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    Philippe Chalumeau, référent pour la Touraine de En Marche « Je suis un homme de gauche »

    Politique

    Philippe Chalumeau, ancien responsable de la section PS de Tours, est aujourd’hui le leader du mouvement En Marche derrière Emmanuel Macron. Alors qu’au plan départemental les adhésions vont bon train, tour d’horizon du climat politique et des prochaines échéances de ce tout jeune parti.

    Propos recueillis par Philippe Hadef

    Quel regard portez-vous sur le résultat de ces primaires, vous qui êtes un ancien cadre du Parti Socialiste ?

    Ph. Chalumeau : J’observe que Benoît Hamon a rapidement profité d’une dynamique importante. Il a un profil particulier, il est jeune, il a un discours attrayant. Il apparaît un peu comme un homme nouveau. Le résultat ne m'a pas vraiment étonné. Il a fait une campagne d'outsider et c'est la meilleure position.

    Et concernant votre ancien parti, quel est votre sentiment sur son évolution ?

    Ph. Chalumeau : Avec les motions de censure déposées très rapidement durant ce quinquennat par les frondeurs, il y a eu une vraie scission et un débat qui n'a jamais été tranché entre une gauche responsable et une autre plus idéaliste qui veut proposer des choses qui sont plus vendeuses mais pas forcément finançables. C'est toute l'histoire de la gauche. Je lisais, il y a peu, la biographie de François Mitterrand. À la fin de ses meetings, on chantait l'International.

    La société a évolué et je ne suis pas sûr qu'on chanterait la même chose a la fin des réunions publiques même de Benoît Hamon.

    Vous accueilliez des élus de tous bords dans votre mouvement. Cela ne crée pas de situations complexes ?

    Ph. Chalumeau : On est un mouvement de droite, du centre, de gauche… Mais tous adhèrents d’abord à un socle de valeurs. On cherche à rassembler par une autre méthode de travail. On a entamé par une phase de diagnostic auprès des Français, en porte-à-porte. On essaye ensuite de trouver des solutions en phase avec la société. Il n’empêche que je suis un homme de gauche, comme Emmanuel Macron.

    Comment constituer un mouvement avec des personnes aux origines politiques si différentes ?

    Ph. Chalumeau : C’est ce socle de valeurs. D’abord être profondément européen. Ce n’est pas le cas de Montebourg ou Fillon, par exemple. Ensuite, il s’agit d’être pragmatique dans les solutions proposées et peu importe l’origine politique de chacun. Le mouvement En Marche, c’est maintenant 1 305 adhérents en Indre-et-Loire. Imaginez, nous étions deux au mois d’avril.

    Et depuis le lendemain de la primaire de la gauche, vous avez engrangé de nouveaux arrivants ?

    Ph. Chalumeau : Oui, une centaine de nouveaux adhérents nous ont rejoints dans les trois, quatre jours qui ont suivi. Et certains sont en réflexion. Mais tous ne sont pas des militants ou des sympathisants du PS. Il y a aussi des personnes de droite. Mais il est vrai qu’après des chamailleries qui ont duré tout un quinquennat au PS, on nous explique qu’on va faire une primaire pour, au final, tous se mettre d’accord. Je n’y crois pas.

    Qu’est-ce qui vous rend si confiant dans votre nouvel engagement ?

    Ph. Chalumeau : Emmanuel Macron proposera un contrat avec la nation, avec un calendrier sur lequel nos candidats députés s’engageront.

    Les législatives, justement, comment allez-vous désigner vos candidats ?

    Ph. Chalumeau : Les règles sont simples. On veut éviter les baronnies locales. Chaque adhérent a la possibilité de déposer une candidature. Pour l’instant la date de clôture n’est pas encore fixée et la commission nationale pas encore constituée. Elle aura la charge d’étudier les dossiers et de les désigner.

    Vu de Paris, il sera difficile d’étudier le profil d’inconnus et de les différencier, non ?

    Ph. Chalumeau : D’abord nous voulons une parfaite parité et un véritable renouvellement. La moitié des candidats ne seront pas des sortants. On s’attachera aussi à une forme de pluralité politique. D’alleurs, on ne demande pas à nos adhérents de déchirer leur carte. Les dossiers sont très précis et complets. L’ancienneté dans le mouvement aura aussi son influence.

    Si aucune évidence ne se dégage, en Touraine par exemple, on vous demandera votre avis ?

    Ph. Chalumeau : Je ne répondrai pas à votre question. Pour l'instant il y a un process, une circulaire. Depuis que je suis dans le mouvement, j'ai tout vu se construire. Je sais qu'il y a une intelligence de décision. En Marche, deuxième mouvement politique français, ne se structure avec comme but unique la présidentielle mais pour l’ensemble des élections futures. Par ailleurs si la commission investissait quelqu'un qui n'aurait pas les qualités nécessaires et qui serait inconnu de notre mouvement local, il y a une commission d'éthique qui peut être saisie dans un second temps.

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