Les Brèves

    2019 : du vrai, du (très) bon, du Vouvray !

    MILLÉSIME

    Les millésimes qui sortent des chais en ce début d’année – 2019 pour les tranquilles et 2018 pour les pétillants – se caractérisent par une très belle qualité, largement au-dessus de la moyenne ! Le haut du palais incontestablement, mais pour autant à savourer avec modération... P. N.

    Nous avons tout connu en 2019 : des gelées tardives en avril, un printemps très humide qui a compliqué la floraison, un été très chaud et très sec, ce qui ne favorise pas la maturation du raisin, et, finalement, le miracle s’est produit mi-septembre à quelques jours des vendanges, avec juste ce qu’il faut de pluie pour faire grossir les raisins... » Quand il analyse le déroulement de l’année écoulée dans le vignoble de Vouvray, le président de l’appellation, Alain Le Capitaine, n’en revient toujours pas : « nous sommes passés par tous les états de stress mais au final nous avons une belle récolte avec de très beaux raisins, on revient de loin... »

    Et le résultat est là et bien là : le millésime 2019 des Vouvray tranquilles qui sort des chais en ce début d’année a belle allure, est aromatique,avec une belle structure et juste ce qu’il faut d’acidité pour lui donner un bel équilibre et une belle vivacité en bouche. Servi à bonne température, il ravira le palais des amateurs de vins blancs à la fois immédiatement accessibles mais aussi complexes dans la durée.

    Tout sera affaire de cuvées et d’assemblages, mais il est évident que le millésime 2019 a un potentiel de garde. Et pour ceux qui apprécient les moelleux, c’est une année prometteuse pour les blancs doux. « Nous avions un millésime 2018 exceptionnel, une très belle année en qualité mais avec des rendements moins importants, poursuit Alain Le Capitaine. En 2019, non seulement les rendements sont au rendez-vous, ce qui va nous permettre de reconstituer les stocks, mais la qualité aussi est là. Ce millésime n’est sans doute pas au même niveau que 2018, même s’il est encore tôt pour le comparer aux autres grandes années car il sort tout juste des chais, il faut lui laisser un peu de temps pour voir comment il va évoluer, mais il fait partie des bonnes années, largement au-dessus de la moyenne... »

    Des pétillants aussi séduisants

    Du millésime 2018 justement parlons-en, parce qu’en même temps que sort des caves le millésime 2019 pour les tranquilles, est commercialisé le millésime 2018 pour les pétillants. En effet, après la mise en bouteille, les pétillants doivent passer un an en cave avant leur commercialisation. C’est donc le millésime vendangé en septembre 2018, embouteillé début 2019 qui arrive sur les tables en ce début 2020 ! Et là encore le résultat est intéressant avec des pétillants bien équilibrés, fruités et aromatiques, alliant fraîcheur et rondeur... Les amateurs de fines bulles seront ravis !

    Jamais deux sans trois alors ? Après deux belles années, les vignerons de l’appellation Vouvray aimeraient connaître des raisins aussi divins en 2020. Mais déjà la météo très douce du début de l’année confirme que cette année encore risque d’être atypique. « La vigne a besoin de se reposer en hiver pour redémarrer au printemps, explique Alain Le Capitaine. Là elle ne dort pas, elle est en veille et on ne sait pas ce que ça va donner au printemps quand elle va repartir si elle ne s’est pas reposée... C’est comme un être humain, s’il ne dort pas, il est moins efficace au bout d’un moment, donc on attend de voir ce que la météo nous réserve encore... »

    À chaque année suffit sa peine, mais avec le changement climatique, aucune année ne ressemble à une autre. Heureusement le chenin, cépage des vins de Vouvray, supporte bien la chaleur, et la qualité est toujours au rendez-vous... quand la météo le permet ! 

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