Les Brèves

  • CV

    2009

    Création de la brasserie de l’Aurore à Veigné

    2010

    Installation à Cormery

    31 décembre 2014

    Mariage de Christelle et d’Emmanuel

    2015

    Christelle intègre l’entreprise

    2020

    Installation dans les nouveaux locaux à Tauxigny

Christelle Alfaïa Un nouveau jour se lève pour la brasserie de l’Aurore

Avec son mari Emmanuel, ils sont à l’origine des plus singulières entreprises en Touraine puisqu’ils ont créé en 2009 la brasserie de l’Aurore basée à Cormery. Dix ans après, ils investissent un nouveau site de production flambant neuf de 1 000 m2 au cœur du Node Park de Tauxigny. Rencontre avec une entrepreneuse qui a fait de sa passion un succès ! P. N.

C’est l’histoire de deux passions : celle d’un homme pour la bière artisanale et la brasserie en général ; et celle d’une femme pour la brasserie mais aussi pour l’homme de sa vie ! C’est cette passion commune qui a poussé Emmanuel Alfaïa, Vindinien pur malt, à quitter son job chez un équipementier automobile pour créer la brasserie de l’Aurore en 2009, d’abord à Veigné puis à Cormery et bientôt à Tauxigny ; et c’est la même passion qui a conduit sa femme Christelle à changer de boulot, tournant le dos aux semi-conducteurs pour accompagner son brasseur de mari dans le brassage et l’embouteillage de la Turone et de la Tourangelle, les deux marques phares de la brasserie artisanale.

« Emmanuel a toujours été passionné par la bière, pendant 15 ans, il en fait en amateur et puis, en 2009, il a sauté le pas, explique Christelle. On a créé la société en octobre, moi je l’ai rejoint en 2015 pour l’épauler en m’occupant davantage de la commercialisation et de la communication, mais je l’aide aussi à la production... » Dix ans après, la petite brasserie a grandi et réalise 500 000 € de chiffre d’affaires annuels. Elle s’apprête à investir fin février les nouveaux locaux flambant neufs de 1 000 m2 sortis de terre dans le Node Park de Tauxigny.

Membre du Collège Culinaire de France

« C’est un nouveau cap pour nous, jusqu’à présent nous n’étions que tous les deux, nous avons préféré consolider l’affaire avant de nous développer, explique Christelle en gestionnaire avisée. Nous embauchons un commercial et au moins une personne à la production... » Il faut bien faire face à la demande croissante et à l’appétence des consommateurs pour les bières locales qui rendent leur aventure si passionnante et couronnée de succès : « Quand on a commencé, il y avait une centaine de brasseries artisanales en France, aujourd’hui on approche

les 2 000 » raconte celle qui fut co-fondatrice du Syndicat National des Brasseries Indépendantes (SNBI), fonction qu’elle a lâchée pour se consacrer au développement de la brasserie de l’Aurore et à l’ABC (Association des Brasseurs de la région Centre) pour faire entendre la voix des artisans brasseurs. On l’a oublié, mais il y avait une tradition brassicole à Tours avec, jusqu’en 1970, la brasserie Webel Saint-Éloi située au bout du boulevard Béranger, à l’emplacement des archives municipales de la chapelle Saint-Éloi qui est un vestige des anciens bâtiments de cette entreprise qui a compté jusqu’à une centaine de salariés.

En hommage à ce passé, la brasserie de l’Aurore a d’ailleurs remis au goût du jour la Panterpils, du nom d’une bière de l’ancienne brasserie Webel Saint-Éloi.

Mais tradition n’est pas raison. Ni déraison. Quand les Alfaïa (« lever du jour » en portugais, l’Aurore) ont lancé leur brasserie dans la Touraine viticole, « on nous a pris pour des fous ».

Mais en ce début 2020, quand on pénètre dans le nouveau bâtiment de l’Aurore au cœur du Node Park de Tauxigny, on comprend qu’on n’a pas à faire à des fous mais à des visionnaires qui avaient bien senti le besoin des « consomm-acteurs » de revenir à des produits de qualité, sains et naturels pour peu, bien sûr, qu’ils soient consommés avec modération. « Toutes nos bières, qui sont dites belges, à double fermentation, sont faites avec des ingrédients naturels, issus de filières artisanales, sans aucun arôme artificiel... »

La brasserie de l’Aurore fait partie du club très fermé des brasseries artisanales membres du Collège Culinaire de France fondé par Paul Bocuse et qui met en avant le travail et les produits des artisans du bon goût. « C’est une grande fierté pour nous d’avoir été sélectionnés au titre des brasseries artisanales car nous ne sommes que six en France... » se félicite Christelle qui a les yeux qui brillent devant les cuves éblouissantes en inox quand elle nous fait visiter les nouveaux locaux. L’entrée en service de la nouvelle unité de production est prévue pour fin février-début mars. La production pourra alors reprendre à une autre échelle, avec l’ambition de doubler à terme le volume de 1 400 hectolitres produits jusqu’à maintenant. Il faudra encore patienter quelques semaines pour que le nouveau magasin, avec vue sur la chaîne de production, ouvre ses portes au public.

D’ici là, les Alfaïa auront donné naissance à une nouveauté, une « stout », bière brune et amère, version tourangelle de la célèbre Guinness, qui portera le doux nom de Metalika. Car Emmanuel est aussi fan de métal. La musique. Pas seulement de l’inox rutilant des cuves dans lesquelles fermentent des heures durant les nectars qui raviront les papilles des amateurs de bières artisanales... 

Les Brèves

  • Changement climatique : dans nos verres aussi !

    Pas besoin d’être Louis Bodin, ancien routeur de nos grands marins sur les courses océaniques pour constater qu’il y a comme un petit grain de sable qui détraque la mécanique météo. Janvier qui vient de s’achever est considéré comme le mois le plus chaud que la terre ait connu. Difficile de dire le contraire quand on analyse les relevés de Météo France... Mais cette météo chaotique, hiératique s’accompagne partout de phénomènes inédits : températures printanières au cœur de l’hiver ici, absence de neige sur les massifs montagneux, dépressions à répétition (et pas seulement des directeurs de station de moyenne montagne qui ne voient plus de neige sur leurs pentes désespérément verdoyantes) dans le nord, tempêtes de plus en plus musclées sur les côtes, qu’elles soient atlantiques ou méditerranéennes, déluges dans le sud de la France et pas seulement pendant les épisodes cévenols... Il y a comme qui dirait des petits dérèglements dans la machine du temps... Et, comme souvent, ce n’est pas sous nos latitudes marquées par la douceur ligérienne que l’on sent le plus ces errements. Sur les bords de Loire tempérés, la vie s’écoule en douceur pourrait-on dire. Parlez-en aux montagnards privés de blanc, aux Bretons et Normands secoués tout le temps, aux Occitans rincés trop souvent... Ici, c’est vers les vignerons qu’il faut se tourner pour constater que le temps a bien changé. Aujourd’hui, les vendanges commencent mi-septembre contre 3 semaines-1 mois plus tard auparavant... Rien de bien méchant : le vin reste un nectar. Tout est question de degrés, direz-vous, pour apprécier ce dérèglement. Mais sûr qu’un jour dans le verre aussi on sentira le changement...