Les Brèves

  • Ouvrez les bancs !

    Dans notre époque du mouvement perpétuel où nous sommes en déplacement permanent, que ce soit sur nos deux pattes, sur deux ou quatre roues, ou grâce à ces nouveaux moyens de se mouvoir toujours plus facilement que sont les trottinettes, les skates électriques, les hoverboards, les segways et autres gyropodes ou gyroroues qui envahissent nos cités, la ville de Rochecorbon a décidé de réimplanter des bancs sur le territoire de sa commune. Au-delà de la démarche originale adoptée pour leur donner naissance (lire p. 5), ces neuf bancs neufs – qui seront inaugurés le 14 février, jour de la Saint-Valentin et fête des amoureux qui se bécotent sur les bancs publics comme le dit la chanson –, invitent à appuyer sur la touche pause ! Même s’ils serviront aussi à se poser pour regarder son Smartphone, on peut toujours rêver qu’il serviront à admirer le paysage, à rêvasser le nez au vent, ou encore, chose presque devenue incongrue de nos jours : taper la discute avec son voisin autrement que par réseaux sociaux interposés !

    Rochecorbon a décidé d’appuyer sur la touche pause en installant ces bancs destinés à vivre la ville différemment et à apprécier la vie autrement que dans le mouvement… On n’est peut-être pas à l’abri de (re)voir des amoureux lever les yeux de leur Smartphone pour se bécoter à nouveau sur ces bancs publics ! Si l’on voit les couples (re)fleurir au printemps aux abords de ces beaux objets du mobilier urbain, on pourra dire que Rochecorbon aura contribué au rapprochement entre les gens. Même s’il y aura encore loin de la coupe aux lèvres, du baiser des bancs à la publication des bans !

Raphaël Le Rallier, L’éditeur qui nageait en « eaux livres »

Ce pratiquant de natation de bon niveau a plongé dans le grand bain de l’édition à sa sortie de l’IAE de Tours en 2006 et n’a pas hésité à se jeter à l’eau quand il s’est agit de reprendre les éditions Alan Sutton sur le point de couler en 2015. Sous sa direction, la maison d’édition tourangelle a sorti la tête de l’eau et retrouvé un nouveau souffle… P.N.

Àl’époque de la dématérialisation, je crois encore au livre, un bel objet que les gens aimeront toujours feuilleter… » Raphaël Le Rallier, 39 ans, barbe drue encore bien jais malgré quelques poils sel ici ou là, affiche d’emblée son amour pour les livres qu’il a appris à aimer depuis qu’il est tombé dans le grand bain de l’édition en 2005-2006 à sa sortie de l’IAE de Tours. Lui, le Berrichon de Bourges, est monté à Paris pour participer au lancement d’Edilivre, une plateforme d’auto-édition proposant aux auteurs un panel de services, de la mise en pagse à la distribution, en passant par l’impression, afin qu’ils puissent faire paraître leur ouvrage. « J’avais 25 ans et j’ai eu l’opportunité de participer à cette belle aventure, ça m’a tout de suite plu car je préférais vendre des livres plutôt que d’autres produits du quotidien… » C’est dans cette start-up qu’il s’est forgé une expérience unique de ce métier d’éditeur aux multiples facettes. À la fois gestionnaire et manager, concepteur éditorial et iconographe, capable de juger de la qualité d’un texte comme de celle d’un produit imprimé, à même de packager un livre aussi bien que de le commercialiser….

« Éditer un livre est un processus complexe et long puisque entre l’idée et les premières ventes, il va se passer entre 18 mois et 2 ans, s’enthousiasme-t-il. Ce sont des tâches variées, on ne s’ennuie jamais, on n’est jamais dans la routine, chaque livre est une nouvelle aventure, avec des auteurs, des sujets, des projets différents à organiser… »

Mais il aime tellement ça qu’en 2015, quand il apprend que les éditions Alan Sutton sont placées en redressement judiciaire, il n’hésite pas. « Depuis 2012, j’étais revenu vivre à Tours tout en continuant à travailler chez Edilivre à Paris, c’était une opportunité unique d’installer ma petite famille ici. » Banco : il rachète l’entreprise à la barre du tribunal de commerce et vogue le navire !

Avec son œil avisé, il mesure que la maison d’édition, créée en 1993 et installée en Touraine depuis 1996, a encore de beaux jours devant elle, qu’elle bénéficie toujours d’une belle notoriété et qu’elle dispose d’un catalogue à la qualité éditoriale reconnue. Un bel avenir donc mais à condition de donner un coup de jeune à une maison vieillotte, trop axée sur le passé et le régionalisme dans un monde de l’édition en pleine ébullition. « Nous avons donc entamé un grand chantier pour la redynamiser », explique le jeune chef d’entreprise. Déjà la maison est rebaptisée Éditions Sutton, le prénom d’Alan passant par-dessus bord. Ensuite, sur le plan éditorial, de nouvelles collections voient le jour, comme « Portraits d’une ville » « Voyages » ou « Femmes dans l’Histoire ». Cela s’accompagne d’un relooking des ouvrages, avec des formats différents, des couvertures plus attractives, une iconographie plus riche. Sur un plan commercial ensuite, une nouvelle force de vente est créée, avec des commerciaux intégrés : « Nous avons quatre commerciaux qui sillonnent la France, c’est une organisation lourde à gérer mais au moins quand ils démarchent les libraires, ils sont identifiés Éditions Sutton et présentent notre catalogue alors qu’avec des commerciaux multicartes, on n’est jamais assurés qu’ils présentent

nos ouvrages… »

Une stratégie payante puisque aujourd’hui l’entreprise compte 9 salariés, publie une centaine de livres par an et a retrouvé la forme sur le plan financier. « Disons que le chantier de la rénovation est achevé et qu’après quelques années de convalescence, nous allons pouvoir reprendre la compétition en espérant atteindre le meilleur niveau possible », lance celui qui, quand il n’est pas noyé au milieu des livres de son bureau donnant sur la place Jean-Jaurès, nage avec bonheur. En avril, il participera aux championnats de France de natation par équipes à la piscine Gilbert Bozon avec son club, les Enfants de Neptune de Tours. « Je nage depuis que j’ai 5 ans et je ne m’en lasse pas, c’est ma façon de m’évader du quotidien. » Heureux comme un éditeur qui, dans l’eau, ne se fera jamais un sang d’encre… 

Les Brèves

  • CV

    1981

    Naissance à Bourges

    2001

    Année Erasmus à Séville

    2006 

    Création d’Edilivre

    2010 

    Naissance de sa fille Augustine

    2012

    Installation à Tours

    2013 

    Naissance de son fils Octave

    2015

    Reprise des Éditions Sutton