Les Brèves

    Frictions autour du budget de la Ville

    Conseil municipal

    Il aura fallu pas moins de trois heures aux élus du conseil municipal, réunis lundi 6 février, pour débattre des orientations budgétaires 2017 présentées par le maire, Serge Babary. Un simple avant-goût puisque le vote du budget ne sera lui réalisé qu’en mars.

    Marie DEROUBAIX

    Avant de présenter les axes majeurs du budget 2017 de la Ville, Serge Babary a pris soin de rappeler « la baisse des dotations depuis 2014 » auquel il doit faire face. « Il s’agit d’une baisse de 10,5 millions d’euros. Ça représente plus de 13 points de fiscalité qu’il a fallu compenser, mine de rien »,

    insiste-t-il. Un préambule qui lui permettra ensuite d’annoncer avec aplomb le maintien du même niveau de subventions aux associations : « C’est un tour de force : les recettes baissent mais nous réussissons quand même à maintenir les subventions. » Autre point sur lequel le maire de la ville de Tours a insisté : « Il n’y aura pas d’augmentation des impôts locaux. » La poursuite du désendettement est également au programme. L’emprunt nouveau (9 millions d’euros) sera inférieur au montant à rembourser (12,7 millions d’euros). Serge Babary en fait presque une obsession : « Nous allons atteindre une capacité de désendettement en dessous du seuil critique de 15 ans. Elle était à plus de 18 ans quand nous sommes arrivés. Pour obtenir ça il faut bosser jour et nuit », a-t-il déclaré avant de faire un clin d’œil à sa nouvelle adjointe en charge des finances, investie juste avant lors d’un vote à bulletins secrets : « Madame Millot va découvrir le plaisir des finances. »

    « Ce n’est pas le budget d’Alice au pays des merveilles »

    Du côté des investissements, 20 millions d’euros sont envisagés : « Si on peut faire mieux, on fera mieux », indique Serge Babary. Et c’est sur ce point que Nicolas Gautreau a attaqué le maire, dans une longue tirade : « Je suis inquiet sur le volume d’investissements à venir. Il va falloir se bouger car 20 millions d’euros sur la ville de Tours, ça n’a quasiment jamais été aussi bas. » Le socialiste n’a pas hésité à s’appuyer sur des chiffres concrets : « Le montant moyen des dépenses d'équipement pour les communes de plus de 100 000 habitants, hors Paris, a été évalué à 290 euros par habitant. À Tours, avec les 20 millions d’euros, cela donnerait 149 euros par habitant. » Pour lui, l’excuse de la baisse des dotations n’est pas recevable : « Il faut essayer d’aller chercher l’argent là où il se trouve et ne pas attendre que cela tombe du ciel », a-t-il conclu. Le duel entre les deux hommes ne s’est pas arrêté là : « Vous ne pouvez pas critiquer les baisses de l'État et soutenir un candidat qui propose des réductions très fortes. Il y a une contradiction », a relevé Nicolas Gautreau, avant que le maire ne lui réponde : « Faire rentrer la campagne présidentielle dans notre enceinte, je veux bien, mais il y a peut-être des candidats qui ont des propositions assez rudes, il n’y en a d’autres qui n’ont pas de propositions du tout, pour l’instant. Donc attendons que tout le monde mette ça sur la table, ce sera plus malin pour la discussion de café du commerce. » Thibault Coulon, adjoint à l’économie, a également pris la parole : « On n’est pas dans un monde imaginaire, ce n’est pas le budget d’Alice au pays des merveilles. Le budget s’inscrit dans le champ du possible et des contraintes auxquelles nous devons faire face. » Cela n’a pas réussi à convaincre Pierre Texier, élu PC : « Nous ne percevons pas, à la lumière de ce que vous présentez, beaucoup d’ambition pour votre ville. Nous sommes condamnés à réinventer. Il faut renverser la table. » La réponse de Serge Babary ne s’est pas fait attendre : « On peut toujours faire des déclarations tonitruantes comme vous le faites, on peut toujours rêver, mais je ne vois pas de solutions sortant de vos propos. »

    Sur les subventions aux associations, Samira Oublal, élue de l’opposition, a quant à elle fait part de son inquiétude sur leur répartition : Quels seront vos priorités et vos critères d’attribution ? Pourriez-vous nous indiquer quels secteurs et quelles structures seront concernés par une éventuelle baisse ?, a-t-elle lancée, avant d’évoquer les difficultés du café associatif La Barque récemment placé en liquidation judiciaire. Le maire, qui a pointé du doigt que le déficit de l’association atteignait la moitié de son budget, a conclu que « quand on en arrive là, il est grand temps que le liquidateur intervienne. » Après moult débats, le volet sur les orientations budgétaires s’est conclu sans compromis. Rendez-vous en mars pour le vote définitif du budget, qui promet tout autant de vifs échanges. 

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