Les Brèves

    Foyer Albert-Thomas : les conditions de reprise mises en lumière

    Social

    Après plusieurs mois de polémiques, la Croix-Rouge s’apprête à prendre possession des locaux du Foyer Albert-Thomas après que l’association la dirigeant a été mise en liquidation judiciaire suite à un déficit financier. Dans une conférence de presse, les services préfectoraux ont insisté sur le fait que cette reprise serait concentrée sur l’hébergement d’urgence.

    Marie DEROUBAIX

    Dans un point presse organisé mardi 14 mars, le préfet d’Indre-et-Loire Louis Le Franc a tenu à préciser les conditions de reprise du foyer Albert-Thomas par La Croix Rouge. Le nouvel opérateur s’installera dans les locaux du 12 rue Albert Thomas à compter du 20 mars, pour une ouverture effective au public le 27 mars à 18 heures, le temps de « remettre d’aplomb les lieux ». Les personnes y résidant encore actuellement devront quitter le foyer durant les travaux, et bénéficieront d’une prise en charge en nuitées hôtelières pour les uns, et dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile pour les autres : « Ils ne seront pas à la rue », insiste le préfet. Par ailleurs, les services préfectoraux ont décidé que le foyer Albert-Thomas, au titre d’hébergement d’urgence, se concentrera sur « un accueil de nuit ». Une mesure qui change la donne pour les résidents, qui avaient pris l’habitude d’y habiter le jour. Depuis la mise en liquidation de l’association Foyer Albert-Thomas, 19 personnes sur 36 continuent d’y vivre, les autres ayant accepté d’être orientés vers d’autres formes d’hébergement. Sur ces 19 personnes, 12 sont en cours de procédure de reconnaissance de demande d’asile. Ils se verront proposer une place d’hébergement à Saint-Pierre-des-Corps ou à Tours, dans les dispositifs dédiés à l’accueil des migrants. En ce qui concerne les 7 résidents du foyer ayant été déboutés du droit d’asile, « on accepte qu’ils puissent continuer à bénéficier d’une place chacun au sein des locaux – je dis bien une place et pas leur place – sans la nécessité de recourir quotidiennement au 115, mais sous le régime de l’hébergement d’urgence, c’est-à-dire qu’ils pourront y passer la nuit, et rien que la nuit, le jour ils quitteront les locaux », insiste le préfet. Il a également précisé qu’il s’agit d’une décision de l’État, et que « la mairie n’a pas son mot à dire dans le domaine de l’hébergement d’urgence. On peut venir chanter sous les balcons du maire, ça ne changera rien ». De son côté, le maire de Tours, Serge Babary, a approuvé la décision de la préfecture : « Les places d’urgence doivent être rendues à l’hébergement d’urgence. Les résidents du foyer n’ont pas à avoir des droits supérieurs aux SDF qui appellent tous les jours le 115 pour trouver un logement pour la nuit. On est en train de monter une histoire pour 6 ou 7 personnes. C’est de l’instrumentalisation de la misère humaine. » Louis Le Franc a rappelé que 8 millions d’euros ont été consacrés à l’hébergement d’urgence en 2016 en Indre-et-Loire, « des crédits en constante augmentation ». 1 500 personnes sont accueillies chaque soir dans différents dispositifs soutenus par l’État, et 455 sont prises en charge de manière pérenne. « Nous sommes bienveillants dans le département », justifie Louis Le Franc. Pas sûr que cet argument suffise à convaincre pour que La Croix-Rouge puisse prendre possession des locaux dans une ambiance pacifique... 

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    • La réaction de l’Entraide ouvrière

      Pour l’Entraide Ouvrière, qui avait été candidate à l’appel à projets lancé par la préfecture, il est dommage que « l’occasion n’ait pas été saisie » pour faire « évoluer cette situation », et de poursuivre : « Ce modèle consiste à remettre les personnes à la rue chaque matin quel que soit leur état physique, psychique, quels que soient leur âge et leur situation familiale, et les oblige à une recherche quotidienne d'un abri en journée, d'un lieu pour se restaurer le midi, d’un nouvel hébergement pour le soir. »