décidé de fermer l’université. L’épisode violent du mercredi 15 janvier, quand un groupe d’étudiants d’extrême droite avait tenté de débloquer l’université en attaquant les occupants, lui donnant raison.

    Depuis, le statu quo était de mise et malgré quelques tentatives de dialogue, la situation était totalement bloquée. Vendredi 17 janvier lors d’une assemblée générale, les étudiants présents avaient voté la prolongation de l’occupation. Une nouvelle AG devait se tenir vendredi 24 janvier à 17h pour mettre au vote la prolongation du mouvement... Les autorités ont pris les devants en faisant évacuer les lieux mercredi matin.

    Le site des Tanneurs est sécurisé et gardé pour empêcher toute nouvelle occupation. Il rouvrira ses portes dans quelques jours, le temps de remettre en état les lieux et d’obtenir l’aval de la commission de sécurité. 

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