Les Brèves

  • Le chiffre : 22 millions €

    C’est le coût de ce projet, qui est financé par Dalkia, avec le soutien de l’Ademe. 

Joué-lès-Tours bientôt chauffée à 50 % aux énergies renouvelables

Écologie

La revitalisation de l’ancien site Michelin à Joué-lès-Tours commence, avec un nouveau chantier, inauguré vendredi 3 février. Sur cette terre en friche depuis trois ans, on verra émerger une chaufferie biomasse qui permettra de porter à 50 % la part de chaleur du réseau produite par des énergies renouvelables. La fin des travaux est prévue d’ici 2019.

Par Marie Deroubaix

« Quand c’est gratuit, c’est dans mes prix ! » Lors de la pose de la première pierre de la future chaufferie biomasse sur l’ancien site Michelin à Joué-lès-Tours, le maire, Frédéric Augis, a joué la carte de l’humour pour rappeler que le fabricant de pneus a cédé les 22 hectares de ce terrain à la Ville pour un euro symbolique. De quoi permettre sa réindustrialisation alors qu’il avait été laissé en friche depuis 3 ans. Pour le maire, qui s’est demandé « comment développer localement des engagements pris lors de la Cop21 », cette usine est un exemple en la matière. « On va arriver à baisser de 50 % nos énergies fossiles », explique-t-il. Concrètement, c’est près de 25 000 tonnes de CO2 qui seront évitées par an.

Une chaufferie biomasse, késako ? La création de ce réseau de chaleur urbain repose sur une chaufferie alimentée par une énergie renouvelable et locale : le bois. La chaufferie sera composée de deux chaudières biomasse pour une puissance totale de 9 MW, d’une chaudière gaz d’appoint de 9 MW et de deux chaudières eau chaude de secours fonctionnant au gaz de 4,5 MW. Elle comprendra en outre « une installation de condensation thermique qui permettra de récupérer la chaleur produite par les fumées », explique Sophie Fischer, responsable du projet pour Dalkia, filiale du groupe EDF. Le bois, issu de forêts locales, remplacera le fioul et se substituera en partie au gaz. À terme, 84 GWh de chaleur seront livrés pour chauffer 450 000 m2 soit l’équivalent de 7 500 logements.

Pour les Jocondiens, c’est une bonne opération. Le réseau de chaleur permettra aux usagers de bénéficier d’un prix compétitif et stable à long terme.

Il autorisera une réduction de la facture de chauffage de 5 %, soit jusqu’à 55 euros en moins par an. Seront concernés les résidents de logements gérés par les bailleurs sociaux mais également des résidences privées et des équipements collectifs de la ville (groupes scolaires, gymnase). Le réseau desservira les quartiers de la Rabière, de la Vallée Violette, du Morier, du centre-ville, lycée professionnel d’Arsonval...

Écologiquement et économiquement, voici une initiative dont se réjouissent les élus locaux. Pour Jean-Luc Galliot, vice-président de Tour(s)Plus en charge du développement durable, c’est « un projet qui en appelle d’autres ». Frédéric Augis ne saurait être plus d’accord : « Pourquoi ne pas imaginer, par exemple, d’étendre le réseau jusqu’à l’hôpital Trouseau ? »

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  • L’économie locale boostée

    Le projet permettra la création de 17 emplois directs et indirects créés localement sur la filière. Quant à la filière bois de la région, elle s’en trouvera consolidée, avec 17 000 tonnes de plaquettes forestières qui seront utilisées chaque année pour nourrir la centrale.